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la division du travail et la concentration des pouvoirs

Posté par calebirri le 30 septembre 2009

La division du travail a longtemps été considérée comme un des bienfaits du capitalisme, car elle rendait possible à la fois une augmentation de la productivité et une hausse de l’emploi. « Démocratisée » par Ford, elle permettait de payer convenablement les ouvriers travaillant à la chaîne, tout en s’assurant ainsi un retour sur ces salaires par l’intermédiaire de la consommation.

Le principe de la division du travail est simple, il consiste à découper une activité (comme la construction d’une voiture par exemple) en plusieurs postes distincts, ce qui implique pour l’ouvrier une plus grande dextérité acquise avec l’expérience, voire même la possibilité d’effectuer des avancées technologiques favorisant la productivité. Un ouvrier travaillant au même poste durant trente années devient inévitablement plus rapide, et finit par acquérir une sorte d’optimisation de ses gestes, de son positionnement, afin qu’il lui soit possible de faire le maximum de travail avec un minimum de contraintes.

Lorsque le système a été mis en place, il constituait par la relative bonne tenue des salaires et les possibilités de rendements une avancée non seulement économique, mais aussi sociale : nombreuses étaient les personnes se précipitant pour obtenir un poste, le tout fonctionnant somme toute assez correctement durant un bon nombre de décennies. Mais la science des hommes toujours avançant, et les besoins de profits se faisant toujours plus pressants, c’est peu à peu que l’homme fut mis en concurrence avec la machine, en ce sens que non seulement il fallait s’adapter à la machine permettant l’activité à un poste donné, mais aussi continuer à produire plus que ce que ferait une nouvelle machine susceptible de remplacer l’homme à son poste. On réussit ensuite à déterminer la vitesse minimum qu’un poste devait fournir, en augmentant les cadences et en perfectionnant encore le système par la mise en place de la « parcellisation » de tâches. En élargissant l’application de ce système aux administrations, au tertiaire, au monde du travail dans son ensemble.

Bientôt les conditions de travail se hiérarchisèrent de plus en plus, et se durcirent au point de détruire chez l’homme toute vision globale de la tâche qui lui était dévolue. La division du travail a peu à peu multiplié les cellules, et le travail est devenu à la longue une de celles-ci, l’homme s’étant transformé en une sorte de simple connexion entre les différents éléments d’une tâche complexe.

Mais en visant toujours plus de productivité, le monde capitaliste n’a pas seulement contribué à l’exploitation de la force de travail des hommes, il s’est en même temps arrogé le droit de concentrer tous les pouvoirs entre ses seules mains.

Tout d’abord, en supprimant à l’homme la vision « globale » du travail auquel il participe, il lui a ôté la possibilité de comprendre le but de son activité, et ainsi l’hypothétique conscience de sa propre exploitation.

Ensuite, l’augmentation continuelle des cadences auxquelles il est assujetti et la répétition infinie de la même tâche effacent et annulent lentement toutes les possibilités de pouvoir en faire d’autres, et même de le vouloir.
La division du travail abrutit les corps et les esprits, car les avancées techniques sont désormais prescrites par la direction, et les cadences par les calculs des « ingénieurs » au service du profit.

 

enfin, la division du travail a pour conséquence une sorte de « foi » en l’individualisme. A force d’avoir découpé le travail en séquences très courtes et très spécialisées, chaque individu se trouve centré sur lui-même et l’activité qu’il exerce. seuls ses propres résultats comptent, et son niveau de vie dépend de son propre mérite (sa « productivité »). Au bout de cette division règnent l’égoïsme et la concurrence, qui sont les apanages du capitalisme.

Le capitalisme est devenu le seul « grand ordonnateur » du monde du travail, et empêche toute contestation de sa méthode de gouvernance par l’opacité, par les murs dressés entre chaque poste de travail. Certains fonctionnaires travaillent à une tâche définie toute leur vie, parfois sans avoir aucune idée des conséquences de leur travail, ni la place de celui-ci dans le processus de production.

