le coup d’Etat larvé du président

Posté par calebirri le 28 février 2009

Le président, conformément à une règle directrice semblable à de nombreux chefs d’Etat, est en passe de transformer radicalement notre démocratie en dictature.

 

Ce terme peut sembler exagéré si on se place dans la situation actuelle d’apparente liberté, mais il faut savoir que les dictatures ne deviennent ouvertement répressives qu’une fois bien établies. Ce terme est dur et fortement connoté, et il me répugne presque à prononcer ; mais malheureusement il a bien fallu m’y résigner, comme le prouvent ces quelques définitions, où l’on peut aisément faire le parallèle entre ce qui est en train de se passer concrètement et leur contenu :

Selon Wikipedia, « la dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite ».

Les limites à ce pouvoir absolu sont établies par la loi, et les institutions qui la protègent.

Or les réformes actuelles visent à transformer les lois, et à changer les institutions. La baisse continuelle du pouvoir des juges et la remise en cause de leur indépendance sont telles qu’il leur sera bientôt impossible d’accéder aux lieux et informations sensibles pouvant remettre en cause la légitimité du pouvoir gouvernemental. Ainsi sera mise en place une des conditions d’établissement d’une dictature.

 

Pour Encyclopædia Universalis : « La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. Elle surgit dans des crises sociales très graves, où elle sert soit à précipiter l’évolution en cours (dictatures révolutionnaires), soit à l’empêcher ou à la freiner (dictatures conservatrices). Il s’agit en général d’un régime très personnel ; mais l’armée ou le parti unique peuvent servir de base à des dictatures institutionnelles. »

Pour ma part je pencherai plutôt pour une dictature révolutionnaire, car la crise sociale qui se profile va permettre l’instauration de la nouvelle gouvernance dont on commence à parler ouvertement, et l’Europe est une nouvelle possibilité de remettre en cause la constitution. Le redécoupage des territoires français est le prélude à une sorte de gouvernement fédéral qui permettra d’une part d’installer les hommes du président selon la nouvelle carte électorale, et d’une autre d’établir les bases de cette dictature institutionnelle que la hiérarchisation du parti unique permettra alors.

 

De plus, la menace de violence constituée par l’excès de sécurisation policière et l’augmentation abusive de la surveillance, la criminalisation de l’opposition ou l’encouragement à la délation créent un climat de tensions favorables à l’établissement de cette dictature. Il faut toujours garder à l’esprit cette formidable sentence d’Orwell : « on n’établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».

Dictionnaire de la politique (Hattier) : « La dictature se définit comme un régime arbitraire et coercitif, incompatible avec la liberté politique, le gouvernement constitutionnel et le principe de l’égalité devant la loi. »

 

Les récents abus de pouvoir concernant le placement de certains hommes-clés à certains postes, le mépris des doléances du peuple, l’imposition de réformes comme celles de l’audiovisuel public avant vote, la mainmise du gouvernement sur les banques et les grandes entreprises, l’endettement forcé du peuple sans son consentement, tout cela participe de la coercition et de l’arbitraire donné dans la définition.

 

La notion d’incompatibilité avec la liberté politique se précise chaque jour un peu plus avec les états généraux de la presse, qui sont censés être un contre-pouvoir mais qui dépendront bientôt entièrement du pouvoir. La réforme de l’AFP en est un bon exemple car c’est par cet organisme que circulent toutes les informations à destination des Français. Et pour le principe de l’égalité devant la loi, les grâces présidentielles sont à l’image des réprimandes : renvoi en prison d’un opposant, accusation de terrorisme en bande organisée envers un seul jeune, assignation en justice de ceux qui osent lui répliquer, démission forcée de ceux qui laissent à voir l’opposition.

Dictionnaire culturel (Le Robert) : une dictature est une « concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un individu, d’une assemblée, d’un parti ; organisation politique caractérisée par cette concentration de pouvoirs », et un dictateur est une « personne qui après s’être emparé du pouvoir l’exerce sans contrôle » ou une « personne qui exerce le pouvoir dans un régime qu’on peut à juste titre qualifier de dictature. »

 

La dictature est une concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un seul. Cela signifie que l’établissement de la dictature est l’aboutissement de ce processus de concentration. A l’issu de ce processus les pouvoirs politique, judiciaire, législatif et militaire seront entre les mains d’un seul homme. Si on ajoute à celui que représentent les médias, le compte est bon. Il n’y aura alors plus qu’à faire voter l’état d’urgence, établir une nouvelle constitution et réprimer les opposants. A ce moment la dictature sera instaurée de fait, et le coup d’Etat larvé que j’évoquais dans le titre aura été lancé sans que nous l’ayons vu passer.

 

caleb irri

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