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c’est quoi le problème: les étrangers, ou la religion ?

Posté par calebirri le 30 novembre 2009

Le débat sur l’identité nationale, les minarets interdits en Suisse, le « choc des civilisations », les « retours groupés », les centres de rétention, c’est quoi le problème exactement ?

De deux choses l’une : ou bien ce sont les étrangers qui dérangent, et alors il faut comprendre que ces derniers sont malvenus dans les pays « riches », ou bien c’est la religion qui se trouve être un facteur discriminatoire, et dans ce cas le rapport aux étrangers est plus que difficile à prouver.

Car tout ceci ne tient pas vraiment la route, et il faut admettre une vérité incontestable : tous les étrangers ne sont pas de religion musulmane, juive ou chrétienne, et tous les croyants des différentes obédiences ne sont pas pour autant des étrangers.

Il faut comprendre également que l’amalgame dont sont victimes les juifs depuis si longtemps (la relation entre juif et « pro-israélien ») ne doit pas plus s’appliquer aux arabes, qui ne sont pas tous musulmans, et encore moins islamistes…

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : derrière ce vaste débat sur la religion, sur les étrangers, ce sont en réalité non seulement les Arabes qui sont visés,  mais aussi les Musulmans.

Mais que cherche-t-on à prouver derrière cet amalgame : que les étrangers sont responsables de la crise économique des pays riches (alors que nous pillons sans vergogne, et depuis des siècles, la plupart de leurs ressources) ? ou que les religions autres que celle judéo-chrétienne sont un facteur de trouble social, et ceci sans tenir compte de l’origine ethnique des croyants qui la composent ( et de la liberté d’opinion pourtant garantie par la constitution)?

Derrière cet amalgame c’est toute la stupidité humaine qui se cache, et surtout son hypocrisie : en établissant un lien entre l’origine ethnique et la religion, c’est une nouvelle sorte de fascisme que l’on met en place : de la même manière qu’Hitler voulait faire croire qu’un israélien, d’origine juive, se convertissant au catholicisme ne cessait pas alors d’être juif, on voudrait nous faire croire aujourd’hui qu’un Arabe converti, athée, juif ou chrétien, ne cesse pas d’être musulman, de par son origine donc. En ne prenant pas en compte la liberté d’opinion de celui-ci, mais son origine ethnique. C’est là que se trouve le danger fasciste, eugéniste. En prenant en compte non pas l’opinion de l’individu mais son origine ethnique, on autorise ainsi la stigmatisation de tout un peuple sous un prétexte fallacieux.

La journée sans immigrés, prévue le premier mars prochain, devrait pourtant nous rappeler à tous la situation dégradante et contradictoire dans laquelle nous avons mis les étrangers, et ce depuis plusieurs siècles : leur utilisation éhontée pour toutes les basses oeuvres de notre soit-disant civilisation, en même temps que notre constant rejet du bénéfice qu’ils nous apportent pourtant en retour.

Nos relations diplomatiques avec des pays étrangers de confession différente (comme Dubaï par exemple, dans lequel les banques ont investi, malgré leur religion, des milliards) sont également en contradiction totale avec la volonté de nos dirigeants politiques de mettre à l’index les ressortissants de ces pays que nous rejetons en même temps.

Comme pour l’Afghanistan ou l’Irak, les gouvernants actuels semblent avoir une courte mémoire : après avoir contribué à l’établissement, hier, des ennemis d’aujourd’hui, il ne choque visiblement personne de stigmatiser une population que l’on a fait sombrer volontairement dans la guerre civile et la misère, et ce après l’avoir auparavant déjà appauvrie et radicalisée.

Ceux qui crient au choc des civilisations, au terrorisme, sont ceux-là même qui ont engendré ce chaos. Et pour couronner le tout, qui se croient en droit de renvoyer chez eux ceux qui fuient l’horreur dans laquelle ils les ont plongé !

Cela devrait pourtant nous aider à réfléchir, et surtout à réagir : qu’attendons-nous alors ? que voulons nous ?

Qu’un nouveau ghetto soit construit, avec les étrangers et les croyants ne correspondant pas aux canons officiels, et qui seraient envoyés là-bas ? qu’on les envoie pas avion dans des camps de travail où ils périront en masse, de faim ou d’épuisement ?  qu’on utilise indistinctement le critère religieux, ou ethnique, pour justifier les exactions commises par un gouvernement raciste et inhumain ?

Que croyons nous ?

