c’est quoi le problème: les étrangers, ou la religion ?

Posté par calebirri le 30 novembre 2009

Le débat sur l’identité nationale, les minarets interdits en Suisse, le « choc des civilisations », les « retours groupés », les centres de rétention, c’est quoi le problème exactement ?

De deux choses l’une : ou bien ce sont les étrangers qui dérangent, et alors il faut comprendre que ces derniers sont malvenus dans les pays « riches », ou bien c’est la religion qui se trouve être un facteur discriminatoire, et dans ce cas le rapport aux étrangers est plus que difficile à prouver.

Car tout ceci ne tient pas vraiment la route, et il faut admettre une vérité incontestable : tous les étrangers ne sont pas de religion musulmane, juive ou chrétienne, et tous les croyants des différentes obédiences ne sont pas pour autant des étrangers.

Il faut comprendre également que l’amalgame dont sont victimes les juifs depuis si longtemps (la relation entre juif et « pro-israélien ») ne doit pas plus s’appliquer aux arabes, qui ne sont pas tous musulmans, et encore moins islamistes…

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : derrière ce vaste débat sur la religion, sur les étrangers, ce sont en réalité non seulement les Arabes qui sont visés,  mais aussi les Musulmans.

Mais que cherche-t-on à prouver derrière cet amalgame : que les étrangers sont responsables de la crise économique des pays riches (alors que nous pillons sans vergogne, et depuis des siècles, la plupart de leurs ressources) ? ou que les religions autres que celle judéo-chrétienne sont un facteur de trouble social, et ceci sans tenir compte de l’origine ethnique des croyants qui la composent ( et de la liberté d’opinion pourtant garantie par la constitution)?

Derrière cet amalgame c’est toute la stupidité humaine qui se cache, et surtout son hypocrisie : en établissant un lien entre l’origine ethnique et la religion, c’est une nouvelle sorte de fascisme que l’on met en place : de la même manière qu’Hitler voulait faire croire qu’un israélien, d’origine juive, se convertissant au catholicisme ne cessait pas alors d’être juif, on voudrait nous faire croire aujourd’hui qu’un Arabe converti, athée, juif ou chrétien, ne cesse pas d’être musulman, de par son origine donc. En ne prenant pas en compte la liberté d’opinion de celui-ci, mais son origine ethnique. C’est là que se trouve le danger fasciste, eugéniste. En prenant en compte non pas l’opinion de l’individu mais son origine ethnique, on autorise ainsi la stigmatisation de tout un peuple sous un prétexte fallacieux.

La journée sans immigrés, prévue le premier mars prochain, devrait pourtant nous rappeler à tous la situation dégradante et contradictoire dans laquelle nous avons mis les étrangers, et ce depuis plusieurs siècles : leur utilisation éhontée pour toutes les basses oeuvres de notre soit-disant civilisation, en même temps que notre constant rejet du bénéfice qu’ils nous apportent pourtant en retour.

Nos relations diplomatiques avec des pays étrangers de confession différente (comme Dubaï par exemple, dans lequel les banques ont investi, malgré leur religion, des milliards) sont également en contradiction totale avec la volonté de nos dirigeants politiques de mettre à l’index les ressortissants de ces pays que nous rejetons en même temps.

Comme pour l’Afghanistan ou l’Irak, les gouvernants actuels semblent avoir une courte mémoire : après avoir contribué à l’établissement, hier, des ennemis d’aujourd’hui, il ne choque visiblement personne de stigmatiser une population que l’on a fait sombrer volontairement dans la guerre civile et la misère, et ce après l’avoir auparavant déjà appauvrie et radicalisée.

Ceux qui crient au choc des civilisations, au terrorisme, sont ceux-là même qui ont engendré ce chaos. Et pour couronner le tout, qui se croient en droit de renvoyer chez eux ceux qui fuient l’horreur dans laquelle ils les ont plongé !

Cela devrait pourtant nous aider à réfléchir, et surtout à réagir : qu’attendons-nous alors ? que voulons nous ?

Qu’un nouveau ghetto soit construit, avec les étrangers et les croyants ne correspondant pas aux canons officiels, et qui seraient envoyés là-bas ? qu’on les envoie pas avion dans des camps de travail où ils périront en masse, de faim ou d’épuisement ?  qu’on utilise indistinctement le critère religieux, ou ethnique, pour justifier les exactions commises par un gouvernement raciste et inhumain ?

Que croyons nous ?

Qu’une fois les étrangers rentrés chez eux, la crise économique va s’arrêter, que la violence va baisser, que le monde sera meilleur quand  chacun sera « chez lui » ?
La mondialisation, la suppression des frontières, l’entente entre les peuples, tout cela c’était juste pour soutirer encore quelques milliards de dollars aux peuples étrangers que l’on méprise, et lorsqu’ils veulent venir profiter un peu des fruits de leur exploitation ici, qu’on les renvoie sans ménagement ?

Comment peut on accepter une chose pareille, sans réagir ?

Hitler a envahi la Pologne sans déclaration de guerre, et installé le ghetto de Varsovie de la même manière qu’aujourd’hui nous avons envahi l’Afghanistan, et créé Abou Ghraib. Comme à l’époque personne n’a rien fait. Et maintenant que les juifs d’aujourd’hui sont musulmans, noirs ou arabes, il ne faudrait rien faire non plus ?

 

 

caleb irri

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