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ce n’est pas la presse qu’on assassine, c’est sa liberté

Posté par calebirri le 29 décembre 2009

Le langage n’est une arme que lorsque sa voix porte.  Derrière cette évidence c’est tout le problème, complexe, de la communication qui est en jeu. Avant même que Ponce Pilate ait envoyé Jésus se faire crucifier pour un potentiel « trouble à l’ordre public », tous les tyrans de la terre avaient déjà compris qu’une langue coupée c’est un ennemi de moins.

La communication est le seul moyen  de se comprendre mais aussi de s’informer. l’opinion publique n’est pas le reflet de la société, c’est la société qui devient le reflet de l’opinion publique. L’opinion publique est créée par l’information, au moyen de la communication.
Il ne peut y avoir d’information sans le moyen de communication. Une information libre aide la société à se libérer. Et le contraire est vrai aussi.

C’est pour cette raison que l’information ne disparaîtra jamais. Et que l’indépendance de l’information sera toujours remise en cause. C’est cette indépendance qu’il faut préserver à tout prix, car elle seule est garante de notre liberté. La presse est le seul contre-pouvoir qui inquiète réellement les tyrans, car elle est capable à la fois d’éclairer les évènements, et de conduire aux rassemblements précurseurs de changements.

Lorsqu’elle n’est pas libre, la presse devient un instrument à la solde du tyran, qui ne fait plus de l’information, mais de la propagande. La diffusion des informations est triée et sélectionnée, orientée par une idéologie dominante. De plus, elle occulte les voix dissidentes par l’absence de l’écho qu’elle devrait trouver dans les médias, et peut même rendre invisible un mouvement contestataire.

Sous le régime nazi, il ne faut pas croire que la totalité des allemands approuvaient les faits de ce régime, ni que certains n’aient  tenté de s’y opposer. A l’intérieur de la machine monstrueuse conduisant les déportations, nombreux étaient ceux au courant de l’existence et des camps, et des chambres à gaz. La peur joua sans doute un grand rôle dans le silence entourant cette existence, mais l’absence de relais diffusant cette information en a joué un aussi. Quand bien même certains criaient leur dégoût de cette barbarie, ils n’avaient pas la possibilité de le faire connaître. Et pour ceux dont la voix portait plus haut, ils étaient éliminés.

La dépendance de la presse à un pouvoir est donc une sorte de filtre éliminant facilement les petites voix, les grandes étant ensuite aisément repérables et punies. Une fois cette dépendance établie, le pouvoir possède la capacité de transformer la réalité en vérité (voir article), c’est à dire de faire l’Histoire.

C’est contre cette dépendance donc que tous les libertaires doivent être capables de se rassembler. Sans l’indépendance de la presse, il n’est aucun contre-pouvoir capable de s’opposer à la mise en place d’un régime autoritaire. Les subventions accordées à la presse par l’Etat, la requalification du statut des agences de presse, les liens entre journalistes et politiques, la propriété des grands groupes de presse, le « politiquement correct », la nouvelle législation concernant « la protection des sources », Hadopi, tout converge à la mise sous tutelle d’une presse que le système capitaliste lui-même a déjà bien avancé. Contre cette dernière les journalistes devraient s’insurger, dénoncer publiquement, utiliser ces moyens de communication dont ils disposent au service de la liberté de tous. Même formatés dans des écoles où la plupart de leurs rêves se brisent face à la réalité, les journalistes d’hier comme ceux de demain garderont en eux ce qui a déterminé le choix de ce métier : la volonté de témoigner de la réalité au plus grand nombre, afin qu’il soit le mieux informé possible de ce qu’est le monde dans sa complexité.

Le média internet est un outil formidable permettant tout à la fois de se déplacer très rapidement dans le temps et dans l’espace. jusqu’à maintenant, ce média était totalement indépendant, mais il est possible qu’il devienne rapidement un instrument de propagande aussi puissant que le fameux « télécran ». peut-être d’ailleurs certains troubles récents, certaines « affaires politico-financières » ont pu être « sorties » du fait de cet internet qui fait si peur à nos dirigeants. Avec Hadopi et ce genre de lois, les Etats tentent de se doter du filtre qui manquait à la mise sous tutelle d’internet.

