Nous passons tous notre temps à nous plaindre

Posté par calebirri le 1 juin 2008

Que ce soit le pouvoir d’achat, la famine ou les guerres dans le monde, l’exploitation des enfants ou les trafics d’organes, la maltraitance des animaux, la violence et les duperies, les parachutes dorés et la mauvaise éducation des enfants, à entendre les peuples c’est à croire que personne n’est content.

 

Et pourtant c’est bien fait pour nous : nous sommes le résultat de notre histoire, et ce n’est rien d’autre que notre comportement individuel, mis en rapport avec tous les autres comportements individuels, qui induit objectivement et logiquement les problèmes que nous déplorons ensuite.

Quelle hypocrisie !

 

Un bon exemple de cette hypocrisie, trouvé dans une émission radiophonique : les banques et leur obligation de « mise en garde » du client. Comment imaginer qu’une banque puisse réaliser un tel effort ? Ce serait comme se tirer une balle dans le pied !

Il ne faut pas être naïf, le travail d’une banque est de faire de l’argent, pas d’aider le client. Lorsqu’une banque fait un prêt à un particulier et hypothèque la maison pour servir de caution, il ne lui est jamais désagréable de récupérer la maison au quart de sa valeur, ni d’ailleurs de récupérer les intérêts du bon payeur. C’est comme si un commerçant avait l’obligation de dire à son client qu’il avait payé le produit la moitié du prix qu’il le vend. Pas facile d’acheter après ça…

 

Alors quoi : les commerçants sont tous des voleurs, et la banque est un commerçant ? oui, certainement. Mais n’allons pas nous plaindre après. Nous le savons. Et nous l’acceptons. Et nous nous en satisfaisons pleinement.

Car il faut être honnête, la richesse de nos pays dits « civilisés » n’est que la conséquence de la misère des autres, et nous entérinons cette volonté par nos votes, ainsi que par notre façon de vivre : lorsque nous trouvons les baskets à la mode trop chères, nous incitons à exploiter les « petites mains » les produisant. Lorsque nous critiquons les étrangers venant travailler au noir et sans sécurité sociale, c’est comme si nous réclamions des produits plus chers.

 

La mondialisation ne date pas d’hier, elle permet seulement de nommer autrement le colonialisme, à exprimer la puissance du capitalisme sur le monde tout entier. Lorsque l’on s’apitoie sur les misères du monde on devrait plutôt s’apitoyer sur son propre sort, car nous sommes les responsables de ces misères. Au lieu de critiquer le commerçant qui vend trop cher on devrait d’abord comprendre qu’il est lui-même à la fois victime et coupable, car ses prix sont à la fois le résultat d’une exploitation structurelle par lui non désirée (destinée à faire baisser ses coûts de revient), et en même temps la cause d’une exploitation future d’un client qui n’aura pas (lui non plus) désiré cette exploitation dont il sera lui aussi la cause (son besoin d’augmenter son pouvoir d’achat pour faire face aux prix exorbitants du commerçant).

 

Pour conclure, on peut être sûr que la misère a de beaux jours devant elle, ainsi que la volonté d’en sortir. Mais tant que l’on continuera à donner des réponses économiques à un problème économique, on ne sortira pas du cercle capitaliste. Alors qu’en réalité la cause de la misère humaine EST le capitalisme. Voilà pourquoi nous ne règlerons pas le problème de cette manière, et ce malgré la volonté générale évidente d’y remédier.

 

Car pour le reste l’humanité dispose de tout ce qu’il faut pour se satisfaire entièrement : la technologie, les moyens de production, la volonté, l’intelligence, rien ne manque. Sauf une chose peut-être : comprendre enfin que le moyen n’est pas le but, et que l’argent (on devrait s’en être rendu compte après toutes ces politiques « économiques et sociales » contradictoires ratées) est une idole indigne de l’être humain. Il en est même l’ennemi, car il le déshumanise.

 

caleb irri

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