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le 11 novembre ou la victoire du capitalisme

Posté par calebirri le 30 octobre 2009

On parle beaucoup des 20 ans de la chute du mur de Berlin ces derniers temps. Tous les médias surfent joyeusement sur la vague de la double-pensée, en transformant subrepticement la révolte d’un peuple opprimé en une sorte de symbole à la gloire du capitalisme.

Car en détruisant le mur qui séparait Berlin-est de Berlin-Ouest, ce n’est en réalité ni le communisme que le peuple allemand rejetait, ni le capitalisme qu’il appelait de ses voeux, mais tout simplement la fin de l’oppression qu’il revendiquait. On oublie trop souvent que le capitalisme, comme le communisme, ne sont que des prétextes à l’oppression des hommes, et que les peuples ne se battent pas contre des systèmes mais contre l’oppression elle-même, indépendamment du système qui les soutient.

Mais voilà bien comment l’Histoire se trouve toujours instrumentalisée : pour la première fois depuis la première guerre mondiale, un chancelier allemand et un président français se retrouveront ensemble pour commémorer la fin de la première guerre mondiale. Il a été dit qu’il était envisagé de transformer ce 11novembre, à l’avenir, en une journée en mémoire de la chute du mur, évènement éminemment plus positif que celui consacré à la guerre.

On pourrait a priori en être heureux, mais il faut quand même réfléchir aux conséquences d’une telle transformation. Cela signifie que dans le futur, les générations qui nous suivront n’auront plus aucun repère leur permettant de savoir qu’en 1914, le monde a vécu des drames immenses et insensés, atroces, qui ont duré quatre années, et dont les conséquences ont été celles qu’on connaît aujourd’hui : la crise de 1929, la montée du nazisme, la guerre à nouveau, terrible à nouveau, et puis la « guerre froide » conduisant en 1989 à la chute du mur et l’espoir d’un monde en paix. Lorsqu’un enfant d’aujourd’hui demande pourquoi il ne va pas à l’école le 11 novembre, ceux qui ne confondent pas ce jour avec le 8 mai sont encore capables d’évoquer la mémoire de cette guerre.

Mais dans quelques années, nous ne parlerons plus de la guerre, nous évoquerons alors la  « chute du mur ». que dira-t-on à ce sujet : la libération de l’oppression communiste, l’entrée fraternelle dans le monde merveilleux du capitalisme ? sans doute. Pourtant, il n’y a pas que le communisme qui soit en mesure d’oppresser les peuples…ni de construire des Murs : les Etats-unis, Israël le font aussi. Quelle hypocrisie !

 

caleb irri

Publié dans double coup, la démocratie, medias, politique? mensonges | 1 Commentaire »

par quoi remplacer le capitalisme ?

Posté par calebirri le 28 octobre 2009

Nous sommes nombreux à avoir compris que le capitalisme n’est pas LA solution. Bien. Certains parlent de révolution, d’autres de décroissance, et d’autres encore de moralisation… très bien. Mais rien ne fait taire les contradicteurs qui, très justement, posent la question : on fait quoi, alors ?

Et oui, il est bien gentil de toujours remettre en cause le capitalisme sans rien avoir à lui opposer en retour. Et je plaide coupable, comme les autres. D’ailleurs, c’est sans doute pour cela que tous les penseurs d’aujourd’hui sont soit des économistes, soit des philosophes : les uns ont pris le parti de calculer, et se réfugient ainsi dans leurs chiffres pour ne pas avoir à penser le monde. Les autres se réfugient dans la pensée pour ne pas avoir à regarder  le monde en face.

Il ne s’agit pas ici de critiquer les uns ou les autres, mais de comprendre pourquoi il est si délicat de se projeter dans un monde de plus de 6 milliards d’habitants sur une planète de taille finie, et d’en ressortir tout de go un système complet capable de satisfaire au plus grand nombre sans tomber dans des travers idéologiques dangereux.

Car le capitalisme est un système qui permet malgré tout de régler les échanges sur une règle universellement acceptée et partagée par tous, et cela même s’il est inéluctablement créateur d’inégalités, et à terme voué à un échec total. On peut tenter de lui fixer des limites, de le contenir dans sa voracité, mais tout cela est vain : au final l’argent finira toujours par l’emporter sur les autres préoccupations.

