Le prix de l’essence

Posté par calebirri le 30 avril 2008

Ça fait quelques temps que de nombreux internautes se renvoient sans cesse informations et contre-informations au sujet du prix de l’essence. Chacun y va de ses chiffres, de ses liens, de son petit commentaire. La question est : le prix de l’essence a-t-il augmenté ces dix, vingt ou quarante dernières années, et de combien ?

 

A mon avis il est possible de chercher encore longtemps, car il est bien évident que personne ne trouvera la solution à ce problème.

 

Tout d’abord les chiffres sont mis en relation à travers l’euro, le franc et le dollar, et il est quasiment impossible de faire des calculs justes avec ces éléments. De plus, on s’aperçoit quand on fait les calculs de la difficulté de mettre en corrélation d’hypothétiques chiffres avec le contexte économique d’une époque donnée, à savoir le pouvoir d’achat à un temps « t ». et tout ça sans compter une autre difficulté, celle de connaître précisément la valeur d’un baril à une époque, la conversion dans une monnaie d’aujourd’hui, la valeur des taxes et la contenance d’un baril, la production totale et moyenne par lieu de production, sans compter les prix de transport, de raffinage, tous les frais engagés pour permettre la découverte de nouveaux gisements et leur exploitation future.

 

Voilà les internautes engagés dans des élucubrations sans fin, afin de prouver une seule chose : le prix de l’essence a augmenté. Mais il n’est nul besoin pour cela de tant de calculs, de refaire l’histoire du monde avec le prix des télés il y a vingt ans ou celui des loyers il y en a quarante : le prix de l’essence a augmenté et il augmentera encore, pour la simple et bonne raison que le pétrole est une denrée épuisable et de plus en plus difficile à trouver. Et la rareté fait monter les prix.

 

Pour les chiffres, je me suis pris à penser qu’un spécialiste seul serait en mesure de nous éclairer à leur sujet. Mais bien sûr que non ! il serait lui aussi victime de sa propre vision, ou pire de celle de son employeur. Les chiffres sélectionnés seront ceux qui disent ce que le « spécialiste » veut faire passer, et le malheur serait que seule sa parole aurait force de réalité, puisqu’il est spécialiste. En fin de compte, nous sommes tous perdus par les mathématiques, la science réputée la plus exacte des sciences, incapable de nous aider à trouver d’autre réponse que celle que nous cherchons.

 

Pour aller un peu plus loin, on pourrait étendre la réflexion sur les chiffres au fonctionnement des sondages et de l’INSEE. Tous ces chiffres ne correspondent à aucune autre réalité que celle déterminée par la volonté prédominante de la réponse à trouver. Les questions posées sont toujours plus ou moins orientées, les chiffres retenus aussi. Comme une arme de propagande au service de celui qui la contrôle, la science mathématique ne peut dire la vérité.

 

caleb irri

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la réalité économique

Posté par calebirri le 30 avril 2008

 

Monsieur Raffarin conseille au président de se rendre à la cérémonie d’ouverture des JO. Au nom du réalisme économique. Sur fond de visite de ce dernier en Tunisie, où il sera paraît-il question des droits de l’homme.

Le programme du président : « [l’Europe] doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers » et « je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques »

Voilà où nous en sommes : la réalité économique est plus forte que les droits de l’homme. On le savait déjà, mais aujourd’hui on se prépare à l’assumer. La Tunisie c’est pour les contrats, la Chine aussi. Et même si on avait dit le contraire, les défenseurs des droits de l’homme n’ont qu’à bien se tenir. La réalité économique fait qu’il vaut mieux taper sur ces derniers plutôt que sur la Chine, le premier banquier du monde.

Ce qui change pour nous ? rien de concret bien sûr car nos intérêts économiques sont depuis toujours prioritaires. Mais sur le plan théorique, assumer cette primauté implique l’officialisation de nombreuses pratiques cohérentes sur le plan économique mais en contradiction totale avec les valeurs dites « républicaines » ou « morales » de la France. C’est reconnaître d’une part que l’argent gagné n’implique pas le respect des droits de l’homme, et d’une autre que la défense des droits de l’homme peut-être contradictoire aux règles de commerce.