En ces temps de crise que nous traversons, on s’aperçoit à quel point les employés sont attachés à leur emploi, quand bien même celui-ci est asservissant et mal payé. Le côté financier est essentiel, mais nombreux sont ceux déclarant « ne rien savoir faire d’autre » ; et pour cause, la division du travail leur a ôté toute possibilité d’évolution et de compréhension globale. Enfermés qu’ils étaient dans la répétition et le respect des cadences, ils en ont oublié jusqu’à la possibilité que cela pouvait s’arrêter. et pire encore, qu’il pouvait y avoir d’autres moyens de produire, d’exister même.

 

la mondialisation est l’aboutissement de cette division du travail, dans laquelle l’homme est devenu un simple pion interchangeable et déshumanisé, au pied d’une gigantesque pyramide dont le sommet est formé de très peu d’hommes.  Ces derniers concentrent entre leurs mains les pouvoirs de vie et de mort sur une multitude d’individus empêtrés dans leur spécialité, dans leur langage, dans leurs horaires, dans leurs lieux d’habitations ou de travail. ce ne sont plus des murs mais des abîmes qui séparent désormais les individus, tous tournés sur eux-mêmes, et qui finissent par ne même plus pouvoir, ni vouloir se comprendre… Le rassemblement n’est pas pour demain!

 

caleb irri

 

 

Publié dans le travail, mondialisation, Non classé, progrès technique | Pas de Commentaire »

vous reprendrez bien un petit peu de crise ?

Posté par calebirri le 20 septembre 2009

Non, la crise n’est pas terminée… même si les bourses remontent et que les chiffres font mine de dire que tout s’arrange (exemple de la balance extérieure de l’Europe ou de la croissance négative moins forte que prévue), en réalité rien n’a changé. Le résultat positif de la balance est lié à la baisse des importations (et donc de la consommation européenne), et une croissance négative ou faible est au mieux de la stagnation.

Il y a beau jeu pour les gouvernements à jouer de la langue de bois, ou de marteler des contre-vérités jusqu’à les inscrire dans le plus profond des âmes. Nier la différence fondamentale qui existe entre l’économie réelle et les chiffres statistiques permet de mélanger les chiffres artificiels créés par la spéculation et leur rapport avec la réalité..

Mais lorsque les populations n’auront plus de travail il y aura beau faire grise mine, la réalité finira bien un jour par rattraper les chiffres. Car qu’on le veuille ou non, le capitalisme suit ses propres règles, dans lesquelles sa chute est inscrite
Le seul objectif de tous les plans de sauvetage, G20 et autres « moralisations » capitalistes n’est pas d’empêcher cette chute, mais de retarder l’effondrement final, pour laisser le temps aux gros de se mettre le plus d’argent de côté (en précipitant la future chute), et aux dirigeants de s’organiser, c’est à dire de préparer ce qui suivra l’inévitable chute du capitalisme.

Comme le disait le philosophe Alain Badiou dans l’émission « là-bas si j’y suis », l’hypothèse communiste n’est qu’une hypothèse parmi tant d’autres.

Et comme il le prétend également, il est impossible de faire tomber le capitalisme sans avoir quelque chose d’autre à proposer derrière. La division du travail, la propriété privée, la « valeur travail » ne sont que des émanations du capitalisme, mais les choses pourraient être autrement. Il ne fait bien sûr à aucun moment allusion à une autre hypothèse, mais on pourrait très bien en émettre une autre, le « nouvel ordre économique mondial », que certains dirigeants appellent désormais publiquement de leurs voeux. Sur ce que signifie ce terme il est difficile de se prononcer car les allégations sont nombreuses et souvent contradictoires.

Cela ne remet en rien en cause le fait que face à l’effondrement du capitalisme (nombreux sont les économistes à annoncer la catastrophe tant le décalage qu’il existe entre la réalité et les chiffres est énorme). Certains dirigeants veulent un nouveau « Bretton Woods », d’autres la limitation des rémunérations, et d’autres encore souhaitent la fin des paradis fiscaux, ou l’établissement d’une nouvelle monnaie unique mondiale (voir Louis Gill) comme il avait été proposé par le « Plan Keynes » en 1944 en compétition avec « Bretton Woods ».