Qu’une fois les étrangers rentrés chez eux, la crise économique va s’arrêter, que la violence va baisser, que le monde sera meilleur quand  chacun sera « chez lui » ?
La mondialisation, la suppression des frontières, l’entente entre les peuples, tout cela c’était juste pour soutirer encore quelques milliards de dollars aux peuples étrangers que l’on méprise, et lorsqu’ils veulent venir profiter un peu des fruits de leur exploitation ici, qu’on les renvoie sans ménagement ?

Comment peut on accepter une chose pareille, sans réagir ?

Hitler a envahi la Pologne sans déclaration de guerre, et installé le ghetto de Varsovie de la même manière qu’aujourd’hui nous avons envahi l’Afghanistan, et créé Abou Ghraib. Comme à l’époque personne n’a rien fait. Et maintenant que les juifs d’aujourd’hui sont musulmans, noirs ou arabes, il ne faudrait rien faire non plus ?

 

 

caleb irri

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vivre tue

Posté par calebirri le 24 novembre 2009

Le monde d’aujourd’hui est formidable : en un clic, en un zap, l’information est accessible, classée, ordonnée, attrayante. Une définition nous manque, un sujet nous intéresse, une info nous a échappé ? qu’à cela ne tienne, tout est possible avec internet. Sur la radio,  à la télé, des émissions nous instruisent, nous rassurent et nous mettent en garde contre certains dangers. A un tel point que les informations se mélangent dans nos esprits, nous troublent le jugement et nous conduisent à une sorte de schizophrénie malsaine.

Car le citoyen lambda d’aujourd’hui se doit d’être un citoyen éclairé, pour être critique : ayant accès à une multitude de sources, il lui faut être au courant du « dernier buzz » sur internet, de la dernière sortie polémique d’un politique sur une radio, des dernières recommandations du ministère de la santé. Celui qui ne sait pas ne participe pas, et passe pour un imbécile.

C’est pour cela que nombreux sont ceux qui comme moi, quotidiennement, font le tour des principaux médias pour s’informer, et surtout pour aiguiser leur sens critique.

Mais à force de tourner, je m’aperçois peu à peu qu’il devient à peu près impossible de vivre « normalement » si je tiens compte de tout ce que je lis, ou vois, ou entend toute la journée. La voiture est dangereuse pour la planète, le vélo pour ma personne. Les jouets pour enfants contiennent tout un tas de saloperies chimiques cancérigènes, le vaccin contre la grippe  possède des effets secondaires potentiellement dangereux mais sans doute moins que la grippe elle-même. Si je consomme équitable je me fais peut-être arnaquer, mais plus ou moins que si je consomme « bio » ? si je souhaite la régularisation des sans-papiers suis-je français au sens humaniste du terme ou cessé-je de l’être par mon manque de patriotisme ? puis-je arrêter de consommer chinois du fait que des enfants sont exploités là-bas, ou dois-je continuer pour leur permettre de gagner leur salaire de misère ? fumer donne le cancer, manger trop gras et trop sucré, ou trop salé n’est pas bon pour la santé, mais l’absence de goût  et de plaisir ne constitue pas la base du repas ? faire du sport c’est bien mais attention aux risques cardiaques ! il faut travailler plus pour nourrir sa famille que l’on ne voit presque plus, cesser de boire de l’alcool pour les raisons qu’on sait. Le stress est également un vecteur de maladie, mais comment échapper au stress dans un monde tel que celui-là ?

De la schizophrénie je vous dis ! plus personne ne sait ni quel comportement adopter, ni à quel saint se vouer. Le monde est si complexe, l’homme est si complexe, les infos si nombreuses et si contradictoires qu’il est quasiment impossible de savoir précisément si un comportement sera plus bénéfique à soi et à la société que l’absence de ce comportement.

Alors bien sûr on peut être tenté soit de ne rien faire du tout, pour ne pas prendre de risques, soit de faire de son mieux, et risquer des conséquences contraires au but recherché.

Pour ma part, étant quelque peu suspicieux quant aux conseils et à la propagande de la bien-pensante « pensée unique », il m’arrive parfois de rejeter tout en bloc, de remettre chaque information en cause, afin de de pas commettre trop d’erreurs. mais peut-être ai-je tort, ou alors…. ? ?

Ou alors il faut arrêter tout ça, laisser parler notre raison et considérer que la seule chose qui soit certaine, c’est que la mort attend son heure, et que jusqu’à cet instant fatal il est bon de faire le maximum pour son bonheur, quitte à raccourcir le temps qui nous sépare de cet instant, mais au moins pour une bonne raison : profiter de la vie.

