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le riche, le pauvre et le sage

Posté par calebirri le 31 juillet 2009

On divise souvent le monde entre deux catégories qui s’opposent, à savoir les riches et les pauvres… en oubliant systématiquement une troisième catégorie formée par ce qu’on pourrait appeler les sages. Tous trois à la recherche du bonheur, les deux premiers sont les seuls à ne pas pouvoir l’atteindre, et ce pour les raisons qui vont suivre

Tout d’abord, il faut dire que le riche comme le pauvre imagine trouver ce bonheur par l’intermédiaire de la possession matérielle, autrement dit par l’accumulation de richesses.

Que ce soit de naissance ou par accumulation, le riche se rend compte peu à peu que la satisfaction de ses besoins n’est jamais réellement atteinte, et qu’il ne parvient jamais à au bonheur auquel il prétend. Il s’illusionne sur l’espoir que l’accumulation de ses richesses n’est donc pas suffisant, et veut croire à tout prix qu’une richesse infinie est le comble du bonheur, en confondant la notion du bonheur avec celle du plaisir.

Seul le possesseur de richesses infinies peut entrevoir la futilité des biens matériels, car il s’apercevra au bout de sa quête qu’il n’est pas plus heureux avec tout qu’avec peu. D’ailleurs, il n’est pas rare que les très riches semblent parfois un peu fous, ou totalement dépressifs : c’est qu’ils sont arrivés à un tel niveau de possession que soit l’argent a fini de les dégouter, soit que ce qu’ils sont devenus dégoutés d’eux-mêmes, ayant senti mais pas encore compris leur erreur.

Les pauvres, eux, sont également en recherche d’accumulation de richesses, mais leur potentiel de réussite est faible (hérédité sociale, volonté non accomplie, endormissement des consciences…). pour eux, le bonheur est à portée de main, car les chemin est long et les avancées nombreuses. Chaque marche escaladée dans la possession matérielle est un semblant de bonheur,  et la fin du chemin est si loin qu’ils y peuvent encore rêver longtemps. Pour eux, l’illusion du bonheur est bonheur, car ils n’envisagent même pas le fait que la possession de tout signe l’échec de leur rêve. La dépression les touche beaucoup moins, car le temps passé à la recherche (ou à l’attente) du bonheur est autant de temps en moins passé à réfléchir à ce qu’est le bonheur.

D’ailleurs, il est probable qu’en fin de vie, plus nombreux doivent être les pauvres s’estimant avoir une une vie heureuse, car les riches sont plus proches de la conscience de l’échec de leur rêve de bonheur (et ce malgré la réussite de leur accumulation), ce qui remet en question tout leur chemin. Celui qui meurt en croyant que la fin du chemin est un paradis sera plus proche du bonheur que celui qui est allé au bout du chemin, et n’y a pas rencontré ce paradis tant désiré.

 

Bien entendu, il existe tout de même des riches heureux, et des pauvres conscients de leur bonheur. Ceux-là sont les vrais sages, car ils sont à la fois conscients que le bonheur n’est ni dans la possession ni dans son absence, mais dans le chemin. Que ce soit au bout du chemin pour les riches, ou avant de le parcourir pour les pauvres, certains ont compris que véritable bonheur n’est pas dans l’image de soi mais en soi, et méprisent donc l’argent. pour eux, les riches comme les pauvres sont dans l’erreur car ils finissent par devenir l’image qu’ils donnent, au lieu de savoir qui ils sont pour ensuite en restituer l’image.

Les sages n’ont ni le désir d’aller chercher le paradis, ni de l’espérer, ils savent qu’il est ici et maintenant, pour peu qu’on regarde en soi au lieu de regarder partout à la fois.

Etre riche ou pauvre, c’est pour les malheureux. Etre heureux, c’est pour les sages.

 

caleb irri

 

Publié dans argent, la pensée du jour, misère | 1 Commentaire »

L’informatique au service de la mutabilité du passé

Posté par calebirri le 22 juillet 2009

L’informatique est un outil formidable dont la mémoire et les capacités de calcul semblent aussi infinies que le cerveau humain. Les comparaisons qui lient ces deux machines surpuissantes sont possibles sur de nombreux plans, y compris celui de sa faillibilité : les connections entre les différents « services » de ces machines se font de manière électrique, et les bugs sont possibles dans les deux cas.
Ainsi il est possible à un homme, comme à un ordinateur, de se retrouver amnésique, ou même en état de griller sa carte-mère.