Il y a bien sûr certains partisans d’un « retour aux sources », fait de trocs, de peaux de bêtes et de chasse (ce qui règlerait sans doute, soit dit en passant, le problème environnemental), mais j’avoue que pour ma part j’imagine ce retour aux sources plus comme une conséquence malheureuse de la catastrophe qui nous guette (dérèglement climatique grave ou guerre nucléaire) que comme un idéal à espérer.

Le seul système pouvant être concrètement opposé au capitalisme semble malheureusement être un régime totalitaire, où l’argent n’a plus de raison d’être car l’oppression physique et mentale des esclaves est suffisante à la bonne marche des affaires de l’élite au pouvoir. Certains ont déjà essayé et d’autres essaieront encore, et il est même probable qu’un jour ils y parviennent tant les possibilités de réalisation techniques semblent à portée de main. Ce système n’est bien sûr pas celui qu’espèrent les peuples, mais force est de constater qu’il est difficile de concevoir d’autres manières de vivre en société autrement sans remettre en cause tout ce qui caractérise le monde tel que nous l’avons connu.

Et puis il y a « le monde parfait » : un monde où chacun serait assez éclairé pour ne pas vouloir « trop », tout en étant capable de penser aux autres en même temps qu’il pense à lui-même. Ce monde est plus que difficile à concevoir, car il remet en cause l’essence même de l’homme, c’est à dire son égoïsme, sa malléabilité, son incapacité à se projeter dans les futures générations. Bien sûr l’homme peut être transformé par la propagande, l’éducation ou l’oppression (physique ou mentale), mais cela nécessite une transformation radicale de tout ce qui régit notre monde présent. Cela signifie remettre en cause l’argent, l’innovation, la recherche, l’éducation. cela signifie gérer autrement le système d’héritage, de transports des biens et des transports, la production, la consommation, l’agriculture, l’industrie. Cela signifie repenser la philosophie, le travail, le bonheur (le sens de la vie), la fécondité, la religion (la notion de bien et de mal).

En définitive c’est la vision de l’homme dans sa nature même qu’il faut modifier, et le problème est de savoir s’il vaut mieux le voir tel qu’il est ou tel qu’on le voudrait.

Car si on le regarde tel qu’il est, ce « monde parfait » a peu de chances d’exister : les contraintes physiques d’un monde qui fonctionne sont réelles, et il ne faut pas les négliger. Certains métiers sont plus difficiles que d’autres, plus ingrats, mais indispensables : or dans « un monde parfait », il semblerait logique d’espérer choisir son activité librement. Le fait qu’elle ne soit contrainte ni par la force ni par l’appât du gain ne laisse pas beaucoup d’espoir quant à la sélection de certaines de ces tâches, celles qu’on appelle en général « le sale boulot ».

Et si on regarde l’homme tel qu’on le voudrait, on retombe rapidement dans le problème de l’idéologie : qui peut prétendre sérieusement détenir la « Vérité » ? celle-ci sera-t-elle imposée ou simplement proposée ? et comment déterminer qui sera réellement capable de juger de cette « vérité » objectivement, sachant que la génération qui conduira cette révolution n’aura pas bien sûr disposé de la préalable éducation à la transformation du monde vers ce « nouvel homme »; génération qui sera donc inévitablement le fruit du capitalisme et de son idéologie ?

Voilà donc pourquoi il est si difficile de remplacer le capitalisme. Lorsque l’on sort du cadre de l’argent, on retombe dans l’idéologie, et la définition de l’homme se retrouve vierge, à réécrire totalement. La tâche est si ardue qu’elle peut paraître impossible à entamer, mais lorsque l’on pense aux armées de fonctionnaires planchant sur des calculs économiques infinis, sur des articles de loi emmêlés par milliers, sur des statistiques gigantesques, on imagine qu’ils pourraient peut-être se trouver plus judicieusement employés à une autre tâche, autrement plus valorisante : regarder ce qu’est devenu l’homme capitaliste, pour mieux définir ce que devrait être l’homme du futur…un humaniste ?

 

caleb irri

Publié dans argent, la démocratie, philo, révolution? | 3 Commentaires »

parlons-en, de l’identité nationale!