Car au bout du compte, c’est la vie qui tue. Ne tuons donc pas la vie !caleb irri

Publié dans la pensée du jour, medias, philo | 1 Commentaire »

refonder l’éducation

Posté par calebirri le 23 novembre 2009

Une fois le but fixé (c’est à dire être en mesure d’apporter le minimum vital à chacun et perpétuer l’humanité), les choses se compliquent quelque peu. jusqu’à maintenant, il ne fait de doute pour personne que c’est ainsi que raisonnent encore nos gouvernants actuels, et que leur volonté n’a de cesse de prétendre au même résultat. Et cela en utilisant le même moyen qui est proposé ici : l’éducation. il n’y a pas le choix, nos descendants seront d’abord des enfants.

Alors pourquoi changer, si la volonté générale existe, et surtout si l’éducation a pour mission de rendre réalisable cette volonté ?
Dans un système totalitaire on comprend que la volonté des dirigeants ne soit pas la même que celle des peuples soumis à son autorité, mais dans un système capitaliste ? un système qui, de plus, s’exécute dans un cadre démocratique ?

La réponse est simple, et tient en peu de mots : cela ne fonctionne pas. Des enfants meurent de faim, des adultes se tuent au travail, et le bonheur ne semble même pas toucher ce qu’on appelle l’élite de la société.
Il y a un gouffre gigantesque qui sépare la théorie capitaliste de sa réalisation, et cela fait maintenant plusieurs siècles que cela dure, sans que le gouffre se creuse d’autant en un point de la faille qu’il s’est rempli en un autre point.

Pour expliquer ce décalage flagrant, il n’y a pas trente-six solutions, mais seulement trois :

Soit la volonté générale n’est pas prise en compte par le système capitalisme , et nous sommes donc dans un système autoritaire
Soit l’homme est intrinsèquement mauvais, et l’injustice représente réellement la volonté générale, ce qui signifie qu’il faut accepter la mort d’enfants innocents comme corolaire du capitalisme
Soit l’argent corrompt l’âme humaine, et c’est lui qu’il faut supprimer pour faire correspondre la volonté générale et sa réalisation, et cela ne peut se faire qu’à travers l’éducation.

Le plus grand danger, lorsque l’on évoque l’éducation, c’est de la confondre avec la propagande : la première étant tournée vers l’ouverture, la seconde vers la fermeture (voir article) :

Bien entendu, la propagande est bien plus aisée à mettre en place, car l’individu n’est pas au centre de l’attention du système éducatif, pour des raisons politiques évidentes : le système tel qu’il est aujourd’hui ne visant qu’à la rentabilité, les désirs des « éduqués » passent après leurs résultats.

L’éducation est toute différente, mais aussi beaucoup plus difficile à construire : il s’agit de faire correspondre les désirs des futurs adultes avec les besoins des peuples, tout en ne nuisant à la liberté ni des uns ni des autres. Il s’agit de faire comprendre aux petits hommes que le monde ne peut pas être juste si les plus forts à l’école ne participent pas aux tâches les plus difficiles, tandis que les moins forts se les supporteront toute la durée de leur vie.
Il faut que tous comprennent que nous ne sommes évidemment pas tous égaux de par notre force physique, notre capacité logique, sensible, créatrice, mais que cela ne justifie en aucun cas qu’il faille punir les uns pour une absence de telle ou telle forme d’intelligence, ou de récompenser les autres pour la détenir. D’autant que l’éducation est justement le moyen de développer l’une ou l’autre de ces capacités, pour peu que celui qui la reçoive en ait la volonté.

Concrètement, cela signifie qu’il faudrait repenser l’école non plus en terme de réussite sociale (par rapport aux autres), mais de réussite personnelle (par rapport à soi). Et se baser sur cette volonté pour établir l’attribution des futurs emplois, afin que ce ne soit plus le niveau de salaire voulu qui détermine le choix des études mais plutôt le bien que peut apporter à soi-même (et donc aux autres) le choix de sa profession future.

Malheureusement, ce mode de pensée n’est pas simple à accepter, et on conçoit aisément la difficulté majeure que cela pose : l’adéquation des désirs individuels (sans prendre en compte les capacités, qui ne sont qu’un frein dans le temps) avec les besoins de la société.

