éloge de l’ennui

Posté par calebirri le 29 juin 2009

Eloge de l’ennui

L’ennui est un terme péjoratif qui a remplacé celui d’oisiveté, qui était sujet à des interprétations contraires : pour les uns il y avait la joie dans l’oisiveté, et pour les autres c’était cette joie qu’il fallait combattre. Que des gens s’ennuient était déjà un affront fait aux classes laborieuses, alors qu’en plus ils en éprouvent du plaisir, voilà qui avait de quoi énerver.

Aujourd’hui, le terme d’oisiveté n’est plus employé, et a été définitivement remplacé par celui de l’ennui. il est défini comme une sorte de trouble, de vide, de manque, mais aussi comme une charge pesante et oppressante, un symptôme d’une maladie nommée dépression. En bref, l’ennui est un mal absolu qu’il faut éviter à tout prix.

Pourtant, il faudrait rendre à l’ennui les honneurs qui lui sont dus, car il est de mon point de vue tout à fait mal traité, et à tord.Car enfin l’ennui a bien des avantages, et sa définition négative (et sans doute pas innocente) ne lui rend pas justice.

Tout d’abord, il faut dire que l’ennui c’est la possibilité de réflexion, autrement dit de retour sur soi. Sans ennui il n’y a ni avancée spirituelle, ni même intellectuelle. L’ennui est le seul moment où l’homme s’arrête et laisse voguer ses pensées, sur lui même ou sur les autres, sans d’autre but apparent que de ne rien faire. Mais ne se passe-t-il donc rien lorsqu’on s’ennuie ?
Il apparaît, selon certaines études récentes, que le cerveau d’une personne qui s’ennuie fonctionne aussi intensément (voire plus) à l’état d’ennui qu’à l’état actif. Si cela peut surprendre au premier abord, il y a cependant une explication : les connections mobilisées par les vagues successives de pensées qui s’entrechoquent dans l’esprit de l’ennuyé ne sont pas focalisées par un objet précis (une tâche à effectuer) mais par de multiples sources.

Ensuite, il semble difficile d’expliquer le génie sans l’ennui. Laisser voguer ses pensées au hasard, c’est la possibilité de faire de nouvelles connections, de rêver au futur ou de se souvenir du passé, c’est penser sans ordre contraint, et la possibilité de penser autrement. C’est aussi imaginer, créer, se poser des questions, et chercher des réponses. s’ennuyer c’est penser, inévitablement. Pas moyen de faire cesser ces connections, ces images, ces vues de l’esprit de notre cerveau. L’allégorie de Newton recevant une pomme sur la tête le décrit s’ennuyant sous un arbre, activité qui semble à bannir dans notre moderne société.

S’ennuyer est considéré comme une activité improductive, une perte de temps. Le temps, c’est de l’argent. ceux qui s’ennuient sont des fainéants. On comprend bien l’intérêt de cette idée reçue sur l’ennui lorsque l’on aborde la face politique de cette définition. Le chômage coûte à l’Etat sans lui rapporter. Pour ne pas laisser les chômeurs dans l’ennui, et surtout ne pas inciter les autres à souhaiter cet ennui rémunéré, il fallait aux Etats installer l’idée selon laquelle l’ennui est un mal à éviter. De plus, que la société ait un regard négatif sur les chômeurs était essentiel à la bonne marche de la société.

Mais ce n’est pas tout : face à une crise de l’emploi comme celle que nous traversons, les chômeurs sont de plus en plus nombreux, et de moins en moins stigmatisés par la société. Le but des gouvernements est d’éviter à tout prix l’ennui pour ces chômeurs, car ils pourraient finir par se mettre à réfléchir, à penser, à imaginer ou à rêver… et ainsi en capacité de remettre en cause le système qui les a conduit là où ils se trouvent. Il n’est que de constater la complexification des démarches administratives, les contraintes imposées, la formation et les rendez-vous obligatoires pour comprendre que le gouvernement ne veut pas d’ennui. sans compter l’ennui à l’école, qui y est traité comme une déviance et non pas comme l’expression d’une recherche d’intérêt.

Les loisirs gratuits, l’école obligatoire, et maintenant « l’offre raisonnable d’emploi », les internats ou le service civil vont désormais pouvoir occuper tout le monde. Le peuple ne doit pas s’ennuyer, car il ne doit pas être en mesure de réfléchir. Réfléchir au fait que, par exemple, le progrès censé nous apporter le bonheur matériel et nous libérer du travail pénible nous a conduit à une retraite toujours plus courte, et à des cadences de travail toujours plus assommantes. C’est pour ça que l’éducation, comme la socialisation dans son ensemble, tentent de bannir l’ennui de ce monde.