Oui le pire travail est en plus le moins bien payé. Qui s’en plaint ? les pauvres. Mais qui les entend ? personne. Regardons les suicides… le plus inquiétant est sans doute qu’ils en arrivent à se suicider plutôt que d’imaginer de se mettre en grève ou de se révolter. Cela signifie qu’ils sont parvenus à considérer la « valeur travail » plus comme une fin que comme un moyen. Et cela constitue une réussite majeure du conditionnement mental des hommes, en relation avec la spiritualité, pour servir l’économie : les hommes ont réussi à se persuader que le travail est un bien suprême à rechercher pour se définir en tant qu’être humain. Il est devenu « moral » de vouloir travailler, quand il y a quelques siècles la réussite se définissait dans l’oisiveté.

Alain Badiou regrettait le fait que les intellectuels d’aujourd’hui étaient assujettis au pouvoir, alors qu’auparavant les intellectuels avaient le pouvoir de soumettre les gouvernants. Car des éléments fondamentaux de la politique capitaliste reposent avant tout sur une idéologie, ce qui est l’apanage des intellectuels, et dont se sont ensuite réclamés les politiques en appliquant à la réalité économique certaines valeurs comme la démocratie, ou la division du travail. Si certains penseurs ont pu faire admettre que la division du travail était un progrès pour l’humanité, cela prouve bien combien les intellectuels sont nécessaires pour réformer le monde…

C’est pourquoi les intellectuels d’aujourd’hui ont le devoir et la lourde tâche de penser le monde et les rapports dans la société d’une manière différente, et qui fasse contre-poids à l’idée que les puissants sont en train de mettre en place. Il faut que la nouvelle génération se remette à penser autrement, en se détachant de l’emprise de notre monde actuel, en cessant de se fermer les yeux sur la complexité de la tâche. Car si nous ne faisons rien, nous ne serons pas en mesure de dire non à la seule alternative qu’on voudra nous imposer.

 

L’hypothèse communiste est une voie, celle du nouvel ordre mondiale en est une autre. A nous d’en choisir une qui nous convient. Car la crise va revenir, et cette fois-ci les puissants seront prêts. Pourquoi les laisser décider de la seule alternative ? il est bien évident maintenant que les partis politiques ne nous serons d’aucune utilité. Il faut donc que les penseurs, c’est à dire tous ceux que le sort de la société intéresse, soient en mesure d’inventer une nouvelle forme d’échanges, en établissant pour cela une nouvelle philosophie plus en accord avec les valeurs qui sont celles de la majorité, c’est à dire celle des pauvres.

 

caleb irri

Publié dans argent, crise, le travail, misère, philo, politique? mensonges, révolution? | Pas de Commentaire »

plus de réformes… pour cacher plus de scandales ?

Posté par calebirri le 19 septembre 2009

Petit à petit les masques tombent.  Les deux derniers exemples en date sont les conséquences de certaines lois votées le plus rapidement possible et dont les effets ne se font pas attendre… Après le sauvetage in-extremis de la Scientologie, voilà que la suppression du juge d’instruction va permettre de blanchir les acteurs des « biens mal acquis ».

Lorsque le gouvernement sort de son chapeau une nouvelle réforme, de nombreux contradicteurs émettent régulièrement leurs objections, et certains spécialistes semblent  parfois à même de prouver les potentielles conséquences de certaines lois. D’autres s’interrogent aussi sur la rapidité avec laquelle elles sont votées puis mises en oeuvre, et dans quel but réel.

Les uns sont présentés comme des contestataires, et les autres comme les suppôts des conspirationnistes… Mais si les deux avaient raison ?

Car pour les premiers, ils critiquent les dangers que représentent certaines réformes, et les seconds ne voient dans les actions du gouvernement qu’une tentative de tromperie organisée.
Mais les lois liberticides qui sont petit à petit instaurées tournent en boucle avec la tromperie : certains tentent pour contester une voie qu’ils croient encore démocratique, et utilisent pour ce faire les outils à leur disposition. Le gouvernement peut donc parfois se retrouver en conflit avec un lobby puissant tel que la scientologie, par le biais d’un procès de contestataires par exemple…Pour ne pas avoir à affronter de tels procès, il faut donc au gouvernement modifier la légalité, et parfois il faut faire vite. La contestation se fait ensuite plus vive, et oblige peu à peu ce dernier à adopter de plus en plus de lois liberticides…

Le gouvernement se trouve donc acculé à aller toujours plus vite, et toujours plus fort. Au fur et à mesure que les injustices les plus flagrantes sont découvertes, les uns et les autres se rendent compte dans les faits de l’entourloupe dont ils ont été victimes.

