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le « risque opinion », un délit?

Posté par calebirri le 9 novembre 2008

Je suis tombé ce matin sur un article concernant « la veille de l’opinion » : http://www.lesmotsontunsens.com/darcos-appel-d-offre-surveillance-internet-gouvernement-blogs-syndicats-partis-politiques-2502

Et j’ai donc voulu en savoir plus.

 

Tout d’abord impossible de consulter le document complet, inaccessible aux particuliers. Il me reste donc le cahier des clauses particulières, http://www.lesmotsontunsens.com/files/ccp57_aoo_veille_opinion.pdf

 

 

Interrogé par le post (http://www.lepost.fr/article/2008/10/29/1301133_web-epie-par-le-gouvernement-ce-n-est-pas-de-la-surveillance-c-est-de-la-veille.html), un blogueur annonce que depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, une cinquantaine d’appels d’offre de ce genre ont été lancés, tout cela sans qu’il y ait de remous.

 

Après quelques succinctes recherches, je m’aperçois qu’effectivement la « veille » d’internet en particulier, et de l’opinion en général, est déjà bien établie. Mais comme j’ai l’occasion de saisir un de ces appels d’offre, je me propose donc de le consulter. Sur le post toujours, le blogueur (d’une société pratiquant notamment de la veille d’opinion en ligne) appuie bien sur le terme « veille » pour rejeter celui de « surveillance ».

 

Pourtant, sur le texte lui-même, les termes « sources SURVEILLEES » sont clairement inscrits en titre de section à l’article 5.

Toutes les sources d’information y passent, et nous sommes loin de l’angélisme évoqué par le blogueur (une simple analyse de l’opinion) : « identifier », « repérer », « décrypter », « suivre », « anticiper », « alerter » sont les objectifs de cette « veille », veille qui ressemble plus à un contrôle de police qu’à une analyse sociologique vous en conviendrez…

 

La finalité de cette traque des « informations signifiantes pertinentes » c’est l’élaboration d’un « risque opinion », terme également suspect quant à l’absence analytique du jugement de ces opinions.

 

En réalité cette « veille de l’opinion » est destinée non pas à se faire une idée de l’opinion quant aux actions gouvernementales, mais à détecter les opinions défavorables au gouvernement, pour les surveiller dans leur évolution ; à savoir si leur visibilité ne peut pas être nuisible à l’image que veut donner ce gouvernement. On ne sait pas ce qu’il peut en découler en termes de sanctions, mais on peut aisément imaginer qu’il existe de nombreuses possibilités pour faire cesser l’activité d’un site « gênant ».

 

On voit bien qu’il sera à l’avenir très difficile d’exprimer librement une opinion « risquée », car le gouvernement aura tout le loisir de surveiller en amont toutes sortes de rassemblements d’opinions divergentes (dissidentes ?), et par là-même de les empêcher.il sera à terme créé une sorte de base de données où sera de facto reconnu un délit d’opinion défini par le « risque opinion ».

 

Si l’on ajoute à cela les volontés gouvernementales de s’approprier un canal télévisé, nous ne sommes plus très loin de Winston Smith : ne pas assister aux programmes du gouvernement pourrait être mal vu, voire suspect… un terroriste peut-être ?

 

 

caleb irri

Publié dans double coup, la démocratie, medias | Pas de Commentaire »

Liberté, égalité, fraternité ?

Posté par calebirri le 7 novembre 2008

30 euros d’amende avec sursis pour « offense au chef de l’Etat ».

Soit la peine est trop lourde, soit elle ne l’est pas assez. En tout cas elle n’est pas juste.

 

Liberté : liberté que peut se permettre de prendre le chef de l’Etat à l’encontre d’un citoyen et qui n’est pas accordée en retour à ce citoyen.

Ce chef de l’Etat, qui lors de l’affaire des caricatures se précipitait pour défendre la liberté d’expression, allant même jusqu’à dire qu’il préférait l’excès de caricature à l’absence de caricature, ne serait pas à même de supporter ces excès envers lui-même ?

Surtout après avoir lui-même péché par cet excès !