Lorsque cela sera fait, ni la presse ni internet n’auront disparu : c’est la liberté qui aura reculé. Si nous voulons conserver le peu de liberté qui nous reste, il faut se battre pour l’indépendance de la presse. Car une presse totalement libre est une société complètement libre. Créons de nouvelles agences de presse sérieuses et libres, inventons de nouveaux journaux, diffusons notre volonté d’indépendance : ceux qui s’opposeront à la défense de la liberté de la presse ne pourront qu’être au moins suspects, au pire coupables.

Pour ne pas qu’un jour ce soit la faim qui nous pousse à nous rassembler sous les fenêtres de ceux qui mangent, faisons en sorte que notre rassemblement soit digne et pacifique : communiquons, et nous resterons libres

 

Caleb Irri

Publié dans double coup, la démocratie, medias, révolution? | Pas de Commentaire »

l’arnaque du prix ou le prix de l’arnaque

Posté par calebirri le 24 décembre 2009

Lorsque l’on aborde la notion de prix, on se retrouve rapidement dans une sorte de brouillard opaque d’où il ne ressort aucune lumière. Car le prix n’est pas, contrairement à ce qu’on nous fait croire, le référent objectif déterminant la valeur d’une marchandise, mais une donnée éminemment subjective représentant la valeur d’un bien pour un instant et à un lieu donné.

Le fait de se pencher sur cette évidence doit nous faire prendre conscience que deux des données majeures qui entrent en jeu dans la détermination du prix sont relatives à l’espace-temps, ce qui ouvre des perspectives interprétatives nettement plus philosophiques que mathématiques. En effet, une fois établi que la valeur d’un bien dépend du temps et de l’endroit dans lequel il est vendu (une gourde d’eau dans le désert vaut plus qu’un frigo dans ce même lieu, et un dessin de Van Ghog vaut plus aujourd’hui qu’à ses débuts), il faut regarder la cause de cette fluctuation : la rareté. Et s’il est un fait en économie, c’est que la rareté fait monter les prix. Cela signifie que lorsqu’il existe un nombre d’acheteurs plus important que le nombre de produits disponibles, le prix monte.

La valeur d’un bien dépend donc du lieu, du moment, et de son nombre. Mais pas seulement. Si on comprend aisément que le prix d’une gourde dans le désert vaut plus qu’à proximité d’une source, le dessin que j’ai fait à 14 ans ne vaudra jamais celui d’un grand maître, quand bien même celui-ci serait mon seul dessin. Cela signifie que le prix dépend aussi de sa valeur « reconnue », et cela touche à la fois l’esthétique, la psychologie, la mode, l’Histoire…

Il peut également représenter une valeur technique (une innovation), une valeur  sentimentale ou une valeur due à la difficulté, ou au temps de travail passé à la réalisation d’un produit.

Le prix d’une marchandise dépend donc de la valeur qu’on lui attribue, selon une infinité de paramètres impossibles à mettre en équation, et c’est donc bien naturellement que nous sommes en droit de nous poser la question : comment, alors, se détermine ce prix que l’on dit essentiel à la théorie économique?

C’est à ce moment que nous nous devons d’évoquer le cadre qui régit la fixation du prix : le marché.

Le marché obéit à des règles et est censé fixer la valeur d’un produit : la loi de l’offre et de la demande. Cette formulation est assez pratique car elle permet de résoudre une contradiction philosophique aussi ardue à résoudre que le problème de la poule et de l’oeuf : soit c’est l’offre qui crée la demande, soit c’est la demande qui crée l’offre. quoi ? ça dépend, vous répondront les économistes droits dans leurs bottes. Cela signifie que selon ce la nature du produit, et aussi le rôle dans lequel on se trouve (nous sommes à la fois producteurs et  consommateurs), un coup c’est l’offre qui suit la demande, un coup c’est l’offre qui la précède.