La possibilité  de « bug » qui entraîne une perte (parfois irrémédiable) de données a longtemps été testée par les armées du monde entier, qui voulaient une fois de plus profiter des failles humaines pour y engouffrer leurs désirs de puissance. Et même si parfois tuer un homme est plus rapide (et moins coûteux) que de lui faire griller le cerveau, il semble plus judicieux et plus « rentable » de le garder en vie si on veut l’exploiter au mieux. Le contrôle de la pensée n’étant pas encore parvenu à être scientifiquement réalisé, le plus simple est encore de ne lui apporter que les informations susceptibles de former son esprit de la manière voulue.

Pour ce faire, et ce depuis le commencement de l’écriture, les dirigeants de toute l’histoire se sont un jour confrontés à un dilemme au sujet des nouveaux outils de communication : permettant à la fois la diffusion de la propagande et de la contestation, ils se sont toujours trouvés dérangés par la puissance de cet outil. Bien utile pour eux-mêmes, l’écriture pouvait également leur nuire, et c’est logiquement que les premiers copistes furent achetés, surveillés ou punis pour leurs travaux. Après l’arrivée de l’imprimerie, la propagande des chefs fut plus largement répandue, mais les dangers de contestation furent plus grands aussi : les autodafés furent mis en place. Bien plus tard arriva une nouvelle technologie à la fois dangereuse et attirante, la possibilité de numériser des documents, et ensuite de les envoyer en quelques secondes à l’autre bout de la terre. Formidable outil à double tranchant, nos gouvernants l’utilisent à leur profit en essayant de réduire au maximum son potentiel de nuisance. Des lois furent adoptées pour contrôler internet, afin de pouvoir anéantir toute contestation.

Mais la surveillance totale n’est pas le seul objectif que visent les gouvernements : comme disait Orwell, “la mutabilité du passé est le principe de base de l’Angsoc. les évènements passés, prétend-on, n’ont pas d’existence objective et ne survivent que par les documents et la mémoire des hommes. Mais comme le parti a le contrôle complet de tous les documents et de l’esprit de ses membres, il s’ensuit que le passé est ce que le Parti veut qu’il soit.” Avec la numérisation, l’instantanéité et le contrôle de toutes les communications, il devient désormais possible d’atteindre cette mutabilité du passé, et ce pour des raisons évidentes : l’individu « doit être coupé du passé, exactement comme il doit être coupé d’avec les pays étrangers car il est nécessaire qu’il croie vivre dans des conditions meilleures que celles dans lesquelles vivaient ses ancêtres et qu’il pense que le niveau moyen de confort matériel s’élève constamment ».

Car écrire l’Histoire c’est plus que de La faire, cela devient la réalité.

Avec les nouvelles technologies ( comme le « ebook ») favorisant la numérisation de tous les écrits, le monde est à la veille de la mort de l’imprimerie. Et, avec l’effacement ou le remplacement de données, en une seconde et partout à la fois, il deviendra bientôt impossible de trouver d’autres informations que celles « approuvées » par le pouvoir.

Bien sûr, les supports physiques existeront toujours, et une clé USB est capable de conserver des données exploitables, mais comment imaginer qu’ils soient à l’avenir diffusés, compte tenu de la possibilité d’accès des pouvoirs publics à tous les fichiers individuels ?

Internet, qui aurait pu être une source de rassemblement incroyablement efficace, est en train de devenir l’instrument de notre anéantissement mental. N’ayant bientôt plus ni le moyen de contester, ni celui d’avoir accès à la réalité, notre monde ressemblera d’ici peu à celui de Winston Smith.

Après la disparition totale de toute référence réelle au passé, après la suppression de tous les écrits potentiellement nuisibles au pouvoir en place, nos chefs seront enfin en mesure de nous imposer la pensée unique.

Sans même que nous en soyons conscients.

 

caleb irri

Publié dans double coup, medias, surveillance | Pas de Commentaire »

la rationalisation de l’individu ou comment rendre l’homme calculable

Posté par calebirri le 12 juillet 2009

Pour que le capitalisme fonctionne, les théoriciens économiques se sont attachés à un paradigme aujourd’hui couramment accepté, la rationalisation de l’individu. Partants du principe que l’homme est capable de faire les meilleurs choix pour lui-même, les économistes ont considéré que les comportements humains se devaient d’être rationnels,  et ont intégré à cette donnée la notion de calcul, la raison devenant le résultat d’un désir mis en confrontation avec les possibilités de réalisation de ce désir, en termes financiers. Ainsi fut établi le concept de « consommateur rationnel », unité de mesure rendant possible le fonctionnement de théories économiques mathématiques à l’intérieur desquelles l’ensemble des êtres humains est censée pouvoir rentrer.