De la même manière que l’insulte au président constitue une insulte à l’institution, une insulte à un citoyen de la part du président (et donc de l’institution ?) n’est elle pas une insulte à la France ?

 

Egalité : égalité devant la Loi, exprimant clairement le fait que si pour la même phrase un citoyen peut être trainé en justice par le président, le président est inattaquable par un citoyen.

Un bel exemple du respect des valeurs de la langue de Molière, et des actes qu’il dénonçait.

Que les choses ont changé depuis cette révolution française qui nous a aboli les privilèges, offert les droits de l’homme !

 

Fraternité : c’est la capacité pour une communauté de juger son frère de manière injuste mais sans le punir vraiment.

Ainsi il est possible de condamner un homme à une amende dérisoire (et avec sursis), pour un délit qui s’il est réel est accepté par la communauté comme hautement punissable.

Mais comme l’affaire est plutôt délicate, et montre assez clairement l’injustice de cette action, la communauté s’est résignée à ne pas trop alourdir la peine, pour qu’ainsi les apparences de liberté et d’égalité soient respectées. Tout en signifiant un avertissement aux potentiels récidivistes qu’une relaxe aurait sans doute motivé…

 

caleb irri

Publié dans la pensée du jour, sarko | 2 Commentaires »

la Marseillaise contre les étrangers

Posté par calebirri le 4 novembre 2008

Monsieur Hortefeux, j’imagine dans un souci de cohérence gouvernementale avec la ministre des sports, voudrait apprendre aux immigrés les valeurs de l’hymne national… afin de « valoriser la marseillaise, son histoire, ses valeurs ».

Et tout cela se passe dans le cadre d’une conférence européenne sur l’intégration se déroulant à Vichy !!

On pourrait croire à une blague tellement tout cela est grotesque. Parler d’histoire et de valeurs d’intégration à Vichy, comme symbole on a vu plus subtil.

 

Mais ce n’est pas de cela que je voulais vous entretenir, plutôt de la Marseillaise. Qui connaît les paroles de cette chanson (j’entends toutes les paroles) ? qui a lu, à tête reposée, le texte de notre hymne national, et qui après cette lecture n’a pas senti comme un malaise du à l’odeur de mort qui s’en dégage ?

 

Pour ceux qui en ont le courage, je vous mets en lien un site où se trouvent les paroles : http://www.marseillaise.org/english/francais.html

 

Et pour les autres, je vais vous expliquer de quoi il retourne.

 

Tout d’abord ce texte est truffé de mots guère pacifiques du genre « sanglant », « mugir », « féroces », « égorger », « esclaves », « traitres », « battre »…. Et autres termes accueillants.

 

Et puis dès la troisième strophe, on arrive au meilleur : « quoi ces cohortes étrangères ! Feraient la loi dans nos foyers ! ». Encore des paroles réconfortantes pour des étrangers voulant s’installer sur le territoire français.

De strophe en strophe (rythmées par un refrain joyeux « aux armes citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons »), on attaque successivement les tyrans et les étrangers, pour glorifier les soldats, leur sacrifice et la haine des autres.

 

D’ailleurs, la dernière strophe est édifiante : « que tes ennemis expirants voient ton triomphe et notre gloire ».

 

Quelle horreur ! Comment peut-on vouloir défendre les valeurs d’une telle chanson ? Et surtout par ceux qui sont considérés par cette chanson comme des ennemis ?

 

Ce que je me demande c’est s’il est plus coupable de siffler cette chanson, ou de la vouloir valoriser.

Pour ma part je voudrais changer cet hymne, qui s’il représente la France ne le devrait pas.

 

Ou alors le remplacer par la célèbre chanson de Gainsbourg, dont le texte a été rétréci, et qui pourrait éventuellement satisfaire à tous. D’autant que joué par des musiciens africains, il susciterait davantage de respect que ce qu’il provoque aujourd’hui…

 

caleb irri

Publié dans immigration, la pensée du jour | Pas de Commentaire »

travailler plus et plus longtemps… pour mourir plus jeune?

Posté par calebirri le 3 novembre 2008

Encore une aberration économique et sociale prise dans la précipitation.