On pourrait trouver cela tout à fait cohérent si ce système s’appliquait selon des critères permettant au plus grand nombre de prétendre à un maximum de produits, mais en réalité c’est le contraire qui se produit.
La valeur qu’attribue aux marchandises notre société va à l’encontre de ce principe, car l’offre crée des demandes inutiles, et ne rattrape jamais la demande utile.
Cela revient à dire que le problème du prix dépend de la valeur que notre civilisation accorde à tel ou tel produit. Lorsque le prix de la main d’oeuvre est basse (et oui l’homme est aussi devenu une marchandise !), c’est que sa valeur est jugée moindre que si son prix est élevé. Ce critère de jugement de valeur ne dépend pas de la difficulté du travail, ni même en réalité de la valeur de l’homme qui effectue ce travail, mais tout simplement du principe supérieur qui détermine le prix : la rentabilité.

La rentabilité est le juge de la valeur d’une marchandise : le prix n’est fixé qu’à l’aboutissement du long processus de production, selon des calculs intégrants à peu près toutes les étapes de ce processus, avec pour seul objectif d’atteindre un taux de rentabilité : si le produit est considéré comme utile mais pas rentable on ne le produira pas, mais s’il est considéré inutile mais rentable, alors c’est parti !

C’est pour cette raison que nous achetons des t-shirts très peu chers : nous estimons qu’un tee t-shirt est utile, mais pas au point de vouloir le payer cher. Nous en acceptons donc toutes les conséquences, y compris que les êtres produisant ces tee t-shirts soient sous payés et maltraités : c’est la valeur que nous, à l’heure de notre acte d’achat, leur accordons qui compte.

Quoi, la concurrence ? nous ne sommes quand même pas obligés de changer de tee t-shirt trois fois par jour, ni de téléphone tous les ans ! si ? par qui, par le gouvernement ? oui, sûrement en quelque sorte. Tout ce petit monde travaille ensemble pour la même cause… quoi, la rentabilité ?

Non, la rentabilité c’est une étape : le véritable but c’est le pouvoir… le pouvoir ? et oui, que croyez-vous ? alors qu’autrefois les esclaves étaient vendus à leurs maîtres sous la contrainte, aujourd’hui nous allons nous-mêmes, et parfois joyeusement, nous passer la corde au cou ! c’est comme si les bovins venaient eux-mêmes se faire découper en tranches !

Le marché nous attribue aujourd’hui une valeur qui n’est fixée que par un taux de rentabilité, et nous participons tous plus ou moins volontairement à cet asservissement ! quelle arnaque!

 

Caleb Irri

Publié dans argent, double coup, politique? mensonges, révolution? | 1 Commentaire »

la politique n’est pas un jeu

Posté par calebirri le 17 décembre 2009

Internet a transformé la manière de faire de la politique. Quand autrefois un homme politique se distinguait dans les médias, c’était dû tout d’abord à ses prises de position, à ses propositions, à ses idées ,qui lui donnaient ensuite une visibilité médiatique à travers laquelle il pouvait faire passer ces idées.

Mais aujourd’hui, il semble qu’il faille avant tout pour le politique se préoccuper de sa visibilité, pour ne faire passer les idées qu’en second plan.
Et pour cause, avec internet, chaque personnalité dispose d’un potentiel de visibilité à peu près équivalent à celui des autres, et les sources sont si multiples que sortir « du lot » devient plus difficile.

On aurait pu espérer que cet état de fait permette de faire se distinguer les personnalités  dans un retour au débat politique à travers des idées fortes, mais on s’aperçoit qu’en réalité les idées sont désormais confondues dans la communication : ce n’est plus l’idée qui fait la visibilité, mais le buzz. Le buzz, c’est le « gros coup » permettant de se faire voir dans les médias.  Les petites phrases assassines de tel ou tel, les inepties proférées « en off » par certaines personnalités, tout cela c’est du buzz. Mais ce n’est pas de la politique. Le débat sur l’identité nationale, le redécoupage territorial, voilà où se trouve la politique. Pas la sortie d’un député insultant les étrangers, pas les manipulations sur le vote à l’assemblée. mais l’idée, le concept.

