Le revenu universel non, mais le salaire à vie ?

Posté par calebirri le 10 février 2017

Il y a seulement quelques années j’aurais rêvé que soit discutée publiquement l’hypothèse du revenu de base. Et puis c’est arrivé… malheureusement ?

C’est que cette idée, qui a pu un temps apparaître comme autenthiquement « de gauche », a vite été dénoncée par tous ceux qui se sont quelque peu penchés sur le sujet ; à tel point qu’aujourd’hui on l’appelle revenu universel pour « gommer » le terme « de base » qui signifiait trop bien ce qu’il était : la roue de secours du capitalisme. J’utilise ici les termes de Bernard Friot car en définitive pendant qu’on parle du revenu universel, on ne parle pas du salaire à vie.

Désormais -et que l’on soit de droite ou de gauche- on veut ou on ne veut pas le revenu universel pour de mauvaises raisons : ceux qui le désirent croient pouvoir économiser sur le RSA et les diverses allocations, licencier un paquet de gars dans l’administration, et faire baisser les salaires après avoir expliqué que le salaire minimum est devenu obsolète avec le revenu de base : Le smic sera de fait abaissé au niveau du revenu de base.

Tandis que ceux qui le craignent croient que le fait de recevoir de l’argent tous les mois sans contrepartie va inciter les gens à ne rien faire, tout en faisant augmenter l’immigration.

Il y a cependant un point positif à tout ce débat, et non négligeable : il semble que soient de plus en plus nombreux ceux qui ont compris que notre civilisation se dirigeait inévitablement vers la fin du travail, et qu’il fallait réfléchir sérieusement à des alternatives pour continuer de faire fonctionner la société.

Le plus grand problème réside dans l’amalgame qui est fait entre le revenu universel et le salaire à vie. Car une fois qu’on aura abandonné ou accepté le revenu universel (pour de mauvaises raisons dans un sens comme dans l’autre), on oubliera le salaire à vie, de la même manière qu’on a oublié le communisme véritable alors qu’il n’a jamais été mis en place nulle part. Au lieu de prendre le temps de se coltiner avec une théorie complète mais plus difficile d’accès comme l’est celle proposée par Bernard Friot, on jette aux « révolutionnaires » pressés un erzatz de socialisme dont les plus grands bénéficiaires ne seront pas ceux que l’on croit. Ce manque de lucidité et de courage pousse les pisse-froid à se contenter d’une mesure qui, volontairement incomplète dans les propositions des réformateurs, sera contre productive.

Or il n’est pas possible de rejeter les thèses de Friot d’un revers de la main en disant « ce n’est pas possible » ou c’est « le retour des soviétiques ». Nous ne pouvons pas nous contenter de reculer le moment où nous y réfléchirons, car en attendant le monde poursuit sa course vers le chaos. On aura beau taxer les robots pour reculer l’échéance, les robots finiront bien par l’emporter. Soit on veut que les choses changent et il nous faut réfléchir, prévoir et anticiper ce changement, soit on décide de ne pas changer mais il faut alors se résigner à accepter nos politiques et leurs débats stériles avec des déplacements du curseur idéologique (avec d’un côté un peu plus de social et de l’autre un peu plus d’économique), en espérant que les choses ne tournent pas trop mal en attendant des lendemains qui chantent.

D’ailleurs, l’échec de toutes les révolutions ne provient-il pas du manque de préparation de celles-ci ? Lorsque la colère ou la faim pousse les hommes à se révolter contre un gouvernement en place, ce n’est pas parce qu’ils croient en un monde meilleur auquel ils auraient adhéré mais parce qu’ils ne peuvent pas en supporter de pire. Si les révolutionnaires savaient ce qu’ils veulent instaurer ils ne se laisseraient pas chaque fois voler leurs révolutions par tous les dictateurs en embuscade ; la loi du plus fort est toujours celle qui occupe le vide laissé par un système effondré.

C’est bien pour cette raison qu’il faut prendre le temps d’étudier les thèses de Friot. Je ne défends pas Friot contre les autres, et je ne suis pas l’adepte d’un gourou. Je ne sais pas si sa théorie est la meilleure ni si elle fonctionne, mais seulement que sa pensée est proprement révolutionnaire. Elle est juste tellement loin de ce qu’on a l’habitude de voir qu’il faut du temps et de la connaissance pour y accéder. Souvent on se dit qu’en attendant le salaire à vie on fera déjà pas trop mal avec le revenu de base. En passant à côté du salaire à vie.