L’homme doit s’effacer devant l’argent, voilà la réalité sociale de l’économie, c’est la réalité économique de la société.

caleb irri

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la pensée du jour

Posté par calebirri le 29 avril 2008

Nous allons désormais travailler plus longtemps pour obtenir une retraite semblable à celle de nos ainés. Nous sommes bien loin du « gagner plus », mais passe encore.

Je ne sais pas si le gouvernement intègre dans ses calculs le plein emploi promis lors de la campagne électorale, mais je m’effraie d’avance à l’idée hérétique que nous puissions ne pas atteindre cet objectif.

Car si l’on considère le chômage des séniors (qui voudraient travailler sans le pouvoir), celui des jeunes (que l’on va bientôt obliger à accepter n’importe quel emploi), et la baisse du pouvoir d’achat ; tout cela mis en corrélation avec la politique de rigueur appliquée sur les dépenses, je m’interroge sur l’intérêt d’une telle mesure.

D’autant que l’allongement du temps de travail ne correspond pas vraiment à l’idée qu’on se fait naturellement du progrès : c’est à dire de se libérer, grâce entre autres au progrès technologique, du travail qui était jusqu’à il y a peu une contrainte pour l’homme. Mais puisque l’économie est semble-t-il le seul moyen de survivre, et plutôt que de tenter d’expliquer que le capitalisme est en déroute, le gouvernement préfère nous faire croire que le travail est un cadeau offert par la nature nous permettant de nous épanouir en société.

C’est sans doute pour cela sans doute que les programmes changeront bientôt en primaire : moins d’histoire et plus de maths, et surtout plus de morale. Comme ça, nos chères petites têtes blondes pourront oublier les luttes de leurs ainés contre l’exploitation du travail, et apprendront joyeusement qu’être un bon employé est le summum de la réussite sociale. Tout devient plus clair ainsi, et la politique du gouvernement paraît de moins en moins dépourvue de sens.

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Le hard-discount ou l’apologie de la misère

Posté par calebirri le 29 avril 2008

Pour permettre la baisse des prix dans les grandes surfaces, le gouvernement propose l’élargissement des possibilités d’implantation de supermarchés dans des zones où la concurrence est mal assurée. Ce qui favorisera l’arrivée de nombreux hard-discounters.

Apparemment les deux types de magasins appartiennent aux mêmes groupes et les profits ne sauraient retomber dans d’autres poches. Mais les prix devraient, à en croire le gouvernement, baisser  inévitablement, du fait d’une concurrence facilitée par la création de nouveaux magasins.

Ce qui me choque le plus n’est pas que l’on préconise encore plus de déréglementation (cela est dans l’air du temps), mais surtout que l’on incite implicitement à croire d’une part que le hard discount est une bonne affaire, et d’une autre que la bonne façon d’acheter consiste à subir les prix sans pouvoir choisir les produits.

La déréglementation, censée stimuler la concurrence, n’a cependant jamais fait baisser les prix, il faut tout de même être honnête : soit les groupes s’allient aux concurrents pour maintenir les prix élevés, soit ils suppriment (dans le cas des industries technologiques) la version précédente d’un produit pour le remplacer par le nouveau modèle vendu au même prix que le précédent. Le modèle basique se vendrait pour rien s’il était encore produit, ou tout du moins si son support n’était pas obsolète. Quand on imagine que le prix de ce produit tient compte de la recherche effectuée pour le passage à la future technologie qui rendra obsolète le produit que nous achetons, cela est tout de même choquant. Mais continuons.

Le hard-discount  n’est pas une bonne affaire ; la seule preuve en est la volonté d’en créer sans cesse de nouveaux, ce qui implique des profits croissants pour les groupes concernés. De plus, on constate dans ces magasins des tarifs parfois supérieurs à ceux des supermarchés, avec une offre de produits restreinte, des conditionnements en grande quantité et une date de péremption raccourcie.  Au bout du compte, le hard discount est peut-être le moyen le plus avantageux pour les grands groupes de se débarrasser des surplus ou invendus, par l’intermédiaire de pratiques commerciales attractives leur revenant moins cher que la destruction. Ils y gagnent à tous les coups. D’autant que le reste des courses est à effectuer dans les supermarchés classiques, car pas moyen de tout trouver chez les hard-discounters.