Et puis l’ennui est aussi associé à la dépression, sans qu’on sache trop comment : s’ennuie-t-on parce qu’on est dépressif, ou bien est-on dépressif parce qu’on s’ennuie ?

Sans avoir à répondre à cette question, la dépression est pour moi l’absence d’ennui, car seul le retour sur soi est capable de régler cette question. Bien sûr certains argumenteront sur le fait qu’au travail ils vont bien, et c’est lorsqu’ils rentrent chez eux, laissés seuls à leurs pensées, que la dépression se fait sentir. Mais ce n’est pas parce qu’ils s’ennuient, mais plutôt que leur cerveau reste bloqué sur une boucle de pensée tournant sans cesse autour de la pensée qu’ils ne vont pas bien. Ils ne s’ennuient pas, ils se focalisent à une tâche mentale sans fin, épuisante et insoluble. Que ne se posent-ils pas la question du  « que faire » plutôt que du « pourquoi » ? ils cesseraient immédiatement leurs pensées nocives, et libéreraient ainsi leur esprit par un ennui plus motivant…

Finalement, la dépression pourrait être vue plus comme une absence qu’un « trop plein » d’ennui. Et l’ennui devrait être recherché comme un suprême bien, car lui seul permet d’imaginer un monde meilleur.
Voilà pourquoi les puissants ne le désirent pas, et aussi pourquoi ils modifient le sens des mots: « le novlangue était destiné, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but » (Orwell)

 

caleb irri

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peut-on lire le discours au congrès ?

Posté par calebirri le 23 juin 2009

Avant même qu’il soit prononcé je m’étais déjà promis de trouver le texte écrit du discours présidentiel du 22 juin 2009. Lecture à laquelle je me suis attelé.

Bien entendu, mon propos visait à y trouver quelques contradictions, quelques « contre-vérités » (comme disent les hommes politiques pour s’éviter des procès), enfin les signes évidents d’une double-pensée. Mais c’est au bas de la première page qu’une mention écrite, en italique et en petits caractères, a définitivement relayé mon analyse de ce texte à une prochaine fois. En effet, il est inscrit en bas de chaque page du document, « seul le prononcé fait foi ». Mon caractère soupçonneux fut tout d’abord intrigué par le sens de cette phrase : se pourrait-il que le texte écrit soit différent du texte prononcé ? et si tel était le cas, le serait-il délibérément ou par erreur ?

Plusieurs questions se succédèrent dans mon esprit, et c’est avec étonnement que je me rappelai que le texte avait été lu, et non récité ; il y a donc bien un texte original écrit et approuvé avant lecture, pourquoi ne pas nous le proposer ? et puis si le président, un instant troublé dans sa lecture par le sosie de la mouche d’Obama, avait lâché un juron devant l’assistance ?

Je me décidai ensuite de réécouter le discours du président, en parallèle à la lecture du texte, pour y trouver les éventuels manquements, ou modifications. Devant la longueur et la difficulté de la tâche, je me proposai finalement de remettre ce sacrifice d’investigation à plus tard, tout en me concentrant sur la lecture du texte seul. Mais à quoi bon, me dis-je encore, pourquoi commencer la critique d’un texte sans être sûr qu’il correspond à la réalité ? c’est bien marqué, « seul le prononcé fait foi » !

Alors quoi, cela veut dire que si j’écris quelque chose sur ce texte je pourrais risquer de me faire opposer les différences entre l’écrit et le prononcé ?
D’autant que si l’écrit est téléchargeable, la vidéo ne l’est pas, et les images peuvent ne pas rester éternellement accessibles sur le net. Et à moins que de la télé-charger pour preuve, il faut que cela se fasse illégalement, ou pas du tout.
Finalement, le seul support pérenne qui nous est fourni est sujet à caution par ceux-là même qui nous le fournissent.

Mais malgré tout, une lueur d’espoir me permis d’envisager la lecture de ce document, qui m’est désormais un supplice, quand je fus pris d’une soudaine réflexion :

Si seul le prononcé fait foi, cela veut dire que ce qui est écrit n’est pas digne de foi. Or, le « seul le prononcé fait foi » est écrit, mais pas prononcé. Cela signifie que l’on doit pouvoir ne pas prendre en compte la légitimité de cette phrase.