Mais à force de mélanger le people et le politique, les médias se sont laissés déborder et ont fait émerger la « politique spectacle », en entraînant la politique sur un terrain qui ne lui convient pas. Certains se sont crus en possession du même charisme que certaines starlettes en vogue, en oubliant deux choses essentielles : la politique n’est pas un jeu ; et les starlettes ne font pas long feu.

Car la différence entre la politique et le buzz, c’est le temps. Et si les buzzs disparaissent vite, les effets de la politique, eux, se fixent dans l’histoire.
Il ne faut pas oublier que si tout se conserve sur internet, on oublie tout très vite aussi : la multitude des informations est noyée dans un flux continu qui occulte rapidement les infos précédentes.
Lorsque le « Grenelle de l’environnement » est lancé, quand des modifications de la Constitution sont votées, quand les dépenses publiques sont acceptées, nous ne sommes plus dans le buzz, mais dans la politique. Que le buzz ait favorisé l’adoption de telle ou telle mesure, que la notoriété d’un responsable politique s’améliore sur un sujet donné, tout cela est  sans doute intéressant d’un point de vue médiatique, mais ce n’est pas l’important. L’important, c’est que la politique menée actuellement par le gouvernement entraîne des conséquences réelles sur la population. La côte de popularité du président est sans doute un élément de la politique, en ce sens qu’il influence certaines décisions prises par le gouvernement ; mais lorsque le but n’est que de faire remonter cette côte ( et non pas conduire une politique réaliste), le gouvernement fait la même erreur que ces starlettes à la mode : il fait n’importe quoi, ce qui peut aller jusqu’à l’autodestruction.

Et c’est justement à cela que nous assistons aujourd’hui. Pris dans un cycle infernal entre communication, visibilité, popularité, le gouvernement plonge peu à peu le peuple dans une bouillie indéfinissable ; à force de voir les ministres aux côtés des acteurs, des chanteurs populaires, à force de les épier dans leurs moindres paroles ou déplacements, de suivre leur vie privée dans les journaux à scandales, il semblerait qu’ils aient fini par se prendre au jeu de ce petit monde du show business, et qu’ils finissent par se brûler les ailes….. en nous entraînant avec eux dans leur chute.

Regardons la réalité en face : la situation économique et sociale de notre pays est grave : un million de chômeurs en fin de droits, la misère qui augmente, des perspectives industrielles et commerciales réduites, des investissements limités, le lien social qui s’effrite, le secours étatique qui s’affaiblit, la France (et de nombreux autres pays) foncent droit dans le mur.

Mais le gouvernement refuse de voir les choses en face car il souhaite rester droit dans ses bottes, comme une rock-star malade qui ne veut pas admettre la faiblesse de son état physique. A force d’être sous les feux de la rampe, sa dignité mal placée l’empêche de s’avouer ses faiblesses ou ses erreurs, et pour prouver à tous ceux qui le regardent qu’il est toujours en pleine forme, le voilà qui en rajoute un peu plus encore, « pour la montre »… quitte à ce que son état se dégrade encore.

Mais en politique, c’est tout le corps social qui trinque avec son gouvernement. Et c’est pour cela que l’on voit de plus en plus de « couacs » dans l’unité gouvernementale affichée. Certains voient bien où l’on se dirige lentement, et commencent à trouver que cela est dangereux pour le pays. Ceux qui ont échappé à la « pipolisation » sont conscients que ni les annonces, ni les chiffres truqués, ni les belles phrases, ni surtout les buzzs, ne sont en mesure d’améliorer la situation. Au contraire.