Posté par calebirri le 26 octobre 2009

Monsieur Besson veut ouvrir le débat sur « l’identité nationale » ? et bien parlons-en alors !

Pour commencer nous pourrions nous interroger sur la schizophrénie de l’Etat, adepte de la soi-disant « main de fer dans un gant de velours » : de quelle identité nationale parle-t-on ? de celle de Vichy et des collaborationnistes, de celle des colonisateurs empêchant « l’homme noir de rentrer dans l’histoire », de celle utilisant la main d’oeuvre étrangère selon son bon vouloir, ou celle qui exploite les sans-papiers avant de les renvoyer en nombre dans des pays en guerre ?

Ou bien faut-il parler de la France des résistants, de celle des humanistes du siècle des lumières,  ou des associations et des individus prenant des risques pour secourir les misérables (avec ou sans papiers, noirs ou blancs) ?

Car la France c’est bien tout cela en même temps. La France est un pays d’immigration, et il serait à mon avis bien difficile de trouver une majorité d’individus dont l’ascendance trouve ses racines exclusivement sur le territoire « français », territoire qui soit dit en passant à fort évolué au fil du temps. Et puis c’est aussi un pays d’émigration, car la délocalisation, ainsi que de nombreuses époques (inquisition, guerres mondiales, colonisation…) ont favorisé « la fuite » de nombreux ressortissants français vers l’extérieur, et cela jusqu’aux plus hauts représentants de l’Etat.

Alors quoi, où veut il en venir ce monsieur Besson : faire croire que tout ce qui n’est pas exclusivement français doit se sentir étranger, ou que tout ce qui est étranger sur le territoire français doit se sentir français ?

Ce débat est à l’image d’une pente qui peut s’avérer glissante ; sur quoi fonder l’identité d’une nation ? l’origine géographique, la race, la généalogie, les « valeurs » françaises ?

Mais la France est faite de toutes les origines, de toutes les races, et les valeurs françaises sont encore à définir : « liberté, égalité, fraternité » sont des valeurs que le gouvernement bafoue tous les jours un peu plus, tandis que le « travail, famille, patrie » fait également partie de notre histoire… l’identité nationale, c’est aussi monsieur Besson, une fois à gauche, une fois à droite. La capacité à penser le lendemain le contraire de ses convictions de la veille, l’expression de la justice face à la réalité injuste, le pays « des droits de l’homme » qui s’assoit dessus, une « terre d’accueil » qui refuse d’accueillir.

Un pays qui vend des armes à des pays qui font la guerre, qui commerce avec des dictatures, qui refuse de regarder en face son rôle d’esclavagiste responsable du retard économique de ses anciennes colonies. L’identité nationale c’est une xénophobie sans cesse renouvelée mais discrète qui perdure au fil du temps et sert de bouc-émissaire en temps de crises, crises provoquées par l’incompétence de gouvernements incapables d’assumer leurs erreurs politiques. L’identité nationale ce sont les étrangers qui font le sale boulot, les patrons qui les exploitent, les riches qui les asservissent.

C’est aussi la violence dans les banlieues, bien compréhensible aux vues de l’abandon complice des gouvernements successifs, qui utilisent cette violence pour jouer sur la peur des citoyens, et qui leur permet de faire passer des lois sécuritaires inacceptables.

Non, monsieur Besson, il n’y a plus d’identité nationale. La nation n’existe plus, car elle est à l’opposée de l’humanité. les Français sont les seuls à croire encore qu’ils sont une nation, mais en réalité la France n’est rien d’autre qu’une vieille personne ne voulant pas se résigner à partir. Si on mettait tous les « étrangers » à la porte, il ne resterait en fait de nation française qu’un petit îlot perdu au milieu d’un océan qui l’engloutirait bien vite. Peut-être pourra-t-on faire croire encore un peu que les Gaulois sont nos pères,  mais de plus en plus savent aujourd’hui que même les Gaulois n’étaient pas français. Alors après cela, comment parler d’identité nationale ?

Après avoir divisé les riches contre les pauvres, les noirs contre les blancs, les catholiques contre les musulmans, les juifs, ou les protestants, les « méritants » contre les « fainéants », après avoir tout cassé ce qui restait d’égalité et de justice dans ce pays, après avoir successivement rendu coupables des pires maux toutes les ethnies qui ont contribué à construire la France, on voudrait nous faire croire qu’il reste encore une unité capable de rendre compte de ce qu’est la France ?