Devant cette judicieuse et logique explication suffisant à apaiser ma conscience, je ne peux désormais plus me dérober à la lecture du discours, tout en m’évitant l’écoute de celui-ci.

Et encore, je suis sûr qu’en creusant un peu le raisonnement, la double-pensée que je voulais trouver ait raison de moi, et me permette ainsi d’échapper à toute analyse en proclamant : ce discours est inutile, n’y pensons plus. Et de m’autoriser à passer à autre chose… pour l’analyse, d’autres la feront bien mieux que moi.

 

caleb irri

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la surproduction, une aubaine?

Posté par calebirri le 15 juin 2009

La surproduction est une plaie pour le capitalisme. Malheureusement pour lui (et pour les peuples aussi), elle est inévitable. Comme je le lisais dans un excellent article de Louis Gill (bien qu’assez difficile d’approche-surtout pour un amateur comme moi), la volonté de profits toujours plus grands favorise la recherche de technologies toujours plus productives, et nuit ainsi à l’emploi salarié. Mais la plus-value (la marge) faite sur un salarié est toujours rentable que sur une machine. Et il s’ensuit que la tendance à la baisse du profit, implacable, finit par provoquer les crises comme celle que nous vivons actuellement. Il ne faut pas oublier que la concurrence est le résultat de la loi sur l’offre et la demande. Et les prix sont fixés selon ce rapport. Les machines permettent de vendre plus, à moins cher, et ainsi de remporter des marchés. Mais le profit étant le but ultime du capitaliste (et non pas comme on pourrait le penser la satisfaction des besoins), certains ont pensé que créer l’offre suffirait à engendrer la demande, en espérant que les prix du produit vendu continue malgré tout à monter. Mais le capitalisme n’aime pas la surproduction.

De fait, la crise d’aujourd’hui semble être le résultat d’une surproduction induite par les facilités de crédit proposées par les spéculateurs. La demande étant artificiellement provoquée (ou la « surconsommation » ?), il s’en ait suivi une surproduction incapable de trouver des acheteurs (solvables en tous cas).

Car il faut faire une différence entre la demande telle qu’elle existe potentiellement (la volonté d’accession aux produits, commune à l’ensemble des êtres humains), et la demande telle qu’elle existe réellement, sur le marché (c’est à dire solvable, capable d’être satisfaite concrètement). Il faut aussi se rappeler que les lois qui régissent les échanges entre les êtres sont basées sur la rareté, et non pas sur l’oppulence, comme on serait en droit de le souhaiter.
En effet, quand les anciens imaginaient le futur, ils rêvaient d’un monde d’abondance où tout serait accessible à tous. Aujourd’hui, ce rêve est rendu possible par la technique, mais pose de sérieux problèmes au système qui domine le monde. Car il s’agit de savoir comment faire correspondre la nécessité d’employer un maximum d’individus au plus bas prix possible en même temps que de leur vendre les produits qu’ils créent à un prix supérieur au coût de leur travail. Et cela tout prenant en compte les avancées technologiques qui tendent d’une part à faire augmenter la productivité, et d’une autre à rendre le travail obsolète.

C’est sans doute pour éviter ce problème que des crises semblent survenir à intervalles plus ou moins réguliers. Mais plutôt que de se pencher sur les nouvelles possibilités qu’engendre le progrès technique, les pouvoirs politique et financier préfèrent encore une « bonne guerre » que la remise en cause de leurs privilèges et de leurs pouvoirs.

Cette situation pourrait perdurer indéfiniment si un autre facteur n’intervenait pas, de façon de plus en plus prégnante, et qui inévitablement fera cesser l’existence du capitalisme comme nos aînés l’avaient conçu. La course aux profits étant corrélée à la fois à la course technique  et à la baisse du coût du travail(et ce en dépit de toute morale ou de toute règle éthique-même écrite), le capitalisme entraîne la surexploitation des ressources de la planète sur laquelle nous vivons. Et à moins que de trouver une autre planète exploitable à loisir, le capitalisme va devoir cesser d’exister, pour que l’homme continue lui aussi d’exister. Les gouvernements et les financiers, qui ont des intérêts communs,  sont donc alliés pour sortir ensemble du capitalisme, tout prenant soin de protéger leur condition :  toutes les lois restreignant les libertés sociales sont adjointes de lois sécuritaires, afin de ne plus permettre, lorsque le moment sera venu, la moindre contestation face à sa condition subie. Mais pour les peuples désireux de liberté, pourquoi la surproduction serait-elle néfaste ?Imaginons un instant le changement de paradigme. Au lieu de considérer que la rareté est une valeur, ne pouvons nous pas accepter que l’abondance lui soit supérieure ?
Comment est-il possible d’accepter qu’avec les moyens techniques dont dispose l’humanité, il existe encore des millions d’individus privés du strict minimum ?