Mais puisque l’homme n’avait pas une valeur mathématique intrinsèque, il fallait qu’à tout prix il devienne calculable, et ce dans le but avoué de pouvoir le comprendre, et aussi de le contrôler, pour pouvoir diriger non seulement ses actes individuels, mais aussi les comportements de masses qui ne sont considérées que comme une somme d’individus.

L’idée de ne juger l’homme que sous l’angle du consommateur pourrait être vu par certains  comme une simplification outrancière de son humanité (voire même sa négation), mais il est apparemment accepté par la majorité que la valeur d’un homme ne se résume aujourd’hui qu’à un capital financier (ce que l’on possède). Niant ainsi toutes les autres composantes de l’être humain, le tour de force des théories économiques est d’avoir réussi à faire rentrer de force les hommes dans des cases mathématiques, en leur supposant une raison qu’ils n’ont pas naturellement, mais qui leur est peu à peu inculquée au cours de leur socialisation.

Mais qu’en est-il réellement de « l’homo oeconomicus » que le capitalisme a engendré ? la raison et la rationalité économique sont-elles différentes, et l’homme est-il véritablement calculable ?

Avant de répondre à ces questions, il faudrait pouvoir déterminer ce que représentent ces notions : car si la rationalité économique est le fait de faire un choix économique « éclairé », la raison doit-elle nécessairement pousser à la recherche de la nationalité ? pour qu’il soit en mesure d’exister, l’homo oeconomicus doit avoir au préalable accepté la morale économique comme raison supérieure, ce qui est le résultat d’un conditionnement éducatif et social programmé.

Car en réalité les théories économiques préexistent à l’arrivée de cet être rationnel. Elles fonctionnent dans la théorie, mais pas dans la pratique, parce qu’elles ne correspondent  pas au comportement naturel de l’être humain. Ainsi, et pour ne pas avoir à rechercher des améliorations à ces théories (prendre en compte la complexité de tous les êtres humains est chose impossible), les grands penseurs de notre monde ont  trouvé plus simple de transformer l’homme que d’essayer de le comprendre. Il fallait qu’à tout prix l’homme devienne un chiffre, une unité de mesure, et finisse par faire correspondre ses comportements au modèle désiré.

En transformant ainsi la morale et en redéfinissant la raison comme rationalité individuelle, le capitalisme a réussi le formidable tour de force de réduire le champ des comportements humains en réduisant ses volontés à la consommation, ou tout au moins à l’unique satisfaction de ses besoins matériels, et bien sûr personnels.

Cette évolution majeure de l’individu qu’est l’homo oeconomicus permet ainsi à la fois de détacher l’homme des préoccupations spirituelles et humanistes qu’il pourrait vouloir en l’intégrant de force dans la « machine » capitaliste (moins un individu possède, moins il est valorisé par la société), et également de rejeter dans la misère et l’opprobre ceux qui refusent de correspondre au modèle proposé (celui qui refuse les comportements consuméristes n’est même plus dans la société).

Pourtant, l’homo oeconomicus ne vivra pas éternellement, car l’homme n’est en vérité ni calculable ni raisonnable, et encore moins rationnel. Il est un être passionné qui ne réfléchit qu’avec son coeur, et ce malgré tous les conditionnements possibles. C’est pour cette raison qu’aucune théorie économique ne fonctionne ni ne fonctionnera jamais. L’homme est à la fois capable d’égoïsme et de générosité, capable de détruire sa planète tout en triant ses déchets, capable de faire la guerre tout en souhaitant la paix.

Nos bons gouvernants ont tous désirés un jour un monde parfait où les comportements humains seraient à la fois prévisibles et raisonnables, sans se rendre compte que ceux qui ont créé le « consommateur rationnel » n’en étaient pas eux-mêmes, et que ce monde qu’ils croient idéal n’auraient plus besoin d’eux, ni de leur pouvoir. Au lieu de ne chercher qu’à contrôler des hommes qu’ils ne connaissent pas, ils feraient mieux d’apprendre à les connaître : ainsi seulement ils n’auraient plus le désir de les contrôler.