Je voudrais qu’on ne se pose pas la question du lendemain mais celle du surlendemain ; après Trump et tous les autres tarés qui arrivent. Je voudrais que des gens compétents et honnêtes s’emparent du sujet pour nous dire comment ça se passerait dans un tel monde… C’est qu’il y a quelques points de sa démonstration qui restent à préciser, et pas des moindres : nous n’avons pas actuellement de réponse sur la manière dont se comporteraient les prix à l’intérieur du pays qui mettrait en place un tel système, ni comment les relations commerciales et financières seraient gérées suite à une telle transformation.

Il y a aussi la question épineuse des métiers pénibles et de l’oisiveté, ainsi que celle concernant la mise en place effective d’un tel système (à savoir quelles institutions pour faire la transition entre le mode de production capitaliste actuel et le nouveau système Friot). Et que faisons nous du patrimoine détenu par les étangers et même les nationaux, comment se clarifie la propriété et tout un tas de « détails » comme ceux-ci.

Que cela donnerait-il dans la mondialisation, au niveau de l’environnement, du travail de la recherche ou du logement, quelles seraient les conséquences économiques, diplomatiques d’une telle révolution ?

Que des spécialistes économistes, sociologues, philospohes ou d’autres réfléchissent à la manière de mettre en place les conditions du changement de système en cohérence non pas avec le stalinisme redouté par certains mais avec la démocratie dont rêvent la plupart d’entre nous.

Nous avons pour cela de nombreux outils qui mis ensemble pourraient servir à penser tous ensemble ce changement. Pendant qu’ils s’écharpent sur le revenu universel et autres fadaises, nous avons l’opportunité de réaliser les conditions nécessaires à une révolution imparable : le jour où nous saurons pour quoi nous nous battons, la révolution ne sera même plus nécessaire.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Où nous mènent les petits calculs

Posté par calebirri le 31 janvier 2017

Je déteste les hommes politiques. Un homme qui se présente devant d’autres hommes en disant « moi je suis capable » est au mieux un grand naïf, et au pire un imposteur. Il faudrait pouvoir éviter l’un comme l’autre.

Et je hais plus que tout les petits calculs qui précèdent chaque rendez-vous électoral. Rendez-vous qui nous entraînent sous le quinquennat d’une élection à l’autre aussi certainement que les épisodes d’une mauvaise série qui n’aurait pas de fin.

Alors voilà, je m’apprête ici à faire comme les autres ce petit calcul pour voir où il m’emmène, juste pour confirmer mes doutes…

Il y a actuellement 9 possibilités de 2ème tour aux présidentielles :

1- Le Pen/Fillon
2- Le Pen/Macron
3- Le Pen/Hamon
4- Le Pen/Mélenchon
5- Fillon/Macron
6- Fillon/mélenchon
7- Fillon/Hamon
8- Macron/Mélenchon
9- Macron/hamon

Sans vouloir exagérer je pense que l’on peut dores et déjà retirer les hypothèses 8 et 9 pour les raisons qu’on imagine : à moins d’un séisme à la suite duquel les autres seraient emportés corps et biens, il n’y a quasiment aucune chance pour que ces configurations se produisent.

Restent 7 hypothèses:

Si on considère la 7ème (Fillon/Hamon), cela impliquerait que Jadot, Mélenchon et Macron se sont alliés à Hamon, tandis que Le Pen s’est retrouvée ejectée de la course (genre une « affaire » découverte dans le bon timing). Il est inutile d’aller plus loin.

Pour la 6ème (Fillon/Mélenchon), même chose que pour la 7ème à ceci près que c’est autour de Mélenchon que toute la « gauche » se rassemblerait. On peut également retirer cette hypothèse.

Et pour la 5ème (Fillon/Macron), impossible aussi, selon toute vraissemblance : que le PS se rapproche de Macron passe encore, mais que les partisans de Mélenchon ou de Hamon votent (au premier tour) pour Macron me semble assez impossible. Que des partisans de la droite votent Macron n’aurait rien de surprenant. Mais si on regarde bien, ceux qui sont suceptibles de voter pour Macron sont les mêmes que ceux susceptibles de voter pour Fillon, et réciproquement. C’est pourquoi il est difficile d’imaginer les trouver tous deux ensemble au deuxième tour.

Pour la 4ème (Le Pen/Mélenchon), il faudrait que Hamon se désiste pour Mélenchon mais le PS préferera Macron à Mélenchon. Cette hypothèse est à rejeter tout de suite.

Pour la 3ème (Le Pen/Hamon), il faudrait que Mélenchon se désiste au profit de Hamon, mais il restera Macron en embuscade et je doute que ce dernier se résigne à s’aligner. D’autant que cette configuration est la seule plausible dont le résultat du deuxième tour n’est pas certain.