Le problème n’est pas l’environnement, car la surexploitation des ressources n’est pas la conséquence d’une plus juste répartition de celles-ci mais l’accaparement des ressources par une minorité dont l’unique objet est le profit.
Notre planète est tout à fait capable non seulement de nous nourrir tous, et plus encore, et aussi de nous loger tous.

Pourquoi ne pas profiter de la crise pour un changement de système ?

Que les ouvriers, les employés de tous bords continuent de produire, et plus ils produiront plus les prix baisseront. Qu’ils produisent tant que les prix s’effondrent, et ne rapportent plus rien à personne.

Que les produits soient donnés à qui les veut, et que les licenciés du monde de la finance prennent part à un nouvel engagement, qui ne lui nuirait pas. Il y a besoin de bras, et de têtes à n’en plus savoir que faire : l’énergie propre, la construction, le recyclage, les transports, la voirie, l’hygiène, les pays pauvres, la faim….

Bien sûr tout cela nécessite une organisation complètement nouvelle, et pose des défis fantastiques non seulement à l’imagination, mais aussi à la réalisation. Mais face à ce que nous préparent les puissants, n’est-ce pas là une raison suffisante pour y réfléchir ?

Et puis pour faire accepter ce changement de paradigme, c’est toute l’éducation qu’il faut revoir, et aussi la conception de l’homme, et celle de son bien le plus cher : le bonheur.

L’homme ne doit plus considérer la réussite comme une accumulation de biens (utiles ou futiles), mais comme la satisfaction de ses besoins. A partir du moment où tous peuvent tout avoir, combien y en aurait-il pour vouloir trop ? Il faut que les hommes apprennent leurs différences, et n’essayent plus de ne faire que correspondre à un standard de réussite illusoire. Que les métiers soient choisis en fonction de leur intérêt intrinsèque et non plus de leur intérêt financier. Il faut que les hommes sachent que tout est acquis, et non inné, afin qu’ils comprennent que seule leur volonté peut les conduire à la réussite de soi.

Cette approche peut sembler succincte et approximative, et bien sûr de nombreuses difficultés, voire impossibilités semblent très vite sauter aux yeux. Mais cette réflexion n’a pour unique but que de renverser un cadre de pensée établi, où l’existence de la misère des uns serait absolument indispensable à la richesse des autres. Si les hommes sont capables de tant et tant d’ingéniosité pour oppresser leur prochain, créer des armes et perpétuer un système si complexe et si éloigné de l’aspiration de la majorité des êtres humains, il ne fait aucun doute qu’ils parviennent à établir un autre mode de pensée, d’échange et de production, sans forcément pour cela devoir nuire expressément à leur prochain.
 

caleb irri

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monde de merde

Posté par calebirri le 10 juin 2009

J’ai tout compris. J’ai compris ce qu’est l’homme, j’ai vu comment l’Histoire a toujours été truquée, et je sais même comment tout cela va finir. Le pire, c’est que je suis loin d’être le seul…car ce n’est pas très compliqué!
Cela devrait suffire à me satisfaire. Et après ? quel pouvoir ai-je pour m’opposer à ce qui va  arriver ? j’ai le droit d’exprimer mes opinions, de m’engager en politique, de manifester, de faire la grève, de voter, mais rien ne changera pour autant. Mes opinions ne sont relayées que par ceux qui ont les mêmes, mon engagement politique signifie la soumission au système que je dénonce, les manifestations n’ont pas d’effet, la grève ne pénalise que moi, le vote n’a absolument aucun autre intérêt que de participer à l’illusion de la démocratie.
Qu’un ou plusieurs hommes se lèvent pour proposer un autre monde d’accord, mais quel monde ? les forces qui font tourner le monde actuel sont si puissantes qu’elles entraînent jusqu’à ceux qui pensent le contrôler. Il y a la droite, la gauche, le centre et les extrêmes, et puis quoi ? tous ne sont qu’un seul et même parti unique, qui vise à sauver sa peau sans remettre en question le système qui les oblige à la sauver. Les individus sont tous conscients que la planète est en danger, que la guerre et la misère sont notre responsabilité collective, mais personne n’est en mesure de faire cesser cela. Nombreux sont ceux qui pensent que le capitalisme engendre inévitablement cette misère et ces guerres, ainsi que la destruction de notre terre, mais personne n’est capable de cesser la participation à ce système. Sous peine de se voir, soi-même et individuellement, contraint à la misère ou à la violence. Or un homme qui a faim est incapable de se préoccuper de son prochain. Alors à choisir, bien sûr on préfère soi aux autres.