Résultat, des courses qui deviennent un parcours du combattant, obligeant les consommateurs à jongler avec une calculette, des volumes plus importants pour payer moins cher et des dates de consommation à respecter rapidement : on consomme donc plus et plus mal. Car il ne faut pas se leurrer, le jambon premier prix du hard discount n’est pas de la même qualité que celui du boucher ; pas besoin d’être gastronome pour s’en apercevoir.

Ce qu’il y a de plus critiquable à mon avis, c’est le mode de pensée définitivement accepté par le peuple. Au lieu de permettre à chacun de prétendre aux prix pratiqués en « grande surface », le gouvernement préfère privilégier l’achat de produits moins chers. Et tant pis pour la qualité. Ceux qui pourront se le permettre achèteront plus cher, les autres mangeront moins bien. Moins de viande ou moins de légumes frais, et plus de coca ou de nutella. Des couches irritantes et des lessives bas de gamme qui détériorent les machines, voilà le futur supermarché pour les pauvres. Pas sûr que la santé publique ne s’en ressente un jour ou l’autre, et encore moins sûr que le portefeuille s’en trouve mieux. Peut-être qu’en achetant 30 yaourts je paierai moins cher l’unité, mais si je dois les consommer plus vite, je varierai moins mes desserts.

Et tant pis pour le goût, tant pis pour l’équilibre alimentaire. Puisque je suis pauvre. Et qu’apparemment je le resterai.

caleb irri

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le cannabis

Posté par calebirri le 27 avril 2008

Le cannabis est un problème dont on ne parle pas assez.

En effet un très grand nombre de personnes consomment cette substance, qui a longtemps été considérée comme une drogue douce, et qui aujourd’hui est traitée comme une drogue dure.

Les consommateurs réguliers, ces dernières années, ont une difficulté grandissante à s’en procurer. Qu’on s’entende bien sur le fait que je ne remets pas en cause la nocivité du produit, comme celle du tabac ou de l’alcool… seulement il apparaît que la cocaïne et autres extasies sont plus faciles à trouver que le cannabis, ce qui m’effraie pour l’avenir.

Je sais qu’en hollande par exemple, la légalisation de cette substance n’a engendré ni plus de morts en voiture, ni plus de drames familiaux qu’il y en a en France, car le cannabis est la seule drogue avec laquelle il n’existe pas d’overdose.

Le problème de l’interdiction est qu’il engendre non seulement la prospérité des dealers (petits et gros), mais aussi une baisse conséquente de la qualité des produits. Pour compenser la pénurie, des vendeurs peu scrupuleux veulent récupérer leur marge sur le poids du produit, en y ajoutant des substances autrement plus dangereuses qu’est le cannabis à l’origine.

Les dealers, que ce soit en banlieue ou ailleurs, sont entretenus dans leur commerce par cette interdiction, qui n’a que des effets désastreux en terme de violence et d’économie.

Je ne comprends pas comment un dirigeant peut ne pas comprendre l’avantage qu’il y aurait à la légalisation, ou même dans un premier temps à la dépénalisation.

Tout d’abord le consommateur moyen est une personne qui ne recherche pas le profit, mais simplement un produit. Le dealer est souvent un consommateur qui, faute d’en avoir les moyens, vend ce produit dans le but de s’offrir sa consommation. Nul doute sur le fait que la plupart des consommateurs préfèreraient éviter le marché parallèle pour s’offrir la qualité.

Ensuite, une activité commerciale légale permettrait à l’Etat de taxer cette vente, et en même temps de focaliser les efforts des agents douaniers sur les drogues dures qui ravagent les jeunes, riches comme pauvres.

Une activité légale est une activité réglementée, et la santé n’est pas le dernier souci des consommateurs.