Restent les deux premières hypothèses :

la 2ème (Le Pen/Macron), verrait Macron président presque à coup sûr : il rassemblerait les déçus de Valls et de Fillon, et prendrait les « anti Le Pen ».

la 1ère (Le Pen/Fillon), verrait sans doute Fillon l’emporter, ce qui signifierait que les 3 « de gauche » n’auraient pas réussi à s’entendre.

En gros, si Mélenchon ne se désiste pas au profit de Hamon, il y aura soit Macron soit Fillon.

Maintenant il faut savoir que comme tout le monde fait à peu près le même petit calcul que celui que je viens de faire (je n’entends que ça depuis les résultats du deuxième tour de la primaire), on retombe sur l’inévitable question du vote utile… et de l’arnaque de ce concept .

Selon toute vraissemblance Mélenchon ne soutiendra pas Hamon, sauf à enterrer définitivement sa carrière et les espoirs qu’il suscite à gauche

Hamon ne soutiendra pas non plus Mélenchon au risque de fair exploser le PS

Macron ne soutiendra ni l’un ni l’autre.

Les Sarkozistes et les Vallsistes préfèreront Macron, la gauche pour Hamon.

Si maintenant, au deuxième tour,
Hamon/Le Pen : on prend le risque d’un « Ni Ni » susceptible de faire passer Le Pen
Fillon/Le Pen : même risque
Macron/Le Pen : C’est vraissemblablement Macron qui passerait dans cette configuration, Macron ne faisant vraiment peur ni à la droite ni à la gauche

In fine, on arrive à la conclusion suivante : pour éviter Le Pen il faut voter Macron dès le premier tour.
Tout ça pour ça ! En gros circulez il n’y a rien à voir, les jeux sont faits.

Toute cette mascarade n’a pour objectif que de faire croire que nous décidons de notre président alors qu’en réalité il n’en est rien. Le simple fait de calculer devrait nous convaincre non pas de voter Macron mais bien plutôt de remettre en cause le système électif qui nous conduit à faire ce genre de calculs qui nous entrainent d’élection en élection à perpétuer l’alternance jusqu’à ce que le peuple finisse par mettre au pouvoir celui qui gueule le plus fort en promettant n’importe quoi. Histoire qu’on regrette le bon vieux temps de l’alternance d’antan.

Il paraît que c’est cela la démocratie

Caleb Irri
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À bas les politiques, et vive LA politique !

Posté par calebirri le 12 décembre 2016

Je viens de regarder l’émission « Zone interdite » sur le « mal-logement ». 4 millions de personnes qui n’ont pas de logement. Ca fait un paquet de logements à construire non ? Quand je pense que certains disent qu’il n’y a pas assez de travail en France.

L’Etat et les préfectures sont incapables de gérer la misère que leurs supérieurs hiérarchiques ont contribué à créer. C’est inadmissible et pourtant, en 2016 dans un pays que l’on dit civilisé, riche, on nous répond qu’il n’y a pas assez de sous, pas assez de logements, pas assez de travail. Pourtant l’évasion fiscale atteint des records, et les tonnes de bombes que nous envoyons au nom de la paix coûtent elles-aussi des millions. Par jour.

Je suis de plus en plus dégoûté par ce monde qui n’a plus la moindre notion de décence. Ils veulent qu’on vote pour eux tous ces pourris qui sont incapables de faire ne serait-ce que le minimum pour nourrir et loger la population ? Non, vous n’aurez pas ma voix. Vous n’en méritez aucune, que vous vous disiez de droite ou de gauche. Regardez ce père de famille dans un logement insalubre avec ses deux enfants dont la santé pâtit de cette situation : on se fout de sa gueule, tout simplement, il n’y a pas d’autre terme. Et le gars qui a des diplômes et qui dort dans la forêt, ou le père qui ne voit pas sa fille parce qu’il dort dans sa voiture ? Comment est-ce possible ?

Je serais le gars avec les deux enfants je serai rentré avec les caméras de M6, j’aurais crié sur tous les toits le nom du conseiller, ainsi que celui du « supérieur hiérarchique » (c’est une « victoire » quand on arrive à le joindre !!), du maire de la ville et ameuté toute la préfecture. Que ces gens-là aient honte. Ils n’y sont pour rien ? Si, ils votent pour faire perdurer cette arnaque, ils entretiennent un système qui fait que lorsqu’un gars comme celui qui loue son terrain aux familles en détresse et essaie de leur rendre la vie moins pénible on lui met des bâtons dans les roues, on le traîne devant les tribunaux.