Quelle est la solution ?

Quand bien même une constitution fabuleuse serait trouvée, permettant à chacun de vivre librement et décemment, comment la mettre en place ? il lui faudrait être en mesure d’être communiquée à tous, et acceptée par tous. Il lui faudrait convaincre les peuples, et surtout leurs dirigeants. La gigantesque tâche que constituerait l’établissement d’un nouveau système remettant en cause jusqu’à l’Histoire toute entière ne pourrait être effectuée en une génération, alors en un mandat !….

De plus il faudrait de l’argent, des soutiens médiatiques, de l’éducation, du pouvoir, qui tous sont entre les mains de ceux qui ne veulent pas de ce changement. Ceux qui croient qu’il faut pour changer le monde s’inscrire dans le système actuel sont soit des lâches qui tentent avant tout d’en tirer un profit personnel, soit des inconscients présumant de leur force, face à un système qui les écrasera comme tous les autres avant lui.

Il y a bien la révolution, la violence, le secret… mais comment imaginer qu’un système fondé sur ces valeurs puisse aboutir sur un monde sain et juste ? la dictature du prolétariat tient son échec dans son énoncé. Une dictature pour un monde libre, la belle affaire !

Ce que j’écris en ce moment aura autant d’effet que de ne pas l’écrire, car si même il était lu par la planète toute entière, si même nombreux étaient ceux ressentant la communauté d’esprit qui nous lient, rien ne ressortirait de notre apitoiement collectif.

Souvent je souhaite que quelques uns, quelque part, travaillent à la création de ce nouveau système permettant d’échapper aux maux qui nous submergent tous. Aux maux qui nous submergent, et qui en noient tant d’autres par notre collective faute. Mais il y en a, il suffit de les chercher. Après on adhère ou pas, certains s’investissent plus ou moins, et puis le temps passe. Rien ne change. Des théories il y en a un paquet, et il pourrait sembler étrange que seules quelques unes aient été retenues par l’Histoire. Mais le temps, facteur primordial de toute vie, efface toujours tout.  Les guerres, les morts, les épidémies, la misère, la haine, tout cela finit toujours par passer, et puis revenir, et puis passer encore, comme le flux et le reflux des océans, qui ne s’arrêteront qu’avec la fin de la vie, c’est à dire la fin du temps.

Quand je me prends à rêver, j’imagine un monde sans guerre et sans misère,  où tous les être humains seraient frères et où la vie s’écoulerait sans ces grandes vagues incessantes… mais quel ennui ! regarder un lac ou la mer, je préfère moi aussi le bruit des vagues, les tempêtes et les cieux nuageux. Les nuages multiplient les couleurs, le vent ressentir le froid et les odeurs, et la mer qui monte détruit les châteaux des enfants. C’est ça la vie.La guerre pour espérer la paix, la faim pour apprécier la pitance, la haine pour goûter l’amour, voilà ce que l’homme désire.

Il n’y a pas de bonheur sans son contraire, car l’homme pour le trouver semble être contraint à le relativiser. Au risque de détruire sa capacité à exister en tant qu’être humain (la planète qui le nourrit), à la recherche d’un bonheur qu’il ne peut concevoir sans le malheur des autres, il semble malheureusement que le capitalisme soit le seul système capable de lui satisfaire.

Monde de merde !

 

caleb irri

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contre l’abstention, comptabilisons le vote blanc

Posté par calebirri le 8 juin 2009

Non, 60% d’abstentions ne prouvent pas le désintérêt des européens pour l’Europe. cette abstention ne prouve pas non plus le dégoût pour l’Europe. au mieux elle exprime l’absence d’alternatives au système politique tous partis confondus, au pire l’inutilité du vote qui permet de cautionner un système de représentation injuste et biaisé.