Et bien je vais vous le dire moi, ce qu’elle est devenue l’identité nationale : une supercherie scandaleuse, tout simplement.

 

caleb irri

Publié dans immigration, la pensée du jour, politique? mensonges | 4 Commentaires »

ce que veulent les Hommes

Posté par calebirri le 20 octobre 2009

L’économie et la politique fonctionnent de deux manières différentes et opposées, mais toujours inverses par rapport à ce que veulent les Hommes.

Compte tenu des différences qui existent entre tous les Hommes, il a semblé plus facile aux théoriciens de l’économie de rationaliser les comportements de l’individu que d’apprendre à le connaître dans ses passions, ou sa véritable essence. Partant ainsi de l’individu comme être rationnel, ces mathématiciens ont considéré les hommes comme de simples unités comptables, pour être ensuite en mesure de généraliser les comportements de manière « macro-économique », en établissant une sorte de « science » éminemment éloignée de la réalité, car fondant leurs théories sur une superstition erronée, celle de « la main invisible ».

Pour la politique, ceux qui ont fondé la théorie et rédigé les constitutions sont partis du point de vue inverse, c’est à dire en examinant la société dans son ensemble pour pouvoir ensuite déterminer les comportements individuels. Partis du point de vue général et de « l’utilité commune », c’est cette dernière qui sert de référence à tous le citoyens dans leur individualité. La règle est d’abord générale avant d’être particulière.

C’est de manière pourtant inverse que fonctionne l’être humain. Ses comportements politiques sont éminemment individuels, tandis que ses désirs matériels sont tournés vers le collectif : dans une famille les parents pensent à subvenir aux besoins de leurs enfants ou de leurs amis, tandis que les opinions politiques ou religieuses sont souvent diverses au sein d’une même famille.
En réalité ce n’est que contraints par la concurrence économique que les hommes s’individualisent, et contraints par l’opinion majoritaire qu’ils votent.

Car en quoi consiste une constitution, sinon en une manière de soumettre l’individu aux volontés de la société, « la volonté générale » ? et en quoi consiste la main invisible sinon en une apologie de l’égoïsme ?

On le constate bien dans la réalité :

même si un texte fondateur comme la déclaration des droits de l’homme est un texte dont la volonté démocratique n’est pas contestable, les constitutions qui en sont ressorties ne sont pas à la hauteur de ce qu’en veulent les Hommes : les grands principes généraux ne sont guidées que par « l’utilité » commune. Mais à force d’exceptions, les principes particuliers ont totalement dévoyé ces principes de leur objectif primordial, à savoir l’intérêt général ou l’intérêt de tous.
Même si les théories économiques ont réussi à faire accroître le niveau de vie et des richesses disponibles, les contraintes du travail et la répartition des richesses n’ont jamais été aussi injustement partagées. Des pays entiers sont abandonnés à la misère, tandis que les élites de quelques pays possèdent la majorité des richesses. Cela peut se traduire mathématiquement en terme de croissance moyenne, mais dans la réalité les choses sont très différentes.

Cet état de fait est la conséquence de l’erreur primordiale qui est née dès l’établissement à la fois des textes fondateurs de la politique et des théories économiques : la croyance erronée en la malignité originelle de l’Homme , victime depuis des millénaires de ce qu’on nomme « le péché originel ». Comme si le fait de s’être nourri à l’arbre de la connaissance était l’expression de la méchanceté intrinsèque de l’Homme, il a été une fois pour toute établi que l’Homme se devait d’être soumis à des limites strictes et à un égoïsme sans borne.

Mais c’est tout le contraire qu’il faudrait en réalité établir. Car nous sommes tous les mêmes dans nos désirs spirituels (et donc politiques), et tous différents dans nos désirs matériels (et donc économiques). Cela signifie qu’au niveau politique, une constitution devrait s’établir sur la volonté d’un individu, pour ensuite créer une règle générale satisfaisant à tous, et qu’au niveau économique, les théories devraient partir de la volonté de tous pour établir les règles individuelles.