Au nom de la « liberté » de travailler plus longtemps, le gouvernement croit judicieux d’autoriser le travail jusqu’à soixante-dix ans, sans se préoccuper du contexte économique ni même de la santé des travailleurs.

 

Comme si le travail était le but suprême de la vie, alors même que les aspirations des hommes sont à l’opposée de cette conception. Que le travail soit une chose nécessaire est un fait, mais il ne fait aucun doute qu’il ne constitue pour la plupart qu’une contrainte dont on s’accommode pour la survie, et que l’on supporte en espérant s’en libérer le plus vite possible.

 

Pour certains bien sûr le travail est le sens de leur vie, et se définirait plus comme l’accomplissement d’une passion que comme un travail, et on comprend bien qu’ils souhaitent le prolonger le plus longtemps possible. Mais pour ceux dont le travail est pénible, ou inintéressant, on imagine bien que l’idée de travailler plus longtemps sonne plus comme une punition que comme une volonté. Et ces personnes sont nombreuses.

Mais face à la conjoncture économique actuelle, cette « liberté » offerte va vite se transformer en obligation. Au delà de la difficulté matérielle de faire fonctionner cette mesure (on a déjà du mal à faire employer les plus de 55 ans), il est évident que le gouvernement n’a pas réfléchi aux conséquences de celle-ci.

 

Ou alors….

 

Prenons un étudiant : sorti du bac vers 18 ans, il se trouve dans le meilleur des cas avoir terminé ses études vers 22 ans, pour un bac+3, ce qui signifie en termes de salaire un léger mieux que le salaire minimum, sans compter les périodes de stages (gratuits ou sous-payées) qui peuvent parfois durer plusieurs années. Pour ceux qui prolongent leurs études, il n’est pas rare de les voir signer leur premier CDI à l’âge de 30 ans. S’ajoutent 40 années de cotisations, pour ceux qui bénéficient de ce système. Travailler jusqu’à 70 ans ne sera qu’une conséquence de cette arrivée tardive sur le marché de l’emploi.

 

Pour ceux qui n’ont pas fait ce genre d’études, ils rentrent plus tôt sur le marché du travail, mais leur salaire est souvent moins conséquent. Et leur travail plus physiquement plus éprouvant. A 60 ans ils sont physiquement diminués, et leurs retraites ne sont pas lourdes. La décision de travailler plus longtemps ne sera pour eux sans doute pas dictée parle désir mais plutôt par la nécessité, celle de survivre plus longtemps de manière décente.

 

D’autant qu’à soixante dix ans, et aux vues des nombreux éléments précisant les dangers pesant sur la santé, il se peut que dans quelques années la différence entre le début de la retraite et celui de la sénilité se raccourcisse dangereusement.

 

En y ajoutant la hausse des dépenses de santé et la baisse des remboursements octroyés par l’Etat, il se pourrait bien qu’à terme l’allongement de la durée du travail ne fasse que raccourcir la durée de vie, ou au moins de vie « valide ». En quelque sorte, on finira par contraindre les gens à travailler plus longtemps pour toucher une retraite qu’ils dépenseront en soins pour réparer les maux créés par leur travail.

 

 

 

De cette manière le gouvernement cherche sans doute à se remplir les poches de cotisations qu’il ne redistribuera pas, ou moins longtemps ?

Ou cherche-t-il à démoraliser un peu plus un peuple qui se sent souvent esclave de son travail ?

 

Car enfin à quoi cela sert-il de continuer à cotiser ?

Le travail au noir ne deviendrait-il pas plus rentable à partir du moment où les avantages du travail légal deviennent négligeables ?

 

Est-ce là tout le bonheur que nous promettent nos dirigeants, travailler toute sa vie, pour arrêter lorsque nous sommes juste bons à envoyer en maison de retraite ?

 

 

A quoi cela peut-il bien servir de travailler pour une vie dont le but ultime est de conserver les capacités de vivre pour travailler ?

 

caleb irri

Publié dans double coup, la pensée du jour, le travail | Pas de Commentaire »

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