Car les citoyens sont capables de se rendre massivement aux urnes, il n’y a qu’à regarder certains taux de participation, comme celui du 29 mai 2005 : 70% ; 2ème tour de élections présidentielles Chirac/Le pen : 84%.

Tous ces hommes politiques qui font mine de défendre la démocratie en se soumettant à des règles électives viciées participent à un système que la majorité des européens conteste. Il n’y a en réalité que deux camps qui s’affrontaient à ces élections : ceux qui désirent continuer à faire tourner le système comme il est, et ceux qui le refusent. Ceux qui le refusent ont gagné, mais comme le système n’est pas démocratique, leur contestation n’est ni entendue, ni écoutée.

Pourtant, il existe une méthode simple et empirique pour juger des vraies causes de l’abstention : comptabiliser les votes blancs. A partir du moment où chaque homme ou femme de plus de 18 ans est considéré capable d’utiliser son vote de manière éclairée, c’est faire offense aux citoyens que de ne pas leur laisser cette possibilité. Le vote blanc, c’est exprimer son intérêt pour le scrutin, tout en marquant son désaccord avec les candidats en lice. C’est aussi revendiquer l’existence de ce droit, et refuser d’être contraint à choisir entre la peste et le choléra. Car ce n’est pas le droit de vote qui est contesté, mais les règles qui définissent le découpage électoral, ou les candidats eux-mêmes, avec leurs programmes. Nos médias et nos politiques, s’ils avaient le courage qu’ils disent, et s’ils faisaient réellement confiance à leurs électeurs, ne devraient pas pouvoir s’opposer à une telle proposition.

Mais pourquoi ne le font-ils pas ?
Si le taux d’abstention restait le même après ça, ils ne pourraient bien sûr plus prétendre que les élections n’intéressent pas. Mais si le taux d’abstention baissait au profit du blanc, c’est là que cela coincerait. Et il est bien évident que c’est la raison pour laquelle le vote blanc n’est pas comptabilisé, car le taux d’abstention baisserait, et celui du vote blanc s’envolerait.

Evidemment, il faut réfléchir aux conditions d’une telle réforme, pour ne pas tomber dans une éternelle répétition du « jamais content ». mais reconnaître qu’une majorité de votes blancs signifie la nullité d’une élection, pourquoi pas ? les citoyens n’ont ni envie d’une élection tous les quatre matins, ni d’un pays qui n’avance pas. Il faudrait par exemple, organiser et autoriser constitutionnellement la possibilité d’annuler une fois le premier tour, et déterminer qu’une majorité de votes blancs doit se rassembler au second « premier tour » sous une même bannière (ou plusieurs), sous peine de ne pas les comptabiliser au scrutin suivant.

on pourrait aussi imaginer qu’un « vote blanc » arrivé second soit l’occasion d’un retour aux urnes pour tous les partis sauf le premier arrivé, qui conserverait sa place au deuxième tour… de multiples possibilités sont envisageables pour ne pas bloquer l’Etat, mais qui les cherche?

Cette méthode permettrait pourtant à la fois de marquer la défiance des citoyens envers les candidats présents, ainsi que de démocratiser la sélection qualitative de ces candidats. De plus, la perte de temps  (et d’argent) occasionnée par une nouvelle campagne effraierait sans doute quelques soutiens, et favoriserait l’arrivée de nouvelles têtes plébiscitées par les contestataires.

Bien sûr, je ne crois ni au courage des hommes politiques ni à leur bonne volonté de se tirer une balle dans le pied, et une telle proposition n’est pas prête de voir le jour.

Mais un institut de sondage, ou un journal racoleur, pourrait sans doute être intéressé par ce genre de statistiques : « si le vote blanc était comptabilisé, abstiendriez-vous de vous rendre aux urnes ? »

Les résultats seraient peut-être évocateurs…

 

caleb irri

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la secte, une définition suspecte

Posté par calebirri le 4 juin 2009

A l’occasion de la remise d’un rapport sur l’activité des sectes en France, j’ai voulu savoir à quoi on pouvait reconnaître une secte. Bien sûr la définition n’est pas unanime, et elle peut facilement entrer en conflit avec la liberté d’opinion.