Sur le plan spirituel, chaque être humain (ou presque) souhaite atteindre à ce que l’on nomme communément le « bonheur », et le souhaite aussi à ceux qu’il aime. Nul n’est délibérément pour la guerre, la mort d’enfants innocents ou la souffrance d’autrui. Et sur le plan économique, la volonté générale est que chacun puisse disposer d’un toit, et qu’il soit en mesure manger à sa faim. Partant de ces principes, l’économie viserait désormais la satisfaction des besoins essentiels de la totalité de la race humaine, comme règle générale. Les exceptions et les dérogations seraient individuelles et ne remettraient pas en cause la règle. La politique, elle, fonctionnerait de manière à faire émerger une constitution de la multitude différente mais rassemblée sur un point commun à tous, comme le bonheur ou l’amour. les différents partis se réclamant de l’un,  de l’autre ou d’un troisième concept philosophique.

Qu’attendons-nous, puisque nous sommes sûrs de savoir et ce que nous voulons, et de ce qu’il nous est nécessaire d’avoir ? des constitutions, il y en a eu de nombreuses d’écrites, et il y en aura encore. Des révolutions pacifiques se sont déjà produites dans l’Histoire, et il est encore possible d’en réaliser. Mais des guerres aussi les hommes en ont connu. Et il se peut qu’ils en fassent d’autres encore. Alors prenons notre destinée en mains, et commençons à construire les nouvelles règles qui correspondent vraiment à ce nous voulons, nous les Hommes. Et faisons en sorte que les règles que nous nous choisirons soient en mesure de prouver notre générosité, loin de celles qui nous contraignent à devenir égoïstes…et qui finiront par nous rendre mauvais.
caleb irri

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la propagande et l’ADN

Posté par calebirri le 11 octobre 2009

La propagande est une méthode consistant à faire intégrer aux peuples des sentiments et des idées qu’ils n’auraient jamais été capables d’avoir seuls, de manière individuelle. La répétition et l’omniprésence sont le moyen conduisant à amalgamer sans cesse des comportements individuels avec ceux de masses, et qui finissent peu à peu par s’ancrer dans l’esprit des individus de manière trouble. La réaction d’un individu face à une masse provoque soit la fuite soit le rassemblement, et la force de la propagande est de rendre possible ce dernier. L’utilisation des médias de masse est un relais qui touche tant d’individus qu’il peut, s’il est utilisé à mauvais escient, provoquer des mouvements d’opinions tels qu’ils soient en mesure de prendre le caractère de « Vérité ».

C’est pour cela que les médias intéressent tant le pouvoir politique : lorsqu’il ne les contrôle pas, ils peuvent s’avérer un formidable ennemi. Mais lorsqu’il les possède, le pouvoir politique devient alors presque tout puissant. Une fois les médias sous son contrôle, le pouvoir politique devient capable de « faire l’opinion », ce qui autorise ensuite tous les débordements démocratiques : l’opinion censurant encore plus ou moins la politique menée par l’Etat, il est possible par le biais des médias de faire désirer au peuple des lois allant à l’encontre de son propre intérêt, et de transformer une démocratie en dictature de telle manière qu’il soit même possible de croire à la volonté qu’en aurait eu le peuple. Une fois l’opinion rendue inconsciente, c’est toutes les lois qui peuvent se trouver transformées selon l’apparente volonté du peuple.

Ces derniers temps c’est le fichage ADN revient sur le devant de la scène : face à quelques faits divers particulièrement sordides et inhumains, l’opinion est peu à peu galvanisée par la haine naturelle provoquée à l’écoute de ces drames affreux. Le fait de focaliser l’attention des peuples sur ce genre d’affaires (pourtant minimes du point de vue du nombre) revient à provoquer dans l’opinion la peur et la haine, et fausse ainsi leur jugement sur les solutions que les gouvernements proposent d’y apporter. Comme lors des « deux minutes de la haine » décrites dans 1984, les journaux télévisés jouent le rôle de « canaliseur » du corps social en lui fournissant les amalgames nécessaires à la colère du peuple.