C’est incroyable quand même, alors que les solutions sont si simples à mettre en oeuvre. Déjà Orwell, dans son livre « dans la dèche à Londres et à Paris », évoquait la remise en état des lieux abandonnés et insalubres par les SDF eux-mêmes, et qu’en leur offrant un « chez-eux » pourri plutôt que d’attendre qu’une solution meilleure se débloque on leur permettait de se projeter dans un futur leur appartenant.

Il suffirait de peu de choses pour que des maires, des députés, des propriétaires avec un coeur à la place d’une calculette autorisent la réhabilitation des logements abandonnés à des familles qui s’investiraient pour les rendre vivables et sains. Ils pourraient avoir une adresse, récupérer partout où le gâchis pullule les matières premières pour retaper les logements, et faire de leurs jardins des potagers susceptibles d’améliorer leur alimentation.

Pour l’eau et l’électricité, le solaire est tout indiqué et il existe désormais de nombreux équipements peu énergivores pour assainir ou pomper l’eau.

Il ne faut pas attendre des politiques qu’ils fassent ce qu’ils n’ont jamais voulu faire depuis tant d’années. Il faut s’affranchir des lois qui empêchent de construire sur des terres agricoles quand le propriétaire est d’accord, il faut empêcher EDF d’être propriétaire de l’électricité qu’on produit.

Tous ces types qui veulent nous gouverner sont de mauvaises personnes, et même leur charité n’est qu’un calcul pour acheter vos voix, pour que vous les fassiez taire ensuite pendant la durée de leur mandat.

Il faut qu’il y ait des types qui réfléchissent au moyen de trouver des propriétaires acceptant de donner qui une parcelle de terre, qui un logement pourri, qui une forêt dont il n’a pas l’usage, et le donne à des associations dont l’objectif serait de viabiliser un projet logement + nourriture. Adapter aux populations demandeuses et aux ressources disponibles (semences, animaux de basse-cour, bois, ciment, surplus de chantiers et tout ce qui peut servir), coordonner les bonnes volontés avec pourquoi pas des formateurs qui valideraient des compétences, et inventer les méthodes pouvant conduire vers l’autonomie « suffisante » à une vie décente en termes d’énergie, de confort et de nourriture.

Il faut laisser dans leur bulle ceux qui, « là-haut », s’amusent avec nos vies. Les élections qui arrivent sont de la poudre aux yeux, cela n’a aucun intérêt. Commencer à travailler entre nous, pour nous. Il n’y a pas besoin de se soumettre à un parti pour cela. Des gens ont besoin de logements ? Qu’on en construise, il paraît que des gens cherchent du boulot. Ils n’ont pas assez à manger ? Mais la nature pousse toute seule, et les poules pondent un oeuf par jour ! Il fait froid l’hiver ? Mais le soleil éclaire tous les jours, gratos, et la technologie avance.. Les petits villages sont désertés ? Et bien quand on vous dit qu’on ne manque pas de place !

Quand nous aurons compris que les êtres nuisibles qui nous ont foutus dans cette merde sont les mêmes que ceux qui disent qu’ils vont nous en sortir on pourra enfin commencer à faire autre chose que cette lamentable mascarade qu’ils nomment politique. Arrêtez de voter, arrêtez de vous intéresser à eux, de les écouter ou de les craindre. Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux, c’est clair non ? Et vous les journalistes, vous le voyez aussi non, alors pourquoi continuer à parler d’eux ? Et vous les policiers et militaires, vous n’en avez pas marre qu’on vous envoie tuer ou vous faire tuer pour du pognon qui n’est même pas pour vos familles ? Et vous dans vos entreprises, de travailler pour acheter les produits que vous fabriquez ? Vous dans les administrations de vous réfugier derrière votre hiérarchie pour ne pas assumer la honte de ne pas pouvoir faire votre boulot correctement ?

Putain c’est partout pareil, chacun trouve cette situation scandaleuse. Et pourtant on continue de boire toute cette propagande sans rechigner : pendant les pubs de l’émission sur les mal-logés il y avait des bijoux de luxe, du parfum et des téléphones portables à presque 1000 euros. Enfoirés, va !

Caleb Irri
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misère de la politique ?

Posté par calebirri le 15 septembre 2016

Ca ne pouvait pas manquer : les prochaines élections sont déjà dans toutes les têtes… Reviennent déjà en force les petites phrases assassines, les commentaires sur ces petites phrases, et puis les sondages ; les discours enflammés, les promesses en l’air, les polémiques sans fin, les scandales révélés… jusqu’au bouquet final avec le vote utile et tout le tralala.