Il faut que ces personnes-là, de gauche ou de droite, aillent plus loin, et refusent l’illusion des fastes de la visibilité médiatique pour s’attacher au fond de la politique. Il faut qu’ils dénoncent enfin l’appareil néfaste qui se met en place contre le peuple tout entier, et malgré les décideurs eux-mêmes. Car il ne faut pas croire que nos dirigeants soient supérieurs à nous-mêmes. Comme les stars éphémères de la télé-réalité, une trop rapide montée vers la lumière échauffe rapidement leur égo, mais la lumière s’éteint vite ; à moins qu’ils ne s’y brûlent.

Mais la politique n’est pas un jeu, ni une illusion : c’est la réalité. Et les peuples ne sont pas des figurants, mais des êtres humains également. Que si nos gouvernants souffrent d’un manque d’amour qui les ronge à les en faire crever, qu’ils se fassent soigner. Mais qu’ils cessent de nous entrainer dans leur misère affective, nous ne les aimerons que mieux.

 

Caleb Irri

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tribune de Sarkozy : explication de texte

Posté par calebirri le 11 décembre 2009

Il y a quelques jours, monsieur Sarkozy faisait publier dans Le Monde une tribune concernant l’identité nationale. Fortement intéressé par ses propos, je me suis donc penché sur ce texte et, après plusieurs relectures, j’eus la désagréable impression de me sentir aussi vide après qu’avant d’en avoir pris connaissance. Cependant, il en restait comme un arrière goût assez désagréable, et la sensation que ce texte s’était vu contraint de force à rentrer dans un cadre ne correspondant pas à la verve qui fait de Sarkozy un très bon orateur (malgré ce que je pense de ses oraisons).

Car ce texte n’est pourtant pas innocent, et malgré son apparente banalité bien-pensante, il finit quand même par me permettre de trouver ce que j’étais venu y chercher : la double-pensée.

Tout d’abord, il faut se remémorer la définition de la double-pensée telle que la définit George Orwell : “Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité. Persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer”.

 

Dans la première partie de cette tribune, le président évoque le problème du référendum, qui selon lui sur un problème complexe ne peut se satisfaire d’une réponse tranchée par un « oui » ou par un « non ». pour nous affirmer plus loin que la France (au sujet de l’Europe) a réussi, grâce à la faculté de compréhension de son gouvernement, à réconcilier les partisans et  les opposants à ce projet ; sans même faire mine de se souvenir que du référendum, en France en tout cas, on ne reparla plus… Qu’est-ce à dire ? que le référendum ne veut rien dire, ou qu’il est inutile ? car si l’on en croit les passages suivants, il ne faudrait pas non plus négliger le résultat du référendum suisse concernant les minarets ; et ce malgré tout ce qu’il dit auparavant des référendums. Pourquoi ? car la Suisse est une vieille démocratie, pardi ! pas la France ? la belle double-pensée que voilà, n’est-il pas ?

Ensuite, le président défend le référendum suisse en le prenant comme représentatif de ce que « ressentent tant de peuples en Europe ». en se défendant bien sûr d’une quelconque intolérance. Pour quelques lignes plus loin carrément employer le terme de « dénaturés » à propos du cadre de vie, du mode de pensée et des relations sociales. Mais qu’est-ce qui dénature au juste, ces braves européens dont l’accueil et la tolérance sont culturels et naturels ? le passage  (« Les peuples d’Europe sont accueillants, sont tolérants, c’est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés ») ne nous le dit pas. Mais le lien avec l’identité est fait juste après (« Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance. La mondialisation contribue à aviver ce sentiment. ») : en gros, c’est la mondialisation qui fait perdre son identité à nos braves européens. Mais c’est quoi l’identité européenne ? justement, la tolérance et l’accueil !

En gros, si j’anticipe un peu, les étrangers, avec leurs minarets, risquent de nous faire perdre notre identité, qui est celle de l’accueil et de la tolérance ! ! on pourrait presque en rire si cela s’arrêtait ici.