 

 

caleb irri

Publié dans argent, consommation, philo | 3 Commentaires »

pourquoi sont-ils donc si pressés?

Posté par calebirri le 6 juillet 2009

24 jours pour faire voter 18 textes de loi et 14 de traités internationaux : voilà les devoirs de vacances de l’assemblée. Pour faire court, toutes les lois qui ont du mal à passer vont être glissées judicieusement durant la période des vacances, pour les raisons médiatiques qu’on imagine.

Sans vouloir remettre en question ni les capacités ni les facultés de nos élus, j’admets tout de même qu’un doute m’envahit à l’annonce de cette immense charge de travail, et je m’inquiète : bien sûr, cela doit justifier leurs émoluments financiers, alors que les chômeurs ou les RMIstes- pardon Rsistes-, eux, doivent être en train de se la couler douce à Saint-Tropez, et que les travailleurs, eux, doivent se trouver heureux d’avoir un emploi.
Mais peuvent-ils être en mesure de faire correctement leur travail ? plus d’un texte de loi par jour, cela fait quand même beaucoup ; ne serait-ce que de le lire doit pouvoir prendre la journée… alors le comprendre, et en comprendre les conséquences pour voter en toute conscience, voilà qui semble difficile.

Bien sûr, certains mauvais esprits iront toujours suspecter le vote automatique, mais c’est faire peu de cas de la probité de nos élus…Ils sont tout de même responsables d’une bonne partie de notre quotidien, et surtout de notre futur !

Enfin, tout cela est bien beau, et il ne fait aucun doute que si tous les textes ne passent pas ce mois-ci, la plus grande majorité le seront, sans que l’opposition n’y change rien. Mais derrière toute cette mascarade, il s’agirait d’être tout de même un peu sérieux, car les lois qui sont « presque » votées sont pour certaines hautement liberticides, et ne seront pas sans effet sur notre société. Si on peut sourire à l’évocation des capacités personnelles de certains députés, on ne peut évidemment pas douter de la volonté claire et construite du gouvernement dans sa partie supérieure. Que ce gouvernement veuille anéantir toute possibilité de contestation ou privilégier un peu plus la rentabilité au détriment des plus faibles est désormais bien intégré, mais c’est le caractère extrêmement intense et rapide de l’exécution de sa volonté qui est troublant…

En effet, on serait en droit de se demander ce qui nécessite autant de pression pour faire adopter ces lois et certains textes. Surtout qu’en temps de crise il est essentiel de ne pas confondre vitesse et précipitation. Je sais bien que le président n’est pas un menteur et qu’il a dit qu’il n’y avait plus d’affaires d’Etat en France, mais l’extension récente du secret-défense paraît le contredire. Mais sans secret, pourquoi cette discrétion, surtout cette rapidité ?

Certains voient depuis déjà longtemps la guerre pour demain, d’autres le chaos climatique se rapprocher, et d’autres encore la pandémie destructrice pour l’automne, et d’autres enfin nous prédisent carrément la faillite totale de l’économie mondiale. Face à ces réjouissantes perspectives on pourrait logiquement être tentés de remettre en cause le bien-fondé  d’une telle rapidité législatrice, mais c’est sans compter l’incommensurable détermination de notre gouvernement.

Se peut-il que le gouvernement ne soit pas suffisamment sûr de ses troupes pour conduire les réformes durant le reste de son mandat (et ce malgré sa majorité confortable à l’assemblée), ou qu’il craigne encore la capacité de l’opposition et des syndicats à rassembler les mécontentements ?

Pour ma part je ne peux me résoudre à cette seule explication. Bien entendu les hypothèses catastrophiques citées plus haut sont pour certaines hautement probables, mais ne justifient ni la précipitation, ni le contenu de ces lois. Par contre si on considère d’un peu plus près l’intitulé des textes destinés au vote ce mois-ci, en relation avec un article du « blog-finance », on s’aperçoit que l’état des finances de notre pays est au plus mal. Si on ajoute à cela un article de « boursorama », il se peut que la situation s’aggrave rapidement, ou même soit déjà désespérée.