Comme cela se passe depuis des dizaines et des dizaines d’années, en France comme ailleurs, la mascarade des élections éclipsera la misère de la politique. La misère des programmes, la misère des idées. Durant les mois qui viennent nos journalistes ne feront que compter les points, tandis que les citoyens suivront cette « période électorale » comme ils suivent une série télévisée.

Bon. Pour que Nicolas Sarkozy (lui ou un de ses clones) l’emporte, il lui faut Marine Le Pen en face au deuxième tour.
Pour François Hollande (lui ou un de ses clones), il lui faut aussi Marine Le Pen au deuxième tour. Afin de pouvoir utiliser l’atout « vote-utile« . Les autres peuvent aller se rhabiller, ils se soumettront pour quelques porte-feuilles dès le soir du premier tour.

Pliée l’élection, ce sera le camp de Hollande ou le camp de Sarkozy, et puis on continuera comme avant. Et si c’est Le Pen, et bien ce sera pire. Un peu plus vite ou un peu plus fort. Mais que ce soit avec l’un ou avec l’autre de ces guignols le pire est au bout du chemin. Le monde est ainsi fait que le politique et ce qu’on appelle communément « l’opinion publique » fonctionnent en cycle fermé : l’opinion publique influence les discours des politiques qui influencent l’opinion publique, par l’intermédiaire des médias possédés par ceux qui corrompent les politiques, et qui ne leurs laissent le choix que de se battre dans le vide (médiatique !) ou que de se voir apprendre à pratiquer le double-langage pour pouvoir sortir ses mensonges sans s’étouffer.

Ceci étant dit, il faut quand même retenir qu’en occultant totalement les débats d’idées (qui pourraient avoir lieu si nos prétendants à la victoire en avaient ?), les hommes politiques peuvent ainsi continuer à dire n’importe quoi sans que cela n’écorne leurs chances de victoire. Servis par des journalistes connivents, à tel point que ceux dont nos politiques redoutent les paroles sont désormais les chroniqueurs à la mode…

Le problème c’est que tant que les citoyens continuent de croire qu’en allant voter ils font leur devoir nous continuerons collectivement de cautionner cette insupportable mascarade. Il faut pourtant que cela cesse. Tous ceux qui veulent « changer les choses » devraient s’apercevoir que le changement ne viendra pas du bulletin de vote qu’il déposera dans l’urne, comme depuis des décennies, mais peut-être justement de l’absence de ces bulletins dans les urnes de France. Pour montrer notre mécontentement, nous devrions laisser élire un roi sans peuple. Puisque le système électoral actuel ne permet pas le changement de gouvernance (un parti unique à trois têtes plus ou moins vilaines), alors il ne doit pas être légitimé par notre participation. Si dans le monde le président français est élu avec 20% de participation, il lui sera difficile de se sentir investi par ce « peuple français »… On pourrait alors peut-être commencer à se poser les bonnes questions.

Et à ceux qui se demandent ce qu’on pourrait faire après ça, il existe tout un tas de projets d’Assemblée Constituante prêts à servir, pour peu que les citoyens veuillent bien se donner un peu la peine de s’y intéresser.

Mais les citoyens, veulent-ils vraiment du changement ? C’est peut-être cela la question la plus importante à laquelle il faudrait répondre… Et si nos politiques travaillaient non pas au changement mais justement à l’absence de changement ? Si au lieu de nous informer nos médias nous endormaient avec une jolie série à suspense afin que nous ne désirions même plus de changement ? Et bien si c’était le cas, alors nos hommes politiques ne seraient pas si bêtes ; et peut-être même ont-ils bien des idées, des vraies… mais attention : ils prendraient bien soin de ne jamais les divulguer !

Caleb Irri
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Peur sur les plages et propagande réussie

Posté par calebirri le 26 juillet 2016

Hier on m’a montré un SMS : l’auteur de celui-ci faisait savoir qu’il avait appris, par une « amie dont l’ex-mari est policier », qu’une menace sérieuse d’attentat terroriste pesait sur la plage où mon interlocuteur devait se rendre, lui enjoignant d’éviter les endroits où sont regroupés de nombreuses personnes… La belle affaire !

il suffit pourtant de taper sur google « menace terroriste plages » pour tomber sur quelques dizaines d’articles plus ou moins récents répertoriant allègrement les divers moyens qu’auraient des terroristes pour réaliser un carnage sur les plages -qu’elles se situent au nord, au sud ou à l’ouest de notre bel hexagone. Facile, sur les plages il y a toujours du monde (enfin quand il fait beau !). Comme sur les marchés d’ailleurs, et puis aussi les bars, les feux d’artifices et de multiples autres endroits…. Et puis que ce soit en avion, avec une mitraillette ou une grenade, il est évident qu’à n’importe quel moment, dans n’importe quel endroit, un fou (qu’il soit d’Allah ou non, car en ce moment on dirait que chaque personne qui en a assez de la vie semble vouloir se revendiquer de l’organisation Etat Islamique pour donner plus de poids à la perte de sa misérable existence) est susceptible de faire des massacres.