A ce propos, les consommateurs ne fument du tabac avec le cannabis que pour des raisons économiques, et bon nombre de fumeurs seraient ravis de n’avoir pas à ajouter de tabac à leur consommation.

Une activité dépénalisée serait déjà une avancée, car elle permettrait aux consommateurs leur propre production, ce qui enrayerait presque immédiatement l’intérêt pour le marché noir. Et pas de marché noir, c’est moins d’argent sale, moins d’armes et moins de violence. Plus d’argent pour l’Etat, la mort économique des petits dealers et leur retour sur les bancs de l’école.

Moins de petits dealers, c’est moins de possibilités pour les jeunes de trouver cette substance très jeunes. Les buralistes vendant des cigarettes à des mineurs sont condamnables, ils pourraient l’être aussi pour le cannabis.

Cela n’empêche pas la prévention, à savoir que comme l’alcool le cannabis n’est pas à conseiller à des dépressifs ou certaines pathologies, et que toute combustion est mauvaise pour la santé. Et que, comme pour tout, l’abus est dangereux pour la santé.

 

caleb irri

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Si les français ne voulaient pas

Posté par calebirri le 25 avril 2008

Depuis le premier janvier on ne fume plus dans les bars. Ce n’est pas que je sois contre, car j’ai moi-même une fille que je n’y emmenai qu’en été, pour pouvoir rester en terrasse. Je suis actuellement fumeur en culpabilisation et cette loi ne peut me faire que du bien.

Mais là n’est pas la question : je veux prendre cette loi comme un exemple. Sans même parler de la liberté qu’auraient dû avoir les propriétaires (privés) de choisir l’option de leur établissement (totalement fumeur ou totalement pas fumeur), cette interdiction est une véritable hypocrisie de la part du gouvernement sur le problème du tabac. S’agit-il de la santé publique, d’argent ? cette loi ne fait perdre de l’argent qu’aux commerçants, et peut-être l’Etat espère-t-il gagner par les amendes ce qu’il va perdre en impôts sur le tabac. Au niveau de la santé, l’air que nous respirons est celui de la pollution humaine.

 

Enfin ce n’est pas là que je voulais en venir. Ce qui importe réellement c’est la question de la liberté de l’homme, et de son renoncement si facile devant la simple évocation de la loi. C’est comme si l’on ignorait que le nombre est plus fort que tout, comme nous en avons déjà quelques exemples historiques. Imaginons :

Une sorte d’association de bars en résistance. Tous fument jusqu’à l’arrivée de la police mais, prévenus par un tiers, jettent en même temps l’objet du délit sur la chaussée. De deux choses l’une : soit la police fait payer chacun, soit le propriétaire prendra pour les autres. Et encore faut-il que le timing n’ait pas été bon.

On imagine bien que le gouvernement ne pourrait bien entendu faire payer tout le monde, ce serait donc au patron de régler la note. Dans mon exemple où la solidarité est sans faille, les cotisations versées par les clients rembourseraient l’amende, et on recommencerait.

Même au cas où les clients seraient tous sanctionnés, la solidarité les conduiraient à recommencer encore et encore, jusqu’à l’excès. On ne règle pas les amendes, ni les rappels, et encore moins les nouvelles. Je pense que le gouvernement n’aurait pas assez de cellules pour tous.

Et pour les patrons même chose. Les mettre en prison serait un incohérence financière pour l’Etat lui-même.

 

Pourquoi les fumeurs n’arrêteraient-ils pas de fumer pour faire perdre de l’argent à l’Etat, et à toutes les firmes qui en profitent ? pourquoi ne ferait-on pas grève contre les substances chimiques contenues à l’intérieur ? ou une coopérative de tabac bio ? tout est possible quand on est nombreux.

A Varsovie des milliers de juifs se sont laissés enfermer par des centaines de militaires. Pourquoi ne se sont-ils pas battus ? nous avons encore les apparences de la démocratie, et même cette apparence permettrai au peuple d’éviter les bains de sang. Que dirait la communauté internationale si l’armée française tirait à vue sur les fumeurs du pays ?

 

caleb irri

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