Ainsi, et pour ne pas prendre trop de risques, la commission d’enquête sur les sectes, comme un autre organisme, info-secte,  se basent sur un certains nombres de critères pour déterminer la présence d’une secte.

Les différents indices sont au nombre de dix, et sont les mêmes (mot pour mot) pour les deux liens cités plus haut. :

1.  La déstabilisation mentale
2. Le caractère exorbitant des exigences financières 3. La rupture induite avec l’environnement d’origine 4. Les atteintes à l’intégrité physique
5. L’embrigadement des enfants
6. Le discours plus ou moins anti-social
7. Les troubles à l’ordre public
8. L’importance des démêlés judiciaires
9. L’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels
10. Les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics

ces indices reprennent plus ou moins certains critères d’appréciation cités dans « info-secte », avec certaines différences tout de même, différences qui s’expliqueront plus loin.

Au chapitre « comment reconnaître une secte » sont décrits quelques points essentiels

Séduction, Présence d’un gourou, Rupture sociale, Déstabilisation mentale, Exigences financières, Asservissement.

A ces différents points sont accolés quelques développements, qui correspondent presque point par point au programme du capitalisme.

L’argent représente la séduction, le gourou est celui (ou ceux) qui dirige le système. La rupture sociale est constituée par le relâchement des liens entre ceux qui ont l’argent et ceux qui ne l’ont pas. La déstabilisation mentale, c’est le fait d’être sans cesse psychologiquement diminué et ainsi rendu perméable à la propagande du gourou. Les exigences financières sont les charges toujours plus lourdes qui pèsent sur les adeptes, jusqu’au surendettement. L’asservissement est lié à la pression du groupe, qui a instauré que celui qui ne possède pas n’est pas honorable.

Avec en prime, au sujet de l’asservissement, une sorte de conseil : « il est autant difficile de sortir d’une secte qu’il est facile d’y entrer » ; avis aux amateurs.

J’aurais pu m’arrêter là, mais le fait que la commission d’enquête ait repris précisément les dix points du site « info-secte » m’a quelque peu interrogé- surtout si on compare avec les six dont je viens de vous entretenir.

Car si on regarde bien, la formulation adoptée pour ces dix points semble définir la secte d’une toute autre manière qu’auparavant. à tout prendre, cette définition pourrait tout à fait convenir à une association d’opposition politique, car elle entrerait facilement dans les critères proposés pour la secte :

S’il est toujours question de déstabilisation mentale (qui est une donnée toute relative : déstabilisé par rapport à quoi ? qu’est ce qu’un mental stable ?), il n’est plus question d’exigences financières sans cesse croissantes, mais du « caractère exorbitant des exigences financières ». cela peut vouloir dire deux choses : soit le fait qu’une organisation réclamant de l’argent est  exorbitant, soit qu’à partir d’un certain montant, considéré exorbitant, on peut considérer cette organisation comme potentiellement sectaire. La  rupture sociale est toujours présente mais fait désormais référence à l’origine et non plus au statut social.

On y a ajouté également les atteintes à l’intégrité physique et l’embrigadement des enfants, qui pourraient être des méthodes utilisés par certains rebelles soucieux de se passer de l’éducation nationale, ou qui seraient tentés d’en venir aux mains pour convaincre (ou pour se défendre ?)

Les points 6, 7 et 8 sont nouveaux, et  assez surprenants : « discours plus ou moins anti-social », « troubles à l’ordre public » et « importance des démêlés judiciaires ». se pourrait-il que certains opposants politiques entrent dans cette catégorie ?  l’orientation des discours, les capacités de mobilisation humaine ou un acharnement judiciaire suffiront-ils à constater la réalité d’une secte ?

Au point 9, on parle de détournements des circuits économiques traditionnels. Pourquoi pas d’illégalité, tout simplement ? celui qui voudrait organiser un nouveau mode d’échange non « traditionnel » (encore faudra-t-il préciser la tradition, car la corruption en France, est plus qu’une coutume…) serait-il un dangereux gourou ?

Et le dernier, les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics. On pourrait penser à la scientologie, mais pourquoi pas à un nouveau parti ? tout nouveau parti n’est pourtant pas une secte, et les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics, c’est son travail.

 

Finalement, il se pourrait qu’avec ce genre de définition, dont les vagues critères sont laissés à l’appréciation de celui qui juge, on puisse mettre à peu près n’importe quelle organisation politique dans la liste des sectes… pourquoi pas l’UMP ??

 

caleb irri

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