Mais c’est cela aussi le rôle de l’éducation. à partir du moment où l’on envisage la suppression de la motivation financière dans le choix du parcours professionnel, on peut tout à fait envisager la possibilité de faire comprendre aux futurs citoyens la nécessité de donner du temps à la collectivité, de façon positive puisqu’alors le temps, ce n’est plus de l’argent. le concept du don peut encore parler aux enfants, et c’est sans doute librement consentie qu’une partie de l’éducation peut être inscrite dans le service rendu aux autres. En expliquant bien les choses, on peut tout à fait imaginer que cette adéquation se fasse somme toute assez naturellement, car tous nous sommes capables de comprendre que le monde ne peut pas fonctionner correctement si tous deviennent chanteurs ou acteurs.

Et aussi que l’apprentissage des tâches (physiques ou mentales) les plus rudes sont une expérience de souffrance au début, et de satisfaction lorsque la tâche est accomplie. Qu’un homme heureux n’est pas un homme oisif, mais un homme capable de souffrir pour apprécier le repos. Et surtout qu’un homme détenant de grandes responsabilités se doit, pour comprendre la tâche qui lui incombe, de passer par tous les postes qui sont sous sa responsabilité, afin de mieux saisir la valeur de sa propre tâche.

caleb irri

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des règles dans quel but ?

Posté par calebirri le 22 novembre 2009

Des deux articles précédents  (de la nécessité et de l’application des règles) je ne veux garder que le système éducatif pour esquisser ce à quoi pourraient ressembler les règles à adopter sans tomber dans l’un des deux autres systèmes décrits précédemment (le capitalisme et l’autoritarisme).

Tout d’abord il faut tenir compte de la double nature de ces règles, l’une ayant trait aux besoins matériels des hommes, et l’autre à ses aspirations spirituelles.

Au niveau des besoins matériels, un système qui fonctionne devrait, avant toute autre chose, être en mesure de nourrir et de loger toute la population peuplant cette planète, sans exception. La tâche n’est bien sûr pas évidente, et les contraintes sont nombreuses : la planète n’étant pas extensible et la population allant toujours grandissant, il est fort possible que même en imaginant un système parfait rien ne puisse apparemment régler ce dilemme. D’autant que l’état de la planète et la fin programmée du soleil n’y arrangent rien.

Mais nous n’en sommes heureusement pas encore là, et force est de constater que notre terre, pour peu qu’on sache bien la traiter, doit bien pouvoir être encore capable de nous supporter quelques siècles encore, et même avec quelques milliards d’êtres de plus.

Pour que la satisfaction de ces besoins matériels soit envisageable dans un tel système, il faut évidemment créer les conditions nécessaires à la réalisation de celle-ci (ce sur quoi nous reviendrons). Mais avant tout il y faut l’essentiel, c’est à dire la volonté générale. Tous les êtres doivent être au préalable d’accord avec ce principe, ce qui sous-entend que la satisfaction de ses besoins propres ne doit pas se faire au détriment de la satisfaction des besoins des « autres », plus ou moins proches de son coeur.

Et c’est à cet instant que rentrent en jeu les aspirations spirituelles : car elles seules sont en mesure de faire jaillir la volonté générale ayant pour but de satisfaire ces conditions matérielles pour tous. En créant une sorte d’objectif capable de porter l’humanité dans son ensemble (sans pour cela nuire aux croyances religieuses ou philosophiques individuelles), l’éducation trouverait la justification de son existence. En se donnant comme but la perpétuation de l’espèce humaine (et celle de sa propre individualité) l’humanité se doterait de la volonté de satisfaire aux besoins « vitaux » de tous les êtres humains, et se verrait pour cela dans l’obligation de prendre en compte la sauvegarde de notre planète, sans laquelle cet objectif n’est pas réalisable.

Si on transforme le système dans cet objectif, les conflits d’intérêts de classe peuvent facilement être remplacés par l’intérêt général, ce qui ôterait de fait au capitalisme (et à sa morale) sa capacité de nuisance. En considérant un objectif commun de cette nature, l’humanité serait ainsi capable de faire se réconcilier les besoins spirituels et « temporels » de tous, à travers un objectif moral et juste incontestable : permettre à tous les hommes de prétendre au bonheur par l’intermédiaire de la seule possibilité qui lui soit offerte, à savoir vivre dans des conditions acceptables pour enfin pouvoir se projeter dans cette recherche du bonheur, qui est le but de toute vie humaine sur cette terre.