Mais un SMS personnel comme celui que cette personne a reçu fait tout de même réfléchir (sans compter les actualités en Allemagne, au Japon ou encore aujourd’hui dans une église, ni bien sûr les centaines de morts en Syrie, en Irak et ailleurs) : qu’on soit parano d’origine ou pas ne change rien, on regarde après cela chaque personne autour de soi comme un ennemi potentiel, surtout s’il correspond aux critères de ce qu’on s’attend être un « terroriste » en puissance. Il suffit qu’un camion frigorifique passe au loin ou que des sirènes de pompiers se fassent entendre pour nous mettre en alerte.

On se dit alors qu’il vaut peut-être mieux ne pas aller à la plage. Mais au supermarché ? Et au manège, au bar, aux animations offertes par la municipalité ? Alors on reste chez soi et on attend ?

C’est bien comme cela d’ailleurs que fonctionnne l’organisation Etat Islamique. C’est le symbole de leur « victoire » sur les « Occidentaux » : d’une part puisque la peur s’insère jusqu’au fin fond de la France, et d’une autre part un aperçu de la manière dont la dictature islamiste s’installe dans les territoires qu’ils conquièrent. En général ce n’est pas l’adhésion aux valeurs de la « Charia » qui les motivent à se soumettre mais la peur des représailles qui les conduit à se cloîtrer chez eux, à mettre leurs burqas ou à se rendre à la mosquée comme de « bons musulmans ».

Pourtant, le développement de ce genre de rumeurs « d’attaques imminentes » est en réalité explicable assez aisément : chaque policier reçoit des alertes et des conseils de sécurité de la part de son commissariat, et à l’occasion de l’attentat de Nice il apparaît que toutes les plages de France, surtout les plus fréquentées, sont des cibles particulièrement surveillées : la menace sur les plages paraît grande et la vigilance doit suivre, logiquement. Par conséquent, il devient évident que chaque policier en poste est mis en alerte sur sa propre localité, et c’est tout aussi logiquement qu’il prévient ses proches dans chaque localité concernée, qui eux-mêmes relaient le message et ainsi de suite ; merci les réseaux sociaux.
Ainsi chacun croit détenir une information particulièrement fiable et localisée, pour ainsi dire « personnalisée » pour lui-même et ses proches, alors que cela provient d’une alerte nationale. Inconsciemment il transmet la rumeur en même temps que la peur, celle-là même qui engendre la haine et la violence en retour, comme le désirent ceux qui utilisent cette haine et cette violence à l’encontre de leurs « ennemis » occidentaux.

Oui il peut y avoir un attentat à tout moment. Partout. Mais pas partout en même temps !

Enfin quoi, ils sont si nombreux les types qui veulent « tirer dans l’tas » ? combien sont-ils, armés jusqu’aux dents, prêts à se jeter sur nos femmes et nos enfants au mépris sinon de toute humanité, au moins de celui de toute raison pratique ?

Mais si la police possède assez d’éléments pour dire qu’un ou plusieurs types se préparaient à tel ou tel endroit pour perpétrer un tel massacre, cela ne signifie-t-il pas qu’ils en ont suffisamment pour agir en conséquence et arrêter les suspects ?

Alors qu’une polémique touche le gouvernement (ou la mairie de Nice ?) à propos de la sécurité en place au moment de l’attaque du camion, il faut nous méfier de la récupération qui est à l’oeuvre parmi nos fins analystes politiques, à quelques mois des élections présidentielles : le fait que la sécurité n’ait pas été assurée correctement peut faire question, mais le fait que les politiques tentent de trafiquer les faits pour des raisons électoralistes de « primaires à la présidentielle » (des gens meurent bon sang !) est proprement scandaleux. En jouant ainsi le jeu de la division que par ailleurs ils dénoncent publiquement, ils ajoutent à la suspiçion et donc à la peur provoquée dans la population pour leurs propres intérêts électoraux.

