le maître et l’esclave

Posté par calebirri le 28 mai 2008

Il regardait son chat. Quel bonheur d’être chat !

Il pensait aux bouddhistes et à la réincarnation. Tant qu’un homme n’avait pas fini son cycle des sept vies, avant d’atteindre le nirvana, deux possibilités s’offraient à lui : régresser au stade inférieur (animaux, végétaux ou minéraux) ou se réincarner en humain ; signe d’une étape réussie- le haut du panier.

Si l’on en convenait, il n’était pas difficile d’imaginer que le chat se situe logiquement à un stade inférieur ; mais il fallait tout de même comparer.

 

Il était assis sur un canapé, face aux enceintes qui lui incrustaient le son dans la tête. Il regardait le chat qui lui souriait ironiquement, comme s’il comprenait les pensées de son maître- les chats ont parfois de ces expressions qui vous fascinent d’humanité (comme le regard niais après un long bâillement, ou la honte qui se lit sur son museau lorsqu’il « se rate »).

 

Alors il se leva doucement et alla caresser la chatte, qui accepta les douceurs avec condescendance. Quand se fut trop elle se dégagea, se raidit et s’en alla ailleurs se refaire une beauté : une vraie petite femme capricieuse. Pas un mot, pas un regard, elle est partie en reine, signifiant sans un mot son désir d’être laissée tranquille. Il la regarda faire, amusé, lui fit une grimace et n’insista plus. Il se rassit et laissa voguer son esprit : il voulait faire ses comptes au sujet du chat.

 

L’homme devait travailler pour se nourrir, alors que son animal n’était pas foutu d’attraper une souris autre qu’une malade. Il ne la mangeait même pas : il a l’habitude qu’on lui apporte son repas sur un plateau. Il ne nettoie ses déchets que dans le jardin, n’accomplit aucune tâche ménagère et profite de l’affection de tous sans se sentir redevable de quoi que ce soit en retour. Il s’autorise jusqu’à refuser sa nourriture, ou bien à ne pas rentrer tous les soirs. Il brave sans vergogne tous les interdits, et dort à peu près tant qu’il le souhaite.

La seule contrainte qui lui reste se limitant à défendre son territoire, quand ce n’est pas le maître qui s’en charge.

 

Il en était là dans ses réflexions lorsqu’il pensa à la reproduction. Les chats sont autant nos maîtres que nos esclaves, car si nous les nourrissons, en revanche nous les contraignons (pour notre confort) à la contraception ou à la stérilisation, sans laisser à l’animal l’expérience reproductrice, avec ce que cela modifie dans ses relations sociales. Peut-être que quand l’homme se déshumanise, en retour le chat lui devient plus humain. Il y a bien des chats obèses, dépressifs ou drogués.

 

Finale ment, à bien y réfléchir la situation était loin d’être évidente : d’un côté si semblables et en même temps si différents. Le chat, a priori, avait en plus la chance de ne pas se poser la question de sa position, à savoir s’il n’aurait pas préféré être un homme.

 

L’homme dans sa vie voudrait la vie du chat sans s’apercevoir qu’elle est déjà celle de quelques uns. A qui on apporte à manger, à qui l’on nettoie les déchets, que l’on protège et qu’on ne peut caresser que lorsqu’ils nous y autorisent.

Mais cette vie était-elle vraiment enviable ? car en définitive ces maîtres moustachus étaient eux-aussi nos esclaves, car ils dépendent de nous pour se nourrir, ils ne savent plus chasser. Ils sont devenus si lourds et fainéants que nous devons désormais défendre leur territoire. Que se passerait-il s’il n’était pas là pour effrayer les chats du voisin ?

 

A tout bien réfléchir i préférait sa place. Et quand le chat vint lui demander à manger, miaulant, exigeant son repas, il la regarda, sourit et lui dit : « toi, si tu continues t’es pas prête de manger ! et t’as intérêt à demander gentiment ». Elle vint se blottir dans ses jambes, miaula, soumise et suppliante.

Il finit par lui donner sa pitance, ne pouvant plus la faire attendre : la femme avait eu le dessus. Le maître aurait miaulé jusqu’à l’épuisement.

 

caleb irri

Publié dans philo | Pas de Commentaire »

L’homme évolue, nous en sommes certains. Mais progresse-t-il ?