Mais ce n’est malheureusement pas terminé : voilà qu’arrive l’opposition de la nation face au communautarisme. Et par quel détour :  la mondialisation ! cette mondialisation tant louée pour le rapprochement des peuples qu’elle favorisait il y a quelques années à peine, se voit aujourd’hui responsable du besoin d’un retour à des repères… à une identité donc. Mais attention, il y a identité et identité : la République oui, la tribu non. Les mots ne sont pas innocents, et le jugement de valeur tombe sous le sens. Pour ceux qui croyaient se trouver vivre en communauté, il faudra qu’ils apprennent la différence avec la Nation : la voilà enfin notre identité « nationale » !

« L’identité nationale c’est l’antidote au tribalisme et au communautarisme ». il y a le bien, et le mal dans cette seule phrase. Et après avoir énoncé la « menace » que constituent ces deux notions, le texte se dirige peu à peu vers sa cible annoncée, l’étranger, à travers le terme bien choisi de « métissage ». en établissant la distinction entre le « métissage » et le « communautarisme », le président commence à définir clairement ce qui fait « l’identité nationale », et surtout ce qui ne la fait pas.  A travers deux belles phrases vides de sens (« Le métissage c’est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme c’est le choix de vivre séparément »), on voit clairement apparaître à nouveau la double-pensée : le communautarisme c’est le choix de vivre séparément ; communautarisme, racine étymologique « commun », ensemble, le contraire de « séparément ».

 

Et nous glissons ensuite directement dans le rapport à l’immigration, avec « celui qui accueille » et « celui qui arrive ». celui qui accueille « offre », « partage », tandis que celui qui arrive doit avoir « la volonté », « sans brutalité », de s’inscrire dans ce métissage. C’est lui qui doit se faire transformer par le métissage, et non pas « l’identité nationale » qui doit se transformer pour accueillir l’étranger : la messe est dite.
Enfin presque, car ce n’est pas encore terminé. Car le véritable ennemi de l’identité nationale n’est pas encore clairement établi : c’est le musulman. Encore avide de double-pensée, le président semble bien entendu défendre la liberté de culte de chacun, et met en avant « sa bonne foi » (« Lorsque j’étais ministre de l’intérieur, j’ai créé le Conseil français du culte musulman (CFCM) pour que la religion musulmane soit mise sur un pied d’égalité avec toutes les autres grandes religions »).
En évoquant le respect mutuel entre ceux qui accueillent et ceux qui arrivent, on s’aperçoit que le service minimum suffit pour ceux qui accueillent, tandis que la liste s’allonge pour ceux qui arrivent. En dehors de leur foi, il semble que les étrangers soient priés de laisser au vestiaire tout ou partie de leur culture originelle, sous peine de mettre en péril cette identité précédemment définie.

Les musulmans sont finalement bien « cette sourde menace » qui fait peur à toute l’Europe (et à la France en particulier) car les menaces sont claires : « tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un islam de France ». Car la France est une civilisation chrétienne, et républicaine, et apparemment l’Islam s’oppose à ces deux notions, qui semblent aller de pair ; enfin si l’on ajoute encore une couche de double-pensée, en faisant fi des nombreux (et historiques) métissages qui ont fait l’Europe depuis des siècles.

Pour finir, la dernière phrase de ce texte est un défi au bon sens, en voulant établir en même temps la liberté d’opinion et la restriction de cette liberté, en la fondant sur la discrétion, qui se trouverait être apparemment définie par l’absence de provocation.

En définitive une incroyable ineptie, parée de toutes les techniques verbales et syntaxiques les plus grossières, et qui passe malgré tout presque inaperçue : dommage.

 

 

Caleb Irri

Publié dans double coup, immigration, la démocratie, politique? mensonges, sarko | Pas de Commentaire »

Israël/Palestine : pourquoi deux Etats ?

Posté par calebirri le 6 décembre 2009

Cela fait déjà quelques temps que je me fais cette réflexion à propos du problème israélo-palestinien : pourquoi, au lieu de s’acharner à vouloir à tout prix la création de deux Etats, la communauté internationale n’évoque jamais cette possibilité : celle de n’en faire, justement, qu’un seul, mais pour les deux communautés ?