On peut alors tout à fait imaginer un monde mû par la volonté supérieure de régler les problèmes complexes liés à la vie de l’homme sur terre, tout en conservant une émulation non conflictuelle, non plus à travers les intérêts individuels mais plutôt soucieux de l’avenir de l’humanité, et donc de notre descendance.
Cette transformation par l’éducation ne remettrait en cause ni la technologie, ni la science, ni les compétences et les formations dispensées dans le monde d’aujourd’hui, seulement elle en modifierait l’objectif. il faudra toujours construire, créer, échanger, discuter, calculer, mais dans le but premier de satisfaire aux besoins de tous malgré les contraintes de l’espace et du nombre (un défi formidable à relever), et dans le but second de préparer, à long terme, un projet non moins formidable : celui de concevoir les moyens techniques, physiques, de conserver notre planète viable assez longtemps pour être en mesure, le jour venu, d’aller installer l’humanité ailleurs, pour continuer cette aventure fantastique qu’est l’être humain.

caleb irri

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journaliste ou éditorialiste ?

Posté par calebirri le 18 novembre 2009

Suite au débat proposé sur europe1 entre le directeur d’une agence de presse et un rédacteur d’agoravox, il m’est apparu soudain que les deux intervenants de ce plateau entretenaient un dialogue de sourds, et ce pour une raison qui peut apparaître évidente mais qui n’a malheureusement été évoquée : les deux participants ne parlaient pas de la même chose.

Pour le premier, il évoquait les journalistes, qui ne sont de mon point de vue ni plus ni moins que les scribes de l’information. ils sont professionnels, et à ce titre ils disposent d’un diplôme, de compétences spécifiques et d’une technicité rédactionnelle. Leur métier est de transmettre l’information, mais pas de la juger. Bien sûr on peut critiquer la formation de ces professionnels, ou remettre en cause leur indépendance suivant le groupe auquel ils appartiennent, et même dénoncer les manquements auxquels ils sont sujets : mais cela ne contredit pas le principe d’objectivité des journalistes, qui n’ont pas à donner leur avis, ou seulement à suivre « discrètement » celui de leur rédaction.

Pour le second, il dénonçait la sélection des informations faites par les journalistes : c’est à mon avis une erreur. car les journalistes ne sont pas responsables de la politique éditoriale ou de la sélection de l’information, c’est la rédaction (et par voie de hiérarchie le propriétaire du média) qui détient cette responsabilité, tandis que les journalistes ne doivent se limiter qu’à rechercher et décrire des faits.
Mais tout ceci ne remet pas en cause l’intervention de ce dernier si l’on considère qu’il parlait des éditorialistes, et non des journalistes. Car ce sont les éditorialistes qui commentent l’information (et qui la propagent en même temps forcément), sans tenir compte de cette objectivité que l’on demande aux journalistes. Ils n’ont pas les devoirs de recoupement, de vérification ou de témoignage qu’on exige d’un journaliste, mais seulement celui de donner leur avis. Pour cela nul besoin d’être un professionnel, car c’est la force de persuasion de l’éditorialiste qui fait sa valeur. Au contraire du journaliste, l’éditorialiste prend des risques en donnant son avis, et ne peut absolument pas rentrer dans les cases du formatage assuré par les écoles.

Ces deux métiers sont donc bien différents, mais ils fonctionnent tout de même ensemble dans un même but : faire participer le citoyen à la connaissance d’abord, pour ensuite le faire réfléchir sur cette connaissance. C’est ce citoyen qui, à intervalles réguliers, se verra invité à voter pour une politique, politique qui aura pris ses racines dans le monde que les journalistes amènent à notre connaissance, et que les éditorialistes nous aident à interpréter.

Cependant, il ne faut pas négliger le fait que les éditorialistes des médias les plus populaires sont souvent sous tutelle de celui qui les emploie, ce qui fait une grande différence avec internet, où les éditorialistes sont à la fois plus libres et plus divers. Mais à partir du moment où l’opinion n’est pas un délit, chacun peut penser à peu près ce qu’il veut d’une information, et en dire à peu près n’importe quoi. La sanction du public est libre elle aussi, et celui dont les idées ne plaisent à personne verra sa popularité décroître, tout simplement. Il ne peut y avoir de contrainte physique exercée sur ce type de votes « par abstention », car la distance qui sépare les internautes est bien plus grande que celle qui sépare le patron de son employé.

Alors évidemment ces éditorialistes du web disent parfois de gros mensonges, mais ils n’ont de valeur que celle qu’on veut bien leur donner. Pour ma part je préfère la liberté de dire des bêtises que l’obligation de répéter ce qu’on me dit de dire. Mais je ne dois pas être le seul, car au train où vont les choses, les éditorialistes des médias « traditionnels » auront bientôt totalement déserté les salles de rédaction pour se précipiter sur le net afin d’y donner véritablement leur avis. Les journalistes n’ont qu’à venir vérifier, les éditorialistes commenteront !