C’est comme les vidéos de surveillance dont les « bandes » doivent être détruites pour on ne sait quelle obscure raison. Est-ce comme cela que les gouvernants comptent rassurer les peuples, ou profitent-ils de ces ignobles événements pour faire leur beurre électoral sur fond de propagande nauséabonde (comme le fait Nicolas Sarkozy de manière éhontée) ? Franchement quand je lis des témoignages comme celui de la femme ayant perdu sa mère (musulmane) à Nice et à qui l’on dit que ça en fait « un de moins », je me désole de voir à quel point la haine qui se développe contre les musulmans dépasse les bornes de la simple islamophobie. Moi-même, que je considère modestement comme largement tolérant, j’en viens parfois à me dire, à la suite de drames tels que celui qui a eu lieu à Nice, qu’il faut faire quelque chose contre cette religion, avant de me reprendre aussitôt pour me secouer l’esprit : si des êtres humains arrivent à perdre suffisamment de leur humanité pour perpétrer de tels actes, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans le système qui les a conduit, ou au moins qui les a laissé tomber entre les mains de ces gourous sans foi ni loi qui les ont embriguadé… La religion n’y est pour rien, car jamais il n’y sera commandé de massacrer des femmes et des enfants. Quand on pense que si ces jeunes avaient rencontré, dans leur parcours misérable, l’abbé Pierre ou un de ceux-là, peut-être auraient-ils pu devenir quelqu’un d’autre ?

La véritable question est donc celle-là : pourquoi n’y a-t-il plus d’abbés Pierre ? N’ont-ils plus rien à offrir en réponse à ces vendeurs de haine et de mort ? Comment se fait-il que tant de jeunes « occidentaux » (et oui, pour la plupart ils sont « bien de chez nous », nés en France et éduqués par l’Etat Français), puissent en venir à préférer la mort et la violence que l’amour et la vie ? Pourquoi n’y a-t-il pas dans nos banlieues des hommes capables, disposés devant ces mosquées qui prêchent la haine, pour apporter un autre discours, un espoir de vie s’opposant à ce discours de haine qui leur est servi ? Où est l’Etat dans ces banlieues ? que fait-il, qu’a-t-il fait pour empêcher nos jeunes de sombrer dans la délinquance d’abord, puis dans le terrorisme ensuite ?

Au lieu de payer des militaires en armes sur les plages ou dans les gares et qui font peur (ou qui fascinent) tous les enfants qui les croisent, pourquoi ne paierait-on pas des types heureusement sortis de la merde dans laquelle on les a mis pour éviter que demain ou après demain d’autres les arment et les conditionnent à devenir les ennemis de ceux qui n’ont pas voulu les protéger, quand ils en avaient encore l’occasion ? La réponse à la haine et la violence n’est pas la haine et la violence. Quand je vois qu’au lendemain du massacre de Nice la réponse la plus immédiate de l’Etat Français a été de bombarder une ville en Syrie (et des civils en plus d’après ce qu’on dit), comment dire que l’argent destiné à la sécurité des Français est habilement dépensé ?

Le terrorisme n’est pas un problème religieux mais un problème politique, et c’est une solution politique qui y mettra fin. Ce n’est pas par la destruction de la démocratie et la guerre que nous parviendrons à empêcher nos jeunes en perdition de devenir des terroristes mais en leur offrant l’espoir qu’ils seront respectés ici pour ce qu’ils sont, quoiqu’ils pensent et d’où qu’ils viennent, en accord avec les principes pourtant affichés sur tous les frontons de nos mairies : liberté, égalité, fraternité.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Double-langage et double-pensée

Posté par calebirri le 20 juillet 2016

“Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité. Persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer”.

Le concept de « double-pensée » est le concept fondateur de la pensée d’Orwell, car le seul lien qui peut exister entre le corps et l’esprit est le langage. Ce fait est essentiel à l’humanité : l’Homme est le seul à être capable à la fois d’exprimer sa pensée et d’interpréter celle des autres Hommes autrement que par des signaux « émotionnels » ou « basiques ». A travers le langage -et seulement par son intermédiaire- la complexité des êtres humains est rendue intelligible par d’autres êtres humains.

Mais le langage est aussi une arme. Une arme destinée à faire accepter au peuple la propagande gouvernementale. On a longtemps cru que la double-pensée permettait au peuple de ne pas voir le mensonge que constitue le double-langage mais en réalité ça n’est souvent même pas nécessaire : pour lui les slogans du Parti sont à prendre au pied de la lettre : la guerre c’est « vraiment » la paix, l’ignorance c’est « vraiment » la force, la liberté c’est « vraiment » l’esclavage. Et comme ils veulent la paix, la force et refusent l’esclavage ils acceptent donc « tout naturellement » de faire la guerre, de rester ignorants, et de laisser tomber la liberté.