La loi Hadopi va à terme empêcher la contestation démocratique, et en même temps sans doute permettre de protéger les propagandistes gouvernementaux, par un article de loi voté en catimini à l’intérieur de celle-ci, et nous n’y aurons vu que du feu.

Le bouclier fiscal censé soutenir la consommation et la fiscalité nationales sont le moyen pour les riches de conserver leur argent, l’aide aux banques la possibilité de continuer à faire travailler plus cet argent, pour gagner plus.

La politique est à l’image du Parti socialiste, une vaste tromperie organisée : comme le Patriot Act américain a été le moyen de supprimer de nombreuses libertés aux citoyens en offrant de plus grands pouvoirs aux dirigeants, comme la crise a été le moyen de supprimer des postes tout en justifiant l’annulation de la taxe professionnelle, comme la grippe A est le moyen de tenir la population sous une surveillance accrue, on envisage peu à peu l’objectif du gouvernement : nous asservir toujours un peu plus, d’une part pour que nous ne puissions plus contester, d’une autre pour cacher au peuple l’enfer économique et social dans lequel ils nous ont plongé.

Des scandales il y en aura bien encore, mais ils seront bientôt tous protégés par la Loi, et il sera impossible de juger les responsables par les voies légales… ceux qui utiliseront les autres seront les futures victimes des nouvelles  réformes qu’ils auront contribué à justifier, et profiteront les premiers des nouvelles dispositions de la nouvelle loi sur les prisons…

Et avec un peu de chance, les responsables de ces réformes que nous réussirons encore à attraper auront pris soin de se protéger eux-mêmes des conséquences de leurs lois, et disposeront peut-être d’une prison en or, ou d’une immunité qu’ils auront subrepticement voté en même temps…

 

caleb irri

Publié dans double coup, la démocratie, politique? mensonges | 1 Commentaire »

Et si Hortefeux n’était pas si bête…

Posté par calebirri le 12 septembre 2009

Oh le beau scandale que nous offre Brice Hortefeux ! de quoi se régaler pendant au moins une semaine… plus de grippe A, plus de lois liberticides, plus de licenciements, le nouveau « buzz » de l’UMP fait un carton !

On s’agite à droite comme à gauche, certains exigeant la démission, d’autres démentant les accusations, et la plupart quelque peu gênés aux entournures… car les précédents racistes sont nombreux, et pas qu’à droite ; si Hortefeux démissionne, cela remettrait la tête de pas mal de ses collègues sur le billot.

Mais ne nous emballons pas : le ministre ne va bien sûr pas démissionner, et toute cette vilaine affaire va vite retomber dans le néant, sans faire ni de morts ni de blessés. Comme le disaient justement deux journalistes sur France-info, les hommes politiques sont aujourd’hui assez au courant et de l’ambiance qui règne aujourd’hui au sujet de l’humour « racial », et de leur continuelle exposition aux médias, qu’ils soient officiels ou non.

D’autant que si j’ai bien compris et bien vu, le ministre et ses compères posaient ostensiblement face objectifs, et devant une multitude de spectateurs… sans compter les caméras de la chaîne parlementaire LCP, qui après avoir refusé de passer la vidéo (c’est là que j’en suis pour le moment), a décidé de la passer dans son intégralité.

Alors après tout, il y a peut-être une autre explication que la simple « boulette » derrière tout ça, qui serait comme l’expression de la subtilité de notre gouvernement. Je m’explique : en émettant de tels propos, le ministre de l’intérieur savait sans doute le « buzz » qu’il allait créer, et ainsi lancer un débat national sur ce qu’il est juste ou pas de faire et de la part des journalistes, et de celle des politiques. Et oui, est-il interdit de faire des blagues dans ce pays ? il semble que les affaires concernant l’humour puissent établir les bases d’une réflexion concernant la liberté d’expression. Car s’il est possible qu’un homme politique soit démissionné pour de l’humour, que faire de tous les agitateurs qui se retranchent derrière l’humour pour critiquer les hommes du gouvernement ?