Face à cette tension sans cesse renouvelée par de nouveaux drames mis en avant dans les médias le gouvernement se trouve alors en capacité de faire accepter à l’opinion publique des lois absolument liberticides au nom même de la liberté. Le fichage ADN en est une des plus dangereuses qui pourtant, dans la réalité, ne sauraient être d’aucune utilité à une quelconque amélioration de la sécurité des peuples. Pas besoin ni d’être un grand scientifique pour prouver mes dires, ni même d’une intelligence supérieure ; mais simplement de regarder les choses en face. Et regarder les choses en face, c’est juste se poser la question : que se passera-t-il une fois le fichage ADN mis en place ? les terroristes terroriseront-ils moins, les violeurs violeront-ils moins, les tricheurs tricheront-ils moins ?

Il suffit pour répondre de se mettre un peu à la place de ces derniers.
Les terroristes capables de se tuer pour accomplir leurs actes n’ont que faire d’un quelconque fichage, et rien dans l’ADN ne peut permettre de reconnaître un terroriste d’un autre individu.
Un violeur est paraît-il victime de pulsions, mais sait pourtant bien ce qu’il risque en accomplissant ses méfaits : ça n’a jamais empêché ni les meurtriers ni les violeurs de le faire, quand bien même la torture et la mort leur sont promis.
Les tricheurs sont dans le principe invisibles, car autrement ce ne sont que de piètres tricheurs. De tous temps ils échappent aux contrôles de toutes les mesures prises à leur encontre, et il ne peut en être autrement ; ceux qui fixent les règles du jeu étant d’ailleurs toujours les plus aptes à les déjouer.

Par contre, ce qui serait rendu possible avec ce fichage ADN, c’est de répertorier la population dans son ensemble, et d’être en mesure de la contrôler. Cela excepte les catégories susmentionnées, mais englobe le petit peuple. Celui qui serait capable de contester, voire d’appeler à la révolte. Car ce ne sont pas les actions individuelles qui seront menacées par l’établissement d’un tel fichage, mais les mouvements de masse. Couplés à une puce RFID, un gouvernement autoritaire serait en mesure d’établir sur les peuples un contrôle et une surveillance quasi absolus.

Les regroupements ethniques seront utilisés pour stigmatiser certains types de population, et les « fichés ADN » pourront à terme être directement surveillés par les milliers de caméras consultées par des délateurs en puissance qui, peur et haine à l’appui, s’empresseront de dénoncer tout comportement suspect ; surtout s’ils sont rémunérés pour cela, comme l’envisage l’Angleterre par l’intermédiaire de certains sites. On réglera l’immigration, et aussi l’émigration, en autorisant ou pas certains potentiels « terroristes » à certains déplacements, jusque sur le territoire national s’il le faut.

Bien sûr tout cela n’est que fantasme, et sans doute les volontés du gouvernement sont fort louables… mais alors, pourquoi, pourquoi personne ne s’interroge sur le fait que nos « élites » soient dispensées de se soumettre aux mêmes règles que celles auxquelles elles soumettent le peuple ? comment se fait-il que nos dirigeants se scandalisent devant le pouvoir d’internet qui, parfois, les montre dans des situations plus qu’embarrassantes, et autorisent pour les autres ce qu’ils ne sont pas prêts à accepter pour eux-mêmes ?

Et surtout, pourquoi personne ne le fait remarquer ? nos dirigeants seront-ils, comme dans 1984, les seuls à pouvoir échapper au contrôle total, et à pouvoir débrancher leur « télécran » sans risque de voir débarquer chez eux la police de la pensée ?

 

 

caleb irri

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droite et gauche, même combat !

Posté par calebirri le 9 octobre 2009

Ça fait un moment déjà que je me pose cette question : pourquoi, alors qu’ils défendent plus ou moins les mêmes idées, la droite et la gauche sont encore deux partis distincts ?

Car en définitive c’est comme dans un parti unique : tous ne sont pas d’accord entre eux sur tout, mais ils proclament la même idéologie : le libéralisme.

Cette réflexion m’est revenue au rappel de la fabuleuse histoire de la privatisation de France-Telecom, entamée par Rocard…qui avait promis de ne pas le faire. Et puis « l’affaire » Mitterand : on tire sur l ennemi, et on soutient le collègue. Quelle belle démocratie en apparence : les insultes pleuvent, les provocations, les petites phrases. Oui, la liberté d’expression joue son rôle, c’est la démocratie qui s’exprime…librement !

Mais en réalité tout cela n’est que poudre aux yeux ; comme Sarkozy qui soutient les restructurations au nom de la tenue des déficits ! comme si on était à quelques milliards près, au point où nous en sommes !