En réalité la double-pensée est destinée à ceux qui ont du pouvoir, ou tout au moins une position agissante, active au sein du « Système », dans le Parti : ils participent, de gré ou de force, au mensonge général. Et sans la double-pensée il leur serait impossible de continuer. Nos hommes politiques savent que ce qu’ils font -ou commandent de faire- est mal. Et ils ont besoin de la double-pensée pour ne pas se jeter sous un train dans l’instant. Comme les « grands patrons » du capitalisme -ou les fondamentalistes religieux d’ailleurs. Et alors qu’ils se servent du double-langage pour conditionner l’esprit de leurs « exécutants », ils utilisent la double-pensée pour eux-mêmes afin de justifier leurs actes.

Si pour les exécutants le fait d’appeler un plan de licenciement un « plan de sauvegarde de l’emploi », une guerre une « opération de maintien de la paix » ou un acte terroriste un acte « voulu par Dieu » suffit à leur ôter toute mauvaise conscience, ceux qui sont aux commandes ne peuvent pas se satisfaire de ce double-langage. Il faut qu’ils réussissent à se persuader « vraiment » que ce qu’ils font est bien. Pas tout de suite, pas demain, et pas pour tout le monde bien sûr. Mais un jour qui pour la Nation, qui pour Dieu ou qui pour soi-même, un jour… Obligés de s’inventer une idéologie malsaine autour de cette soi-disant imparable logique (ou morale ?) qui voudrait que nous sommes trop nombreux, qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde, ou que certains vaudraient plus que d’autres… tant qu’on en sauve 51 on peut en laisser mourir 49, non ? 51/49, la démocratie, l’intérêt général… tu parles !

C’est par ce genre d’artifices que les décideurs tentent d’atteindre leur propre inconscient : comme le conducteur apprend à son esprit à réagir au quart de seconde en utilisant de manière désynchronisée les pieds et les mains, les hommes de pouvoir apprennent au leur à se satisfaire des arguments idéologiques fallacieux tels que l’intérêt général ou la volonté divine. Ils doivent « persuader consciemment l’inconscient, puis devenir inconscients de l’acte d’hypnose qu’ils viennent de perpétrer », dit Orwell. C’est en se répétant que ce qu’ils font est bien, en entendant les autres le répéter à leur tour et en tentant d’oublier que cela est faux qu’ils parviennent à résister à la pression immense créée entre le conscient et l’inconscient.

Il ne leur faut pas regarder le chemin, seulement l’objectif. Pour le « pourquoi », trop compliqué : cela signifierait expliquer l’inexplicable, à savoir démonter tout le mécanisme de protection de la double-pensée pour se retrouver nu face à la réalité : ils défendent un système qui ne rend les gens ni plus heureux ni plus riches, ni meilleurs. Alors qu’il est mal de tuer, qu’il est mal d’exploiter son prochain, qu’il est mal de mentir, de tricher ou de voler…un point c’est tout.

Tandis que s’ils arrivent à se persuader que les hommes qu’ils exploitent ou envoient à la mort sont des êtres « inférieurs », ou « moins que des hommes », alors les éliminer constitue-t-il toujours une violation des droits humains ?

C’est que les mots que l’on emploie ont par leur évocation une influence sur notre esprit, et ils ont le pouvoir sinon d’apaiser la conscience, au moins de la tromper momentanément. Et même parfois d’atteindre l’inconscient ?

C’est de cette tension, née de cet affrontement entre le conscient qu’on force et l’inconscient qui se défend, que naissent chez certains décideurs des comportements extrêmes comme nous le rapportent parfois les médias. Les « deux minutes de la haine » de 1984 symbolisent à la fois l’expression de la violence, de la haine des décideurs et la preuve que cette tension a besoin d’un exutoire, ne serait-ce que pour ne pas craquer complètement. Ils doivent pour continuer de vivre l’extérioriser d’une manière ou d’une autre. L’oubli n’existe pas, le temps ne peut rien pour eux. Ils savent. Tenter d’éviter le retour sur soi, à vie, chacun peut l’expérimenter pour soi-même : cela ne fonctionne pas. Ces hommes qui nous dirigent sont des hommes perdus pour l’humanité. Pour éviter les questions les plus intelligents deviennent fous, tandis que les plus soumis se transforment en exécutants. A force d’auto-persuasion ils ont fini par croire qu’ils participaient au bien commun, et on peut alors tenter de leur pardonner. Aux autres non.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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