Et voilà que vu sous cet angle, le gouvernement soit en passe de faire un grand coup de communication qui est loin d’être stupide, car en agissant ainsi il va pouvoir faire la distinction entre « humour » et « insulte ». Le ministre ne démissionnera pas en se retranchant derrière l’humour comme légitime liberté d’expression , et en même temps créera une sorte de limite virtuelle dont le gouvernement pourra jouer pour attaquer tout abus de langage non considéré comme de l’humour. Ensuite, il deviendra alors plus facile de contrôler l’expression de certains « gêneurs » en prenant le cas Hortefeux comme une sorte de « jurisprudence » de la morale.

De plus, cette limite virtuelle laisse une forte place à l’interprétation ce qui, en ces temps de « rassemblement » des pouvoirs, peut faire craindre un certain recul de la liberté d’expression. Comme les journaux qui ont refusé de passer la vidéo qu’ils détenaient, ils peuvent autant se réfugier derrière cette liberté qu’on peut les accuser d’allégeance au pouvoir.

Mais ce n’est pas tout, et c’est là sans doute le plus beau coup de cette mascarade : après cet évènement, il semble qu’on pourra plus facilement, à l’avenir, se permettre de faire « beaucoup » d’humour dans les rangs des politiques, surtout si c’est à propos des Arabes, une communauté stigmatisée comme une autre l’était à une époque que l’on croit parfois révolue. Mais souvenez-vous les livres, les articles, les pamphlets, les blagues et les caricatures qui fusaient sur les Juifs après 1929, que l’on accusait (sans doute pour rire là-aussi) de tous les maux de la société. A force de se répéter les bons mots de certains communicants en vue, les petites blagues se sont tellement ancrées dans le peuple qu’elles finissent encore aujourd’hui par créer « le gang des barbares ».

Après, on peut toujours gloser sur la réalité (ou non) du racisme du ministre de l’intérieur, mais une chose est pour moi plus que certaine : cet homme est loin d’être un imbécile.

 

caleb irri

Publié dans double coup, immigration, medias, sarko | 1 Commentaire »

le vote, la triche et la démocratie

Posté par calebirri le 11 septembre 2009

Le droit de vote est considéré par la plupart comme le sommet de la civilisation, et le symbole même de la démocratie. Avancée majeure dans l’histoire des droits concédés aux peuples, nos aînés se sont battus corps et âme pour obtenir ce droit, que l’on considère même dans certains pays comme un devoir.

Pourtant, l’actualité nous montre un visage bien différent de l’utilisation du vote, non pas du fait du peuple, mais des candidats aux élections.

En Afghanistan, au Gabon, en Iran, et même aux Etats-Unis (pour ne retenir que les cas qui ont de l’importance au sein de notre petite France), les élections sont entachées de suspicions, d’accusations de tricherie. Bien entendu ces accusations font polémique, et se font face suivant le camp auquel on appartient.

En France, le fait de ne pas aller voter est encore vu par la génération précédente comme une erreur citoyenne grave, comme si le dégoût que ces tricheries provoque chez certains citoyens était une insulte à la démocratie. Mais ne voient-ils pas, tous ces pourfendeurs d’abstentionnistes, que le vote n’est pas la condition préalable à la démocratie ? et même, pour aller plus loin encore, que la démocratie est peut-être la condition préalable au vote libre ?

Regardons un peu les élections du PS, dont on parle abondamment ces derniers jours. Jusque dans les profondeurs de certains bureaux obscurs, on triche, on trafique et on ment. Les batailles pour le pouvoir se glissent jusque dans les chaussettes, ou dans des enveloppes, rangées à côté de quelques euros…

Ces mêmes personnages, candidats à des postes qu’ils obtiennent par duperies, sont ceux qui ensuite vont faire la morale aux petites gens qui ne déclarent pas leurs deux postes de télé, ou qui rechignent à payer leur place de stationnement. Ceux-là mêmes qui se veulent les exemples et les émanations de la démocratie sont englués dans de vilains petits comptes d’apothicaires, et sont ensuite capables de vous regarder droit dans les yeux en allant presque jusqu’à refuser de discuter avec celui qui ne vote pas.

