pourtant, on nous avait prévenus

Posté par calebirri le 9 avril 2009

 

Voilà ce qu’écrivait George Orwell en 1948 :

 «Avec le développement de la télévision et le perfectionnement technique qui rendit possibles, sur le même instrument, la réception et la transmission simultanées, ce fut la fin de la vie privée.  Tout citoyen, ou au moins tout citoyen assez important pour valoir la peine d’être surveillé, put être tenu vingt-quatre heures par jour sous les yeux de la police, dans le bruit de la propagande officielle, tandis que tous les autres moyens de communication étaient coupés. La possibilité d’imposer, non seulement une complète obéissance à la volonté de l’Etat, mais une complète uniformité d’opinion sur tous les sujets, existait pour la première fois. »

 

Internet est « le perfectionnement technique » qui permet  cette fin de la vie privée. La loi Hadopi permettra non pas d’éradiquer le téléchargement illégal, mais rendra la surveillance totale légale, et ce en dépit des droits les plus fondamentaux. A terme, on peut très bien imaginer la fin du courrier postal pour des raisons soi-disant économiques, et il faut être conscient du fait que la numérisation de la radio va également permettre l’identification de l’auditeur.

 

« On avait depuis longtemps reconnu que la seule base sûre de l’oligarchie est le collectivisme. La richesse et les privilèges sont plus facilement défendus quand on les possède ensemble. Ce que l’on a appelé l’ ‘abolition de la propriété privée’ signifiait, en fait, la concentration de la propriété entre beaucoup moins de mains qu’auparavant, mais avec cette différence que les nouveaux propriétaires formaient un groupe au lieu d’être une masse d’individus.»

 

Avec la nationalisation des banques dont on parle de plus en plus, c’est une véritable abolition de la propriété privée qui s’effectuerait ainsi, car les véritables propriétaires des maisons, des voitures, des économies du peuple sont les banques. Nationalisées, elles offrent à l’Etat tous les biens dont elles disposent, à savoir nous. De plus, cette nationalisation, mise en parallèle avec la « transparence » des transactions en ce moment désirée, permettrait de tout savoir sur la vie d’un individu. On approche du collectivisme en ce sens que si les revenus, les transactions, les crédits en cours sont connus de l’Etat, il n’est plus ni besoin de remplir sa feuille d’impôts, ni même d’espérer utiliser son argent de manière libre.

 

« L’Angsoc, qui est sorti du mouvement socialiste primitif et a hérité de sa phraséologie, a, en fait, exécuté le principal article du programme socialiste, avec le résultat, prévu et voulu, que l’inégalité économique a été rendue permanente ».

 

En gardant la phraséologie socialiste, l’Etat est capable de faire se lever les masses en faveur d’une révolution « socialiste », alors qu’en réalité il espère établir la permanence d’un système inégalitaire. On peut aussi remarquer le caractère « prévu et voulu » de ce mouvement. Le G20 en est un exemple flagrant, car si toute l’année les grands dirigeants de ce monde semblent batailler sur quelques concepts politiques différents, ils sont bien capables de se rencontrer, et de s’organiser ensemble pour adopter certaines mesures.

 

« Le problème est donc un problème d’éducation. Il porte sur la façon de modeler continuellement, et la conscience du groupe directeur, et celle du groupe exécutant plus nombreux qui vient après lui. La conscience des masses n’a besoin d’être influencée que dans un sens négatif. »

 

Voilà définie l’école de demain, l’autonomie des universités et l’orientation des élèves. Continuer de former les élites, conditionner les exécutants, enfoncer les masses dans l’ignorance.

 

« c’est dans les rangs du Parti, surtout du Parti intérieur, que l’on trouve le véritable enthousiasme guerrier. Ce sont ceux qui la savent impossible qui croient le plus fermement à la conquête du monde. »

Il est vrai qu’à part certains dirigeants, la majorité des peuples ne semble pas particulièrement avides de combattre, comme l’ont prouvé les « sondages » effectués pour l’Irak, mais qui bien sûr n’ont eu aucun effet ; en même temps, ceux qui décident la guerre ne la font pas, et ceux qui la font ne la souhaitent pas. Quoi de plus logique ?

 

« D’autre part, ses actes ne sont pas déterminés par des lois, ou du moins par des lois claires. Les pensées et les actions qui, lorsqu’elles sont surprises, entraînent une mort certaine, ne sont pas formellement défendues et les éternelles épurations, les arrestations, tortures, emprisonnements et vaporisations ne sont pas infligés comme punitions pour des crimes réellement commis. Ce sont simplement des moyens d’anéantir des gens qui pourraient peut-être, à un moment quelconque, dévier »

La loi sur le délit d’aide au séjour irrégulier rentre bien dans cette case. Théoriquement ce délit existe, mais l’interprétation de ce délit est floue. Aider n’est pas interdit dans le concept, mais dans les faits il peut en être un. Nous n’en sommes, au point de vue actuel, qu’aux arrestations, et emprisonnements, mais il se peut que les cellules de garde à vue ressemblent de plus en plus à la salle 101… sans compter qu’au train où vont les choses, on entend ici et là parler de la délation comme d’un devoir citoyen, ce qui non seulement rappelle de sombres souvenirs, mais aussi laisse entrevoir  le pire imaginé par Orwell, se faire dénoncer par ses enfants.

 

Pourtant, on nous avait prévenus

 

caleb irri

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