le travail

Posté par calebirri le 10 juillet 2008

Les anciens croyaient naïvement en une société d’opulence, rendue possible par les avancées de la science, libérant ainsi les hommes de la punition divine que constituait le travail.

 

Ils rêvaient d’un monde où toutes les tâches pénibles seraient réalisées sans difficulté, en accordant à l’homme le loisir de se préoccuper de lui-même.

 

Force est de constater que ce monde n’existe pas, et sans doute n’existera jamais : aujourd’hui la valeur « travail » est devenue la réalisation d’un être humain, qui n’a désormais comme alternatives que ce travail, ou la mort.

 

Le monde dans lequel nous vivons actuellement n’est tourné que vers cette valeur, à travers laquelle s’exprime toute l’essence de l’homme, en même temps que la contradiction qui fait son essence : travailler pour gagner de l’argent, pour vivre sans travailler. Mais la mort arrive souvent avant de profiter. Plus on a de temps, moins on fait d’argent. Plus on fait d’argent, moins on a de temps.

 

L’essentiel est de continuer à gagner assez d’argent pour acheter du temps, ce temps que l’on donne pour gagner cet argent.

 

 

Que vont devenir tous ces gens qui perdent depuis quelques mois leurs emplois ? par centaines, par milliers, ce qu’on appelle « la crise » les met à la porte. Pas de travail, pas d’argent. On pourra truquer les chiffres encore quelques temps, mais arrivera bien un moment où tous ces gens se trouveront dans la rue, à crier famine. La faute à la mondialisation ? la belle affaire… qui va payer le RMI de tous ces pauvres qui ne payent plus d’impôts ? il faut quand même bien faire quelque chose ! privatisons donc la santé, l’école, et tous les autres services publics… ça ne suffit pas ? Et si nous imposions aux pauvres l’obligation d’accepter n’importe quel emploi, ne serait-ce pas une bonne idée ? avec tous les étrangers que nous refoulons, il y a bien des emplois à pourvoir dans le bâtiment, le ménage, le service ou les ordures… ceux qui ont voté voulaient les mettre dehors, il faut bien les remplacer !

 

Oui, ce sont des métiers difficiles, bien sûr, mais même les cadres travailleront plus. Enfin ils auront droit de le faire. Peut-être… Mais attention, l’amendement sur les cadres et du nombre de jours en plus qu’ils sont susceptibles de travailler est un leurre envoyé au peuple : d’une part pour que l’on considère le gouvernement comme équitable, et de l’autre pour qu’on oublie que la loi dans son ensemble supprime la notion même de durée légale de travail.

 

Ce qui est positif, c’est qu’au bout d’un moment nous aurons tous un travail, sans avoir besoin de devenir des délocalisés, des immigrés de la mondialisation. Nous cotiserons tous à nouveau pour un nouveau service public centralisé, et peut-être même nos tickets de rationnement, tout cela rendu possible par les merveilleuses avancées technologiques tant désirées par nos aînés : dossier médical informatisé, nourriture génétiquement modifiée, déplacement sécurisés, surveillance globalisée, et nous n’aurons même plus besoin de poches pour les tickets, ni même de pickpockets : tout sera dans notre bras, à l’intérieur d’une jolie puce électronique reliée au monde par le satellite. Le voilà le monde de demain.

 

En revanche, nous ne pourrons ni choisir notre alimentation, ni notre lieu d’habitation, et encore moins notre emploi.

 

Mais il faut bien faire quelques sacrifices pour le bien de l’humanité… Non ?

 

caleb irri

 

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