Non tout ceci n’est pas sérieux. Encore un jeu de dupes où le peuple se fait berner. Pourquoi ?

Expliquons. Que se passerait-il si le PS fusionnait avec l’UMP ? je veux dire concrètement, dans la démocratie. On assisterait alors à l’avènement d’un parti unique, n’est-ce pas ? Hou, cela fait peur un parti unique, cela rappelle des heures sombres, comme le diraient la droite comme la gauche !

Mais comment faire autrement pour saturer les médias ? leurs petites querelles stériles et qui prennent tant de place dans les journaux, et qui ne cessent de polluer l’information par leur omniprésence, leurs permettent de focaliser sur eux l’intérêt que le peuple devrait avoir sur le monde en général, sur les véritables problèmes qui minent la société.

Réfléchissons plus loin : que faire sans un ennemi intérieur sur qui taper ?  L’apparence démocratique est à ce prix, car il faut que le peuple continue de croire qu’il a le choix, pour ne pas qu’il voit que les deux travaillent ensemble… un Etat dans lequel il n’y a pas d’ennemi politique empêche le débat, et donc le choix : la démocratie est représentée par ce choix, cette alternative… réalisée dans les faits par l’alternance politique.Comme pour le coup des privatisations, l’alternance des pouvoirs permet de réaliser de grandes choses en endormant les militants d’un camp comme de l’autre : Rocard ouvre le capital de France-Telecom aux deniers publics seulement (en 1990), et puis promet (cela à la suite d’une directive européenne votée en 1988 sous Chirac). ensuite, en 1996 (Juppé) le camp adverse, prépare par le vote d’une loi la transformation de France-Telecom en Société Anonyme, genre « on est désolé, la promesse des dirigeants précédents ne tient plus, son gouvernement a mis l’entreprise, le pays en difficulté, il nous faut des sous, rentabilité et tout et tout, on ouvre un peu plus, mais pas complètement ».  Pour qu’enfin le capital du gouvernement se trouve en 2004 (Raffarin) sous la barre des 50%, la privatisation devenant complète à ce moment.

Voilà comment cela se déroule : chaque gouvernement successif participe (de mauvaise grâce?) à ce qui semble être un déchirement moral. Chacun rejettera ensuite la faute sur l’autre camp, de sorte qu’en quelques années, l’un après l’autre, les gouvernements quels qu’ils soient réussissent de concert à faire ce qu’ils pourraient presque sembler avoir prévu d’accomplir ensemble.

Ensuite, bien incapable se trouve le quidam de parler du sujet sans se fourvoyer politiquement…….et mentalement : en attaquant le point d’arrivée (la privatisation), il sera contraint inévitablement de critiquer son propre camp, ce qui ne se saurait se faire sans en rougir!

on pourrait penser que le plus simple serait donc pour nos gouvernants de laisser les choses ainsi, du moins pour le moment : ils s’arrangent en amont, ensemble, pour décider, par exemple de privatiser la poste : ça va se disputer un peu, il y aura quelques gèves ou manifestations,et puis dans quelques années on rejouera la même : c’est la faute à l’Ump, c’est la faute au PS….et blablabla.

Nous le savons pourtant qu’ils se connaissent bien ! ils ont fait les mêmes écoles, se tutoient dans les couloirs des assemblées, et jouent ensemble au même jeu des chaises musicales depuis si longtemps qu’ils ont appris à perdre ou à gagner…ensemble.

Mais heureusement, notre chef a semble-t-il décidé de stopper l’hypocrisie, et parfois j’ai bien peur qu’il ne le fasse vraiment (voir l’article « non le président n’est pas un menteur« ). « L’ouverture » qu’il préconise est comme le prélude au grand rassemblement qui viendra. Certains le nomment « Union-Sacrée » et elle se réalise généralement en temps de grand danger pour la patrie… ou pour établir un régime autoritaire.

Mais bien sûr je dois encore fantasmer, car tout cela se passait avant, il y a très longtemps, lorsque les employés dénonçaient les étrangers, et qu’on les mettaient dans des camps, afin de les envoyer dans des lieux pour y mourir… rien à voir avec aujourd’hui!

 

caleb irri

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