 

caleb irri

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de l’application des règles

Posté par calebirri le 16 novembre 2009

Une fois la nécessité de posséder des règles étant établie, il nous faut étudier les moyens de les faire appliquer. Pour commencer il est utile de distinguer la nature de ces règles, qui sont de deux sortes : elles se doivent d’une part de permettre la vie en société dans son fonctionnement quotidien, mais d’une autre aussi de proposer une sorte d’objectif spirituel pour chaque homme et pour la société dans son ensemble, c’est à dire de proposer une vision du bonheur à atteindre.

Ces moyens d’application sont au nombre de trois, et proposent tous une vision à la fois concrète (avec le système de sanction/récompense) et spirituelle (les règles d’accession au bonheur) :

tout d’abord, il faut considérer le capitalisme non comme une sorte de « sous-système » capable d’âtre adapté à un régime politique, mais comme un « supra-système » ayant une existence par delà les régimes mis en place.(voir article). Il possède une sorte de balance jugeant les actions, et une morale propre (ce qui rapporte est bien), avec un objectif spirituel simple : la richesse est synonyme de bonheur.

le deuxième fonctionne sur la peur, qu’elle soit physique ou mentale. Un système tyrannique instaure des règles arbitraires qu’il fait respecter d’abord par la propagande, la philosophie ou la religion, et au besoin par la terreur physique. L’argent n’est pas utile si le système tient bien, et le bonheur se trouve en suivant à la lettre les règles imposées : la récompense est la montée hiérarchique, et la sanction peut aller jusqu’à la mort. Il se peut aussi que, grâce à la propagande, la peur de l’enfer ou l’espoir du paradis suffisent à servir de jugement, ce qui permet ainsi au pouvoir en place de ne pas avoir à promettre de récompense, ni d’avoir trop besoin de recourir à la sanction créatrice de désordre.

Le troisième moyen se trouve être le consentement général, et est sans doute le plus difficile à mettre en place. Il signifie le consentement éclairé de la totalité des êtres humains, avec comme objectif spirituel de rechercher le bonheur pour tous et pour chacun, avec comme seul juge la réussite ou l’échec de cette quête. Les moyens de coercition physique et mentaux ne dépendent que de la bonne volonté de chacun, et les sanctions peuvent se limiter à l’opprobre jeté par la majorité sur l’individu, voire à un ostracisme « formateur ». les récompenses sont le regard des autres et la satisfaction personnelle.

Si on comprend aisément comment fonctionnent les deux premiers moyens d’application, il faut avouer que le troisième est sans doute le meilleur, mais aussi presque impossible à réaliser ; d’autant que les deux premiers se targuent toujours officiellement d’être le fruit de ce consentement général.

Cela est explicable lorsqu’on regarde comment se fabrique ce consensus : par l’éducation, et uniquement par ce biais. Et c’est là tout le danger. Car la différence qui existe entre l’éducation et la propagande est en réalité une différence de point de vue : la propagande est l’apprentissage des comportements qu’il faut tenir pour faire tourner le monde tel que le voient quelques uns, alors que l’éducation est l’ouverture à la compréhension du monde, pour ensuite y adapter les comportements qui conviennent, et ce différemment pour chacun.

Pour comprendre cette différence de point de vue sur le rôle de l’éducation, il suffit de considérer les objectifs (sur lesquels nous reviendrons ailleurs) que se fixent chacun de ces moyens d’action :
Dans le premier cas (capitalisme), c’est l’individu qui prime au détriment de la communauté
Dans le deuxième (autoritarisme), c’est la communauté qui prime sur l’individu
Dans le troisième (consentement général), les deux sont une priorité.

Le capitalisme et l’autoritarisme se servent donc de l’éducation pour diffuser leur propagande, qui finit par provoquer la peur (physique ou mentale) et la soumission. Le consentement général se sert lui aussi de l’éducation, et c’est là toute la difficulté, mais dans un but opposé : celui d’ôter la peur pour la remplacer par la confiance.

L’éducation est donc bien cette fabrique du consentement, et celui (groupe ou individu) qui possède le pouvoir de faire l’éducation détient celui de faire le monde. Alors que le monde se devrait d’être expliqué pour être compris, par l’éducation.

 

 

caleb irri

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