Posté par calebirri le 25 mai 2008

Je me rends compte que peu à peu le futur tend à ressembler de plus en plus au passé. On entend régulièrement l’exemple de personnes se rendant chez de petits producteurs pour faire leurs courses, ou la création d’un petit potager dans leur jardin. On refait également son pain soi-même, et l’on préconise l’utilisation du vélo. Le bois de chauffage fait fureur, on récolte l’eau de pluie et on isole à nouveau avec du chanvre…

 

Tout cela ne me semble pas très nouveau, mais ce n’est pas terminé : désormais nous devrons également travailler plus longtemps, et l’aide sociale se verra bientôt diminuée ; le code du travail réformé.

 

Moi qui ai toujours appris qu’un des buts de l’humanité était le progrès social, que le capitalisme était le seul et unique moyen d’arriver à ce progrès, il m’est fort étrange de constater que l’éleveur de chèvres du Larzac soit devenu le modèle économique préconisé par un gouvernement critiquant les réactionnaires de gauche (qui eux ne désirent pas la « rupture »).

 

C’est à croire que le problème du pouvoir d’achat, mis en corrélation avec celui du climat, préconise (au contraire de ce qu’on attend du capitalisme) la non-dérèglementation abusive des règles de commerce ; ainsi que le refus de la science sans conscience.

Publié dans la pensée du jour | Pas de Commentaire »

la verichip veut tuer l’homme

Posté par calebirri le 25 mai 2008

J’étais devant la télé, vendredi soir je crois. LCI, un sujet sur la Verichip, une puce électronique à implanter dans le bras, pas plus grosse qu’un grain de riz, et capable de contenir de nombreuses informations telles qu’un compte bancaire, un dossier médical ou un passeport biométrique. Elle est (enfin !) mise sur le commerce. Mais je connaissais déjà bien ce nom pour l’avoir entendu il y a longtemps. Je suis allé regarder dans mes papiers.

« Le Monde2, 25/26 janvier 2004 », un article de Yves Eudes. La verichip ou ADSX.

Consciencieux comme je suis, j’avais déjà à l’époque relevé les insanités proférées par quelques « spécialistes » interrogés ; je vais vous en fournir quelques unes.

Le docteur Kleiner (je n’ai pas son CV avec moi) déclamait alors, à propos de cette fabuleuse trouvaille : « sans ces informations [le dossier médical], les urgentistes travaillent à l’aveuglette, ce qui entraîne régulièrement des erreurs fatales ». Et plus loin, « [la verichip] permettra aux services d’urgence de travailler plus vite, donc d’économiser de l’argent. L’argument financier sera déterminant ». merci pour cette honnêteté !

 

Un autre « spécialiste » répondait également en exposant que le « second grand marché visé par ADSX est celui de la sécurité ». on s’en doutait un peu : « L’US Army […] pourrait devenir son plus gros client ».

 

Car « l’implant peut aussi servir de système de localisation », ou encore « un moyen de défense contre le kidnapping ». « Monsieur Silverman [le PDG de l’époque] affirme que des fonctionnaires du service d’immigration (INS) imaginent de rendre l’implant obligatoire pour les ressortissants des pays dits de « l’axe du mal » désireux de séjourner aux Etats-Unis »

Cette puce peut également servir d’antivol, car « la voiture ne démarrera qu’en présence de la verichip de son propriétaire. En cas d’agression à main armée à un feu rouge, le moteur se coupera automatiquement au bout de deux minutes ». … on peut s’attendre à une recrudescence d’amputations d’ici peu !

 

 

Un patron d’une société de sécurité envisageait même une application pratique :

« un client vient de se faire construire une villa de 7500m², où viendront travailler une centaine d’employés. Pour lui, on peut imaginer un système d’accès sélectif basé sur la verichip : selon sa fonction, chaque employé pourrait ouvrir certaines portes, mais pas d’autres. Quelques uns ne seront sans doute pas d’accord pour se faire implanter, MAIS SI C’EST UNE CONDITION D’EMBAUCHE, LA PLUPART S’Y RESIGNERONT ».

 

Voilà nous y sommes, la généralisation de ce genre d’appareils n’est qu’une question de temps, et bientôt il n’y aura plus moyen d’y échapper. Constamment surveillés, tracés, on peut aisément imaginer un futur sans bien ni mal, où tout sera gouverné par un gigantesque réseau nous autorisant ou non tel accès, telle activité ou telle dépense, tel déplacement ou telle rencontre.

Il ne manquera plus qu’une petite amélioration à ce système, permettant de punir rapidement le suspect. J’avais pensé à la décharge électrique.

 

Enfin, si seulement la contestation reste possible. Autrement c’est que nous ne serons déjà plus des hommes.

 

caleb irri

Publié dans la démocratie, la pensée du jour | Pas de Commentaire »

Un monde sans pétrole ?