Car si on considère le problème d’une autre manière que celle habituellement retenue, bien des points rapprochent finalement ces deux peuples que l’on nomme parfois « les frères ennemis ». tout d’abord, il faut souligner que d’un point de vue culturel, les deux communautés sont assez proches puisqu’ils regardent les mêmes chaînes, vivent sous le même climat, partagent de fait la même terre. Bien sûr la propagande est différente dans les deux communautés, ainsi que la religion et de nombreuses autres choses. Mais leur histoire est commune : depuis plus de quarante ans que cette situation perdure, les deux peuples se connaissent finalement très bien, et de nombreux intellectuels favorables à la paix communiquent entre eux en réelle empathie.

Cette idée d’un Etat unique pour les deux peuples peut sans doute choquer au premier abord, ne serait-ce que d’un point de vue religieux. Mais lorsque l’on regarde les chiffres, on voit que la communauté israélienne, de confession majoritairement juive, comprend tout de même plus d’un million de musulmans. Et si on ajoute à ceux-là les palestiniens majoritairement musulmans, on arrive à un nombre assez proche de celui des juifs.

Imaginons un instant que l’on fasse tomber les murs et supprime les frontières qui séparent ces deux communautés, et on se trouverait de fait dans une situation nettement plus favorable à la paix : ces deux peuples ennemis, qui sont fatigués de cette guerre inutile, se mélangeraient rapidement dans un seul Etat, surtout si l’on considère le nombre important de résidents palestiniens en Israël, travaillant quotidiennement sur ce territoire.

La langue ne serait pas non plus un obstacle infranchissable, car le peuple d’Israël est dans sa majorité capable de comprendre et de parler l’arabe, pour des raisons de proximité géographique et d’intérêts économiques évidents. Et puis la création d’un Etat commun favoriserait l’élargissement culturel des deux parties au travers des médias qui, même s’ils sont orientés dans leur ligne éditoriale, seraient également accessibles aux deux communautés, qui finalement se trouveraient capables de juger plus objectivement la propagande diffusée par chaque camp.

Au sujet du terrorisme ensuite, on s’apercevrait rapidement qu’une fois la mixité en marche, leurs activités se trouveraient quelque peu gênées par cette dernière qui confondra peu à peu les deux communautés : n’ayant plus le repère des frontières ou des murs pour cibler leurs attaques, les attaques ne pourront que difficilement atteindre leur cible, et perdront ainsi de leur utilité politique.

Le seul problème réel ne réside pas dans la volonté des peuples mais plutôt dans le pouvoir politique, et leurs alliés respectifs qui sapent depuis plus de quarante ans et cette volonté, et toutes les initiatives éclairées proposées par certains personnages influents des deux camps.

Croire que la communauté internationale désire vraiment la paix entre ces deux peuples est une illusion, car les stratégies qui s’organisent autour de ce territoire dépassent largement le cadre des ces deux seules communautés. En réalité, seuls ces deux peuples seraient en mesure de faire la paix, pour ainsi dire malgré le pouvoir politique. La réponse à apporter ne peut venir que d’eux seuls, en instaurant par exemple une sorte de gouvernement alternatif de coalition bicéphale, où deux personnalités influentes et éclairées pourraient s’entendre pour faire un consensus autour de cette idée d’un Etat unique.

L’idéal serait évidemment l’appui de cette communauté internationale, mais c’est sans doute justement là qu’est la plus grande difficulté. Peut-être même, si une occasion pareille se présentait, verrait-on justement cette communauté s’effrayer des conséquences d’une telle union, car c’est toute leur stratégie guerrière et financière qui se verrait anéantie par la fin de cette guerre fratricide, autour de laquelle se cristallisent toutes les tensions internationales certes, mais aussi d’énormes enjeux de pouvoirs, financier et politique.