Ainsi on peut commencer à envisager à quel point la situation est désastreuse, et aussi comment les hypothèses catastrophiques énumérées plus haut sont susceptibles de se produire toutes, les unes après les autres et dans un ordre différent, ou même sont déjà en cours.

seul le caractère d’urgence peut expliquer la précipitation avec laquelle sont faites les mesures, et même ouvrir des perspectives pour le futur : avec la mise en place conjointe d’un gouvernement autoritaire et de lois socialement inégalitaires, le gouvernement sera bientôt en mesure de nous asservir sans craindre d’être contesté. et ce malgré la misère dans laquelle il nous a plongé.

 

caleb irri

Publié dans crise, misère, sarko | Pas de Commentaire »

l’écologie comme moyen d’asservissement ?

Posté par calebirri le 1 juillet 2009

Ca fait un petit bout de temps que la question me taraude… tant de bruit autour de l’écologie, la croissance verte, le développement durable… et même le « green business ». C’est  à croire que les politiques et les industriels ont enfin compris l’urgence de sauver notre planète. De formidables défis à relever, des investissements et de la recherche, cela a de quoi motiver les consommateurs !

et aussi les industriels, toujours prompts à se mouvoir dès qu’il s’agit des affaires : vendre un même produit emballé dans du carton à la place du plastique est désormais plus rentable… et en même temps plus écologique!

De grandes campagnes de publicité accompagnent le lancement des nouveaux modèles « écolos », et le terme « bio » est dans toutes les bouches. EDF nous vend son expertise pour leur acheter moins d’électricité, Total finance quelques plantations ou quelques associations de sauvegarde de l’environnement pour embellir son image, et les marques surfent allègrement sur la vague verte en sponsorisant des films ou en fabriquant des sacs en papier recyclé.

Bien entendu, les politiques ne sont pas en reste, et mettent à contribution la société pour « faire changer les comportements ». incitation au tri sélectif, « bonus/malus », Grenelle de l’environnement et conférences sur le climat, instauration prochaine du « pollueur-payeur ».

Tout cela semble en effet aller dans le bon sens, mais mon esprit retors me pousse toujours à voir le mal partout, et à me demander enfin : mais quel est le sens de tout ça ?

Pas de voiture, pas d’emballages, pas de conservateurs, pas de produits chimiques… se laver en coupant l’eau, se chauffer au bois, cultiver son potager, s’éclairer à la bougie ; s’isoler de chanvre et construire en bois, se déplacer à cheval… N’est-ce pas là une conception étonnante du progrès ?

Que ce soit clair entre nous, je ne vois pour ma part dans l’énumération précédente aucun inconvénient insurmontable, mais je doute seulement de la volonté d’adhésion à une telle vision de la part des puissants de cette planète. Puissants qui, par leurs activités et leur influence sont ceux-là mêmes qui polluent le plus, et qui y gagnent des milliards.

Comme le faisait justement remarquer un spécialiste (de quoi au juste je ne m’en souviens plus) sur France-info (ou peut-être une autre radio ?), les principes de « pollueur-payeur » ou de taxe sur les produits polluants ne sont pas si positifs qu’il y paraît. Car ceux qui polluent le plus se trouvant être ceux-là mêmes qui sont les plus riches, ils monnaieront leur droit à polluer, ou finiront par faire retomber la note sur les classes sociales défavorisées, qui elles n’auront les moyens ni de se payer du « bio », ni de payer les taxes sur les produits polluants qu’ils achètent.

Et ce qui m’intrigue par dessus tout, c’est la faculté qu’ont nos gouvernants à se faire les relais d’une sorte de « déconsommation », sur le plan individuel et dans un soucis de préservation de la planète. C’est comme si peu à peu on voulait nous habituer à l’annonce de lendemains sombres où nous serons contraints de réapprendre à vivre chichement. Avec les épidémies qu’on nous fait craindre, la crise économique qu’on nous annonce longue et le réarmement qui s’amplifie, tout laisse à penser que si ce n’est pas par choix que nous nous éclairerons à la bougie demain, il faudra s’y habituer de force.

Comme aussi ces tristes et maladifs mannequins décharnés qui rappellent certaines horreurs du passé, il se pourrait que nos enfants ne grandissent qu’avec ce genre de modèles, auxquels peu à peu nous finissons nous-mêmes par nous habituer.

Ainsi, et par l’entremise d’une idéologie positive de retour au « naturel », il est sans doute plus logique que nos gouvernants préfèrent toujours leur pouvoir et leur argent à notre bien, et ce en dépit de notre volonté, bien plus facilement malléable que le climat.

 

caleb irri

Publié dans argent, écologie, consommation, progrès technique | Pas de Commentaire »

 

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