Honnêtement, à quoi bon continuer à se leurrer ainsi ? même lorsqu’un scrutin n’est pas sujet à suspicions, il n’est pas pour autant le fruit d’une volonté éclairée, ou tout du moins considéré comme tel s’il ne correspond pas à la volonté des décideurs, comme on a pu le voir lors du référendum français sur le traité de Lisbonne : rejeté par une majorité de français, le gouvernement a préféré ne pas en tenir compte pour pouvoir le refourguer quelques mois plus tard à un parlement soumis ou aveugle, mais qui l’a voté contre l’avis des français. Un autre référendum va avoir lieu dans quelques semaines en Irlande, et il sera très difficile pour les partisans du « non » de faire entendre leur voix face à un déferlement médiatique en faveur du « oui ». et pour cause, les dirigeants de l’Irlande n’ont pas vraiment le choix : que les tricheries soient de mise ou pas lors de ces élections, on sait bien que le « oui » doit l’emporter, et l’emportera ; et tant pis pour la démocratie !

De toutes les manières, l’Europe dont nos gouvernants rêvent se fera avec ou sans l’Irlande, et rien que cette possibilité devrait être en mesure de faire plier les plus récalcitrants, qu’ils soient en conscience pour ou contre « cette » Europe. Que dire de plus? que nous ne sommes déjà plus en démocratie ?

Sans doute n’y avons-nous jamais été, et c’est bien là ce qui fait le plus mal à entendre. Les citoyens préfèrent croire que leur vote est légitime car cela leur donne l’impression de décider des politiques entreprises, quand bien même elles ne correspondraient pas à leurs attentes. Et puis après tout, les candidats sont élus sur des programmes, pas sur leurs actions. Quand Hitler jurait ne pas vouloir la guerre, beaucoup l’ont cru, ou ont bien voulu s’en persuader. Une fois élu et aux commandes, ils font bien ce qu’ils veulent, non?

Et nous, nous avons toujours le loisir de nous plaindre ou de critiquer : on nous répliquera qu’il fallait mieux voter ! et attendre les prochaines élections pour nous faire entendre…

 

caleb irri

Publié dans la démocratie, la pensée du jour, politique? mensonges | 1 Commentaire »

la guerre approche : mais contre qui ?

Posté par calebirri le 10 septembre 2009

Dans un précédent article, j’évoquais le fait que la crise économique engendrait au sein des Etats des replis protectionnistes, et qu’il était fort possible que, face à un chômage toujours grandissant et un climat social tendu, les Etats se trouvent acculés d’une part à construire des armes, et d’une autre à vouloir les vendre ou  les utiliser.

L’idée que la misère soit la cause des guerres n’est ni nouvelle ni contestable tant les exemples historiques sont nombreux pour appuyer cette vérité : quand les ventres ont faim, on cherche le coupable, et le gouvernement se trouve souvent être le premier visé. Mais le gouvernement, lui, possède la force de détourner cette colère sur ce qu’on appelle un bouc-émissaire, qui se trouve être, la plupart du temps, « l’étranger »(un peuple ou une communauté).
Mais si malgré tout la situation économique ne s’améliore pas, la seule alternative à un gouvernement qui veut rester en place, c’est de mettre tout le monde au travail, de gré ou de force, à un projet nécessitant de forts investissements. Et s’il n’y a plus de travail dans le commerce (en plus on s’est fâché avec de nombreux anciens partenaires) construire des armes est une opportunité économique intéressante : on fait mine de sécuriser la nation à la fois face à l’ennemi désigné tout en se protégeant des tensions intérieures. Ces armes produites, on les vendra si le besoin de les utiliser ne se fait pas sentir. et si on doit les utiliser, ce sera toujours des chômeurs en moins.

Car pour justifier l’ennemi et autoriser le réarmement,  il faut que cet ennemi paraisse puissant, et agressif. Mais  il faut aussi que les Etats  trouvent des alliances, car à force de ratisser toujours  plus large  on finit par faire se rassembler ceux qui se ressemblent, et qui commencent à vous en vouloir, en masse.C’est là que nous en sommes actuellement.