Posté par calebirri le 24 mai 2008

Face au prix exorbitant du pétrole le premier ministre, adepte des progrès de la civilisation, proposait il y a peu une solution radicalement tournée vers l’avenir : se déplacer moins, ou autrement.

J’ose espérer qu’il ne pensait ni aux chevaux ni aux montgolfières, mais je m’interroge sur ce concept futuriste. Est-ce une tactique pour faire fonctionner les transports en commun ou un sabotage anticipé des revenus de la TIPP ? à moins que ne sorte prochainement la révolutionnaire voiture totalement propre et fonctionnant aux déchets…

Mais l’hypothèse d’une telle voiture ne me semble pas être une bonne affaire pour l’économie.

De telles trouvailles technologiques (comme un carburant infini et non polluant) ont déjà été faites (énergie solaire, hydraulique ou électrique) sans que l’on ai jamais poussé plus loin l’expérience. Quelques prototypes ont certes été réalisés, et j’ai même entendu parler de brevets rachetés par de grandes firmes pétrolières. Mais de projet sérieux, de recherches en voie d’élaboration industrielle (il ne faut pas se leurrer, déjà l’éthanol est très critiqué) rien.

 

Comprenons bien. Le pétrole est une denrée épuisable et présente dans le quotidien de pratiquement toute la planète. Des intérêts financiers colossaux, des millions d’emplois, des myriades de produits sont dépendants de l’or noir. S’en passer signifierait une révolution industrielle tellement gigantesque qu’elle mettrait l’équilibre géopolitique par terre. Les grandes industries pétrolières, dont on sait les liens avec les Etats quels qu’ils soient, n’ont donc ni l’un ni l’autre le désir de se séparer du pétrole, et ce malgré l’inévitable épuisement de cette ressource. Que faire ?

 

Dans un premier temps il faut se positionner activement sur toutes les réserves disponibles (on voit les grands pays s’activer partout dans ces zones d’extraction), et puis mettre des moyens financiers colossaux pour en trouver d’autres. On doit mettre en parallèle quelques recherches en route bien sûr, pour parer à toute éventualité, mais l’essentiel des moyens ne va pas bien sûr pas à cette dernière.

 

Toute cette agitation me laisse sceptique vis à vis des conseils du premier ministre, conseils laissant croire à une prochaine pénurie. Pour ma part j’ai du mal à croire que l’augmentation du prix du baril soit réellement liée à la baisse de la production, ou bien même à l’augmentation des consommations ; la Chine et l’augmentation croissante de ses besoins en pétrole suffit presque à le prouver.

Enfin je n’ai pas l’impression que le prix de l’or noir soit clairement contesté ni par les gouvernements concernés, et encore moins par les entreprises concernées. Pas plus que l’on sermonne les pays fournisseurs, qui semblent eux-aussi satisfaits par cet état de fait. Il me semble que l’annonce d’une pénurie soit quelque peu prématurée. Ou alors il y a réellement un problème.

Car si les investissements réalisés sont à la mesure des réserves recherchées le prix du baril devra baisser rapidement. Et si les réserves sont épuisées, on comprend le prix. Mais à quoi serviraient alors tous ces investissements ?

 

caleb irri

Publié dans consommation, mondialisation | Pas de Commentaire »

Les techniques gouvernementales enfin dévoilées.

Posté par calebirri le 19 mai 2008

 

Chaque lundi les médias se font forts de relayer une information de la plus haute importance émise par un membre éminent du gouvernement. Les journalistes se précipitent alors pour en savoir plus, jusqu’à ce qu’ils attrapent à la mi-journée un démenti formel provenant du sommet de l’Etat, qui remet en cause les premières déclarations. On parle alors d’un couac, mais déjà le « débat » est lancé.

 

Comme un appât jeté au petit bonheur, le gouvernement teste ainsi, l’espace d’une journée (parfois plus) les réactions publiques en direct et sans prendre aucun risque. Ouf ! on ne démantèlera pas les trente cinq heures cette semaine ! mais pourtant le ver est dans la pomme, car un simulacre de débat public remplacera vite les promesses électorales de n’y pas toucher (aux trente cinq heures). Et puis ce sont les médias qui font tout le travail : ils cherchent des chiffres, prennent le pouls à gauche, à droite et dans la rue. Un pas en avant, deux en arrière, tout le monde y va de son avis, de ses propositions. Finalement, un peu comme pour le droit de grève ou la sécurité sociale, il est entendu que rien ne change en théorie.