Alors que les peuples fassent leur travail, et ils verront bien de quel côté penche la communauté internationale : il se pourrait bien ainsi que les masques tombent alors, et qu’on comprenne mieux à quoi cette soit-disant union des Etats sert en réalité : favoriser les tensions pour faire fructifier leurs propres intérêts.

 

 

Caleb Irri

Publié dans la pensée du jour, politique? mensonges, relations internationales | 1 Commentaire »

ce qui va se passer à Copenhague

Posté par calebirri le 5 décembre 2009

Lors de cette conférence, que tous les « spécialistes » jugent essentielle, de nombreux pays seront représentés, afin de prendre des mesures »historiques » concernant le réchauffement climatique. Mieux qu’un G20, tous les grands de ce monde sont invités à Copenhague, et les attentes de la part des populations sont paraît-il immenses.

Il y aura donc bien un accord lors de cette conférence, mais pas seulement. Comme pour les autres manifestations de ce genre, on assistera tout d’abord  à la montée en puissance des médias, au cortège de leurs « éditions spéciales » et autres analyses plus ou moins défaitistes. On parlera des mesures de sécurité draconiennes entourant cette réunion, et des opposants à cette dernière. Les organisations alternatives et autres contestataires se feront une fois de plus refouler loin du bunker créé à cette occasion, et quelques débordements suffiront à justifier quelques dizaines d’interpellations. Quelques provocations policières histoire de faire de belles images et de satisfaire à la peur ambiante, et peut-être un ou deux blessés graves chez les policiers par exemple.

Enfin, toute cette mascarade occultera durant cette période un bon nombre d’autres informations,  dont la polémique sur le « climategate » dont on ne parle déjà que très peu. Il est même possible que quelques lois soient discrètement votées pendant ce temps. Mais ce n’est pas tout.

Après un suspense à couper le souffle, des petites phrases de mauvaise augure et un simulacre de discussions interminables (alors que toutes les décisions sont déjà prises bien avant la tenue de cette conférence), les médias nous apprendront, peu avant le journal de vingt heures sans doute, que miraculeusement un accord a été arraché au dernier moment. On entendra quelques dirigeants se féliciter de cette « fabuleuse avancée » pour la planète, et célébrer la formidable « union sacrée » réalisée sur ce sujet. Il faudra ensuite chercher dans les recoins les plus sombres d’internet quelques voix dissidentes, comme par exemple les réactions de certains autres dirigeants, ceux des pays dits « en voie de développement ». quelques polémiques seront vainement lancées sur la teneur des accords, qui en réalité s’avèreront de peu d’impact pour les pays riches, et beaucoup plus contraignants pour les plus pauvres.

En réalité bien sûr rien ne bougera d’un iota, à part peut-être quelques taxes supplémentaires recueillies par les pays riches, de la part des pays pauvres. Enfin je dis rien, c’est un peu exagéré : pour les peuples, les gouvernements sauront une fois de plus faire coup double : après nous avoir fait croire à leur réel engagement dans cette lutte contre le réchauffement climatique, ils nous demanderont en retour un effort, qui lui sera voté unanimement et pourquoi pas en urgence, afin que tous partagent également le fardeau qui est celui de notre planète commune, et patati et patata…

Entre temps, quelques chiffres auront filtré sur le coût énergétique, financier, humain liés à cette fabuleuse conférence. Quelques uns seront scandalisés, d’autres se défendront pied à pied, et puis tout ceci se tassera peu à peu… jusqu’à la prochaine réunion.

Pour nous, les conséquences ne seront pas de taille à nous faire nous révolter, juste quelques taxes en plus à régler à la fin du mois, ou peut-être un chouïa de liberté en moins…. La planète, elle, continuera de subir les douleurs infligés par l’homme de la même manière qu’elle a continué de les supporter après Kyoto. Elle continuera à tourner comme avant, et nous dedans avec elle…

Et oui, Copenhague c’est du vent : nous le savons, et nous le sentons glisser sur nous ; mais tant qu’il ne nous renverse pas…

 

Caleb Irri

Publié dans crise, double coup, misère, politique? mensonges | 1 Commentaire »

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