De nombreux articles sortent ces derniers jours, qui montrent à quel point le business de l’armement est florissant malgré la crise économique. Et surtout à quel point les alliances économiques et militaires qui se nouent en ce moment sont en train de bouleverser les relations géopolitiques de la planète.

Bien sûr l’idéologie est une donnée majeure de ces alliances, mais le côté économique est loin d’être absent de ces relations.

Que constate-t-on aujourd’hui :Chavez fait une tournée dans tous les pays « ennemis » des Etats-Unis, et ce après  que la Colombie a accepté l’ouverture de ses bases militaires aux américains. Allié à l’Iran pour le pétrole , aux Russes pour le gaz, le réarmement a fortement repris en Amérique Latine. Face à cette montée en puissance, on voit le Brésil se prenant au jeu, en voulant défendre son territoire contre tout danger potentiel à travers des contrats comme avec la France…et l’échange de technologies. Se laissant ainsi la porte ouverte à de nouvelles alliances le moment opportun. On sait aussi que le Brésil a découvert près de ses côtes un gisement pétrolier qui, s’il s’avère à la hauteur des espérances, le propulserait au niveau des plus grands producteurs d’or noir… une place pas si facile à posséder sans être l’objet de convoitises vue la situation au Moyen-Orient.

On sait également que l’Afrique a elle aussi son rôle à jouer, et l’Europe se bat en sous main pour garder le contrôle de ses anciennes colonies, que se disputent actuellement la Chine et l’Amérique latine.

Et puis il y a les Etats-unis, qui vendent plus d’armes que tous les autres, mais à des pays bien différents de ceux aidés par les Russes ou les Chinois. Car quand on voit comment doivent se terminer les relations entre la Chine et les Etats-Unis vis-à-vis du dollar, on sait bien qu’à un moment ces deux géants se trouveront confrontés à un problème majeur ne pouvant certainement se régler que par la force, à moins que de s’allier au détriment de leurs peuples respectifs… ce qui n’est peut-être pas encore décidé, et qui doit faire l’objet des négociations actuelles.

Car il ne faut pas croire que les alliances soient définitives ni complètement arrêtées. Quand on voit de quoi ont été capables les russes (pour ne parler que d’eux) lors de la seconde guerre mondiale, on se doute bien que les alliances sont volatiles, et que les décideurs sont moins stupidement fidèles qu’on voudrait bien l’espérer : il ne fait presque aucun doute que leurs états-majors parlent entre eux de la façon de régler tous les problèmes qui se profilent à l’horizon, et tout ne doit pas être simple.

Pas simple du tout même, car les alliances ne peuvent être faites sans arrières-pensées nationalistes : les gouvernements restent encore quelque peu dépendants de ce que l’on appelle « l’opinion publique », et transformer dans l’ombre toutes les anciennes alliances est quelque peu délicat. On s’aperçoit néanmoins que les choses bougent, de manière discrète, ou plutôt détournée : les enlèvements de ressortissants étrangers (Clothilde Reiss), la libération de certains personnages (Abdelbaset al-Megrahi) , l’affaire de l’Artic-Sea, tous ces « petits couacs » diplomatiques sont souvent plus révélateurs qu’il n’y parait. derrière eux se cache la marque de pressions, de preuves de bonne volonté ou de tractations diplomatiques intenses.

Pour le moment donc, on ne peut évidemment pas se faire une idée juste de ce qui se trame derrière le dos des peuples, et sans doute tout cela est en cours de négociations.

Mais une chose est sûre cependant, c’est que les Etats s’agitent beaucoup ces derniers temps, et que les armes finiront bien un jour par parler.

En attendant, chacun tente tout de même d’assurer ses arrières, en tentant de préserver et son approvisionnement énergétique, et sa relative indépendance… il est loin le temps de Salammbô et des guerres puniques ! la guerre est bien plus longue à préparer, et les relations sont beaucoup plus compliquées…

En revanche, les raisons n’ont toujours pas changé :  les désirs de richesse et de pouvoir de quelques uns finissent toujours par entraîner les peuples dans des conflits qui ne font que leur nuire, et souvent qu’ils ne souhaitent même pas.

 

caleb irri

Publié dans misère, mondialisation, relations internationales | 2 Commentaires »

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