 

Le trouble jeté par ces annonces de début de semaine a ensuite beaucoup de mal à décanter et permet ainsi, derrière ce rideau de fumée-et alors que les médias sont surchargées de commentaires contradictoires- de faire passer presque incognito d’autres réformes majeures dont on prendra connaissance une fois votées. Les médias se réveilleront alors de leur sieste provoquée et tout le monde criera au scandale, mais il sera trop tard.

Regardez la loi sur les OGM : elle ne retournera dans les médias qu’une fois votée, sans que les remous provoqués il y a moins d’une semaine n’y aient changé quoique ce soit.

Après cette deuxième vague de réformes hebdomadaires (réformes votées pendant qu’on s’acharnait à comprendre la première vague), nous aurons lundi prochain un nouvelle proposition polémique de la part du gouvernement, qui profitera alors sans doute pour faire voter la réforme des trente cinq heures, ou une autre de la semaine d’avant.

 

Face à ce tsunami médiatique, on s’aperçoit d’une part que l’opposition reste muette (quand elle n’est pas servile), et d’une autre que les journalistes (qui se doivent de décrypter l’information) n’arrivent pas à suivre, submergés par une cadence infernale et des mesures toujours plus complexes, plus polémiques et de moins en moins compréhensibles. Ils finissent par s’y noyer.

 

Le gouvernement lui, ne s’arrêtera qu’après avoir tout épuisé son programme, mais ne pourra pas réduire la cadence. Peu importe qu’il n’ait pas bien conscience lui-même des conséquences induites par son comportement, car ralentir voudrait dire laisser du temps pour réfléchir et pour comprendre. Et aux médias le temps d’expliquer.

 

caleb irri

Publié dans la pensée du jour, medias | Pas de Commentaire »

et pendant ce temps-là

Posté par calebirri le 18 mai 2008

 

L’opposition se fout de nous. De Ségolène à Delanoë en passant par Besancenot, il n’y a désormais aucun doute sur le fait que l’opposition travaille pour le gouvernement. L’ouverture avait déjà ratissé large sur les plates bandes de la gauche, mais ce n’était apparemment pas suffisant : le mépris dont nous accablent les socialistes est à la mesure de l’égo surdimensionné des « élites » qui veulent se faire une place avant de s’occuper des besoins du peuple qu’ils sont censés défendre.

 

On aurait déjà pu soupçonner le désintérêt croissant de la gauche à travers son silence sur tous les sujets qui mettent les Français dans la rue, mais les dernières nouvelles concernant la bataille pour la tête d’un parti moribond (j’ai envie de dire obsolète) font mieux : elles affichent clairement leur objectif : 2012.

 

comment accepter cela ?

 

il est évident qu’il faut quelqu’un à la tête de l’opposition, et tout aussi évident que monsieur Hollande n’est plus à sa place. Mais à l’heure où la colère gronde dans la rue, il aurait sans doute été plus judicieux de resserrer les rangs dans le parti, ou pour ceux qui désirent le pouvoir de monter au créneau lors des nombreuses occasions offertes par la majorité ! mais rien, pas un mot. Il faudrait être inconscient pour croire encore que la gauche représente autre chose que ses propres intérêts personnels.

 

C’est comme s’il n’existait plus en France qu’un parti unique, avec à sa tête un omnipotent et sous ses ordres une chambre d’enregistrement totalement servile. Ayant déjà totalement et délibérément courbé l’échine, la gauche ne s’oppose plus, elle attend…

 

Il existe pourtant une opposition, une gauche, que l’on voit tous les jours dans la rue, que l’on entend sur toutes les radios, que l’on lit sur tous les supports, qu’on nous montre dans tous les sondages. Cette force grandit et veut se faire entendre, il ne lui manque plus que la voix rassemblant tous les mécontents, les déçus et les désespérés. Une nouvelle gauche unie qui puisse faire face à la politique scandaleuse perpétrée contre tout ce qui fait la grandeur d’un pays que ce gouvernement prétend défendre.

 

Car il faut être réaliste, c’est tout ce que le monde nous enviait qui est en train de disparaître : le temps de travail, la sécurité de l’emploi, la sécurité sociale, les retraites, le droit de grève, l’équilibre des pouvoirs, la défense des droits de l’homme, tout ce qui faisait la grandeur de la France. A force d’attendre des échéances qui arriveront trop tard, les possibilités de contester seront épuisées. La gauche sera inutile, obsolète, car nous n’aurons le choix qu’entre les républicains ou les démocrates. Belle perspective pour un pays qui se veut porteur des voix de la révolution.

 

caleb irri

Publié dans la démocratie, la pensée du jour | Pas de Commentaire »

123
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...