l’Etat contre le capitalisme ?

20 mai 2009

crise, politique?, surveillance

On parle beaucoup de révolution ces derniers temps, mais peu de la bataille qui fait rage entre les deux puissances qui se partagent le pouvoir. Les uns sont pleins d’argent, et rêvent de pouvoir ; les autres sont pleins de pouvoirs et rêvent d’argent. A priori on pourrait penser que ces deux puissances (le pouvoir et l’argent) ont tout pour s’entendre, ce qui a plutôt été le cas jusqu’à maintenant. Les grosses industries et les banques ont besoin du soutien des Etats, et les Etats ont besoin de l’argent des entreprises.

Les deux puissances connaissant les besoins de l’autre et ses propres faiblesses, il est assez logique que les deux pouvoirs se soient rapprochés dans un intérêt commun : la preuve étant que de nombreux hommes riches ont le pouvoir, et réciproquement.

Alors, me direz-vous, comment l’Etat peut-il être opposé au capitalisme ?

Et bien deux possibilités peuvent répondre à cette question :

-Tout d’abord que l’une des deux puissances ait pris l’ascendant sur l’autre (il faut d’abord être riche pour atteindre au pouvoir, ou bien il faut d’abord atteindre le pouvoir pour accéder à la richesse ?)
-La deuxième hypothèse est la venue d’une crise qui atteint l’un des deux pouvoirs, et qui risque d’entraîner l’autre puissance dans sa chute.

Il se pourrait qu’en réalité les deux facteurs aient joué un rôle dans la cassure qui se précise entre les deux puissances, car la puissance du capitalisme est autodestructrice : à force d’exiger plus de dérégulation de la part du pouvoir politique, le capitalisme a conduit à des excès qui ont fait surchauffer son mécanisme. Il lui faut de l’air, du carburant, du liquide pour continuer à fonctionner. Mais comme l’argent est désormais réunis entre peu de mains, les entreprises se voient contraintes ou de licencier, ou de demander l’aide des Etats : deux mesures impopulaires qui mettent le pouvoir politique en péril, car les aides de l’Etat appauvrissent les peuples, et les licenciements appauvrissent l’Etat.

Avec la crise que traverse le capitalisme, un avantage a été donné au pouvoir politique, qui par ses aides se trouve en passe d’exiger des compensations de la part du pouvoir financier. Aujourd’hui, l’Etat est en mesure de prendre place dans la direction des entreprises en difficulté, et de nationaliser les banques. Cette mainmise du pouvoir politique sur le pouvoir financier peut rapidement conduire à l’inutilité du capitalisme, car si le pouvoir financier retourne à l’Etat, il cessera d’exercer son opposition à une sorte de monarchisme absolutiste.

A partir du moment où l’Etat deviendra l’employeur unique (il donne l’argent), l’unique receveur (les impôts et taxes), et également l’unique émetteur (il fabrique la monnaie), alors la monnaie devient inutile…et le collectivisme possible, pour peu que l’on établisse un nouveau régime politique ; régime qui se met peu à peu en place à travers la concentration des pouvoirs judiciaire, médiatique, politique et financier.

On pourrait éventuellement envisager une troisième hypothèse, qui ferait également participer le pouvoir financier à l’écroulement du système capitaliste. sentant l’inéluctabilité de cet effondrement, quelques financiers se sont ralliés au pouvoir politique pour préparer ensemble « l’après-capitalisme ». certains récalcitrants sont remplacés, mais remerciés grassement (stock-options, retraites et parachutes…) pour qu’ils ne contestent pas, pendant que les politiques fournissent les crédits supplémentaires qui vont précipiter cet effondrement, tout cela afin de justifier la volonté de transparence absolue des échanges monétaires en critiquant l’opacité qui règne dans la finance : paradis fiscaux que l’on veut supprimer, salaires que l’on veut limiter, scandales sur les frais de représentation de certains députés, affaire de traders « fous »…. tout cela conduira d’ici peu les peuples à exiger cette transparence, qui sera la surveillance totale et absolue de tous les échanges qui existent ; c’est à dire le contrôle effectif de nos moindres faits et gestes.

C’est à ce moment-là que l’on nous dira que le capitalisme est mort :l’Etat l’aura tué.